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La Jordanie interdit les élections des Frères musulmans

Pour la première fois en 70 ans, la Jordanie interdit aux Frères musulmans d’organiser les élections du conseil consultatif du groupe
Des Jordaniens agitent des drapeaux des Frères musulmans, à Amman, en 2007 (AFP)
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Les autorités jordaniennes ont interdit aux Frères musulmans d’organiser leurs propres élections internes, qui se sont toujours produites au cours des 70 dernières années, affirmant que le groupe ne dispose pas de la licence adéquate.

Ce mardi, le gouverneur d’Amman aurait informé le groupe que le gouvernement n’autoriserait pas la poursuite des élections de son conseil consultatif et du successeur de son chef, Hammam Saeed. Des sources au sein de l’organisation ont cependant indiqué à Al Jazeera Arabic que celle-ci avait l’intention de poursuivre ces élections.

La décision d’interdire les élections est le dernier épisode en date de la relation tendue entre le gouvernement jordanien et les Frères musulmans, autrefois le parti d’opposition le plus puissant et le plus organisé de Jordanie.

Les esprits se sont échauffés l’an dernier, lorsque les dirigeants du groupe ont accusé le gouvernement d’avoir comploté pour affaiblir son pouvoir en forçant une scission au sein de l’organisation.

Si la décision prise par le cabinet en 1946 autorisait les Frères musulmans jordaniens en tant que ramification des Frères musulmans égyptiens, le gouvernement a demandé au groupe en juillet dernier de corriger son statut juridique et le groupe s’est divisé en deux.

À la suite des avertissements du gouvernement, une cinquantaine de membres des Frères musulmans ont créé une « société de bienfaisance » qui a été rapidement approuvée par les autorités et désignée comme étant le groupe « officiel ». Celui-ci est passé à environ 300 membres au cours de l’année écoulée.

De son côté, l’organisation originelle des Frères musulmans bénéficie toujours du soutien de la majorité des partisans du groupe.

Le ministère jordanien de l’Intérieur n’a pas expliqué les raisons de la décision d’interdire les élections internes ; toutefois, dans un communiqué, les Frères musulmans ont affirmé que l’interdiction s’inscrivait dans le cadre d’une politique continue visant à restreindre leurs activités et indiqué que cela n’empêcherait pas la tenue des élections, organisées auparavant tous les quatre ans.

Nabil Kofahi, ancien dirigeant jordanien des Frères musulmans jordaniens, a déclaré ce mardi à MEE que bien que le groupe originel semble adopter une posture de défi, les membres sont cependant peu susceptibles de descendre dans les rues.

Au lieu de cela, il a affirmé pressentir la conclusion d’un accord officieux entre le gouvernement et le groupe, qui permettra à l’organisation d’organiser ses élections si celle-ci participe aux élections législatives nationales à venir.

Au cours des dernières semaines, le groupe a fait part de son indécision quant à sa participation aux élections, due en grande partie à la question de savoir si le gouvernement « assurera un scrutin juste et transparent », selon un communiqué des Frères musulmans cité par le Jordan Times.

Traduction de l’anglais (original) par VECTranslation.