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L’armée syrienne brise le siège de Deir Ezzor

Les forces de Bachar al-Assad remportent ce lundi une victoire majeure contre l'EI en s'emparant de la ville de Deir Ezzor, assiégée depuis 2013
Les forces de gouvernement syrien se rassemblent sur une route à Bir Qabaqib, à plus de 40 kilomètres à l’ouest de Deir Ezzor, le 4 septembre 2017 (AFP)

L'armée syrienne a remporté ce mardi une importante victoire en brisant un siège de plus de deux ans imposé par le groupe Etat islamique (EI) à la zone gouvernementale de Deir Ezzor, dans l'Est du pays.

Grâce à une percée soudaine à travers les lignes de front des combattants de l’EI, l’armée syrienne et ses alliés s'étaient retrouvés lundi à trois kilomètres de la ville, sur les rives de l’Euphrate.

Cette avancée sur cette ville de l’Est marque un autre recul cinglant pour l’EI, autrefois triomphant, contraint à une retraite rapide à la fois en Irak et en Syrie alors que son califat autoproclamé s’effondre.

« L’État islamique est en pleine confusion. Les combattants n’ont pas de commandement ou de contrôle centralisé », soulignait lundi un commandant de l’alliance militaire soutenant le président syrien Bachar al-Assad.

Attaqué de toutes parts, l’EI se replie sur un dernier bastion au bord de l’Euphrate, en aval de Deir Ezzor, dans les villes d’Al Mayadin et d’Abou Kamal, près de la frontière avec l’Irak.

Traduction : « Garnison de l’aéroport militaire de #DeirEzzor assiégé par l’EI »

Mais alors qu’il a perdu le cœur de son territoire – vaincu à Mossoul en Irak, et cède rue après rue dans sa capitale syrienne, Raqqa – le groupe extrémiste est encore capable de lancer des attaques dans l’Ouest et de maintenir un niveau de menace dans d’autres régions, comme en Libye.

Depuis lundi, les habitants de la ville, sentant leur libération de l'EI proche, font la fête.

Deir Ezzor vivait isolée depuis 2013, après le soulèvement de groupes rebelles contre Assad, durant la première période de cette guerre qui dure depuis six ans. À l'été 2014, l'EI s'est emparé de la plus grande partie de la province de Deir Ezzor, notamment des champs pétroliers, puis de la majorité de la ville, en chassant ses anciens alliés rebelles et islamistes d'al-Qaïda.

Ce fut une prise majeure. Deir Ezzor est au cœur de l’industrie pétrolière syrienne. Alors que ces derniers mois, l’armée a poussé vers l’Est, les champs de pétrole et de gaz sont retombés entre les mains du gouvernement.

Cette année, les combattants de l’EI ont intensifié leurs efforts pour s’emparer de l’enclave avant que l’arrivée de l’armée. En janvier, ils ont fait en sorte de la couper de l’aéroport militaire de la ville et de prendre le contrôle de la colline à proximité, filtrant un peu plus ses contacts avec l’extérieur.

Avance rapide

Pendant ce long siège, la ville a été ravitaillée par des parachutages de vivres. Le gouvernement et l'ONU ont largué des produits de première nécessité par hélicoptère. Selon les estimations des Nations unies, il y avait en août 93 000 civils dans cette poche où les conditions sont « extrêmement difficiles ».

« En dépit de tout cela, en dépit des bombardements et des blessés, la vie continue dans la ville. Les institutions fonctionnent, les boulangeries aussi. L’eau est pompée deux fois par semaine pour nos habitants et l’aide est distribuée chaque jour », a témoigné le gouverneur Mohammad Ibrahim Samra.

Pour Bachar al-Assad, l’avancée éclair de ce week-end couronne des mois de progrès réguliers depuis la victoire sur les rebelles à Alep en décembre dernier et la poussée vers l’Est contre l’EI.

Traduction : « @WFP_MENA Le directeur régional Muhannad Hadi @HadiMuhannad au Croissant-Rouge syrien @SYRedCrescent pour assister au 278e parachutage de vivres sur Deir Ezzor en Syrie »

« L’armée avance dans toutes les directions de manière rapide et calculée », a affirmé une source militaire en se référant à la campagne de plusieurs mois à travers le désert.

Soutenus par les avions de chasse russes et une alliance de milices chiites soutenues par l’Iran, dont le Hezbollah libanais, l’armée syrienne s’est emparée de plusieurs pans de désert au centre et à l’est, tout en menant en parallèle des offensives depuis Palmyre et Al Rusafa.

Ces offensives se sont accélérées jusqu’à se rapprocher le mois dernier, enfermant deux poches importantes de l’EI et les assiégeant toutes à l’exception d’une petite portion, près de Salamyeh.

À LIRE : Tous à bord, la grande évasion du Hezbollah et de l’EI

Les estimations sur le nombre de personnes vivant dans la ville de Deir Ezzor varient, mais toutes s’accordent à dire que la population a dramatiquement diminué depuis la guerre avant laquelle elle était de 300 000 personnes.

Selon les Nations unies, il resterait quelque 90 000 personnes dans les régions sous le contrôle du gouvernement. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), il y en aurait 150 000 et 10 000 autres dans les parties de la ville aux mains de l’EI. Les experts pensent qu’environ 7 000 soldats syriens sont aussi piégés à l’intérieur.

Le siège a provoqué une crise humanitaire dans la ville, avec une pénurie alimentaire et de médicaments provoquant une hausse des prix et un accès limité aux soins.

Traduit et actualisé de l'anglais (original).