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La Turquie accuse le gouvernement syrien d’une attaque mortelle contre des soldats turcs

La frappe aérienne a tué trois soldats et en a blessé dix autres dans ce qui représente la première confrontation directe depuis quatre ans
L'armée turque a lancé l'opération Bouclier de l'Euphrate le 24 août (AFP)

ISTANBUL, Turquie – L'armée turque a déclaré jeudi que les forces gouvernementales syriennes étaient à l'origine de l'attaque qui a tué trois soldats turcs et en a blessé dix autres dans le nord de la Syrie tôt ce jeudi.

« Il a été évalué qu'une attaque aérienne menée par le gouvernement syrien autour de 3 h 30 heure locale le 24 novembre a abouti au martyre d'un de nos héroïques camarades d'armes et que dix de nos héroïques camarades d'armes ont été blessés, l’un d’entre eux grièvement », indiquait une déclaration publiée sur le site web des forces armées turques.

Il s'agit de la première confrontation directe rapportée entre les forces gouvernementales turques et syriennes depuis que la Turquie a lancé une incursion militaire dans le nord de la Syrie, faisant craindre une escalade dans un conflit déjà violent.

L'armée turque a lancé le 24 août dernier l'opération Bouclier de l'Euphrate, soutenant sur le terrain les rebelles de l’Armée syrienne libre.

L'intention déclarée de la mission est de chasser des groupes qui constituent une menace pour la Turquie des zones frontalières du côté syrien.

La semaine dernière, des rapports ont indiqué que l'opération dirigée par les Turcs avançait sur la ville d'al-Bab, le site de l'attaque d’aujourd’hui.

Les autorités turques ont déclaré que leur objectif était de chasser de la zone tant les combattants de l'État islamique que les forces syro-kurdes, qu’Ankara considère comme terroristes et représentant une menace directe pour la Turquie.

L'attaque de jeudi marque le premier conflit direct depuis le 22 juin 2012, lorsque la force aérienne syrienne a abattu un jet de reconnaissance turc Phantom F-4 pour avoir supposément violé l'espace aérien syrien.

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a promis mardi qu’après avoir pris al-Bab, l'opération se dirigerait vers Manbij où la Turquie pense que les Unités de protection du peuple (YPG), la force militaire du Parti de l'union démocratique (PYD) kurde, sont nichées.

La Turquie est également en désaccord avec les États-Unis sur la tactique à adopter en Syrie. Ankara a accusé Washington d'armer et de s'appuyer sur des terroristes pour combattre l’EI. Les États-Unis considèrent les YPG comme la force terrestre la plus efficace dans la lutte contre l'EI.

Washington avait promis à Ankara que les forces des YPG se retireraient à l'est de l’Euphrate après la libération de Manbij. Or, Ankara a déclaré que la promesse n'avait pas été tenue et que, si nécessaire, elle mènerait une action militaire unilatérale pour repousser les YPG hors de Manbij.

Les responsables turcs sont des ennemis déclarés du gouvernement syrien et ont appelé à maintes reprises à l'éviction de Bachar al-Assad, l'accusant de massacrer son propre peuple.

Traduit de l’anglais (original).