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Le mouvement du 6 avril lance une initiative d’unification de l’opposition

Vingt groupes d’opposition égyptiens appellent à l’unité dans la perspective du quatrième anniversaire de la révolution du 25 janvier
Le co-fondateur du mouvement du 6 avril, Ahmed Maher, désormais en détention, Le Caire, 30 novembre 2013 (AFP)

Le mouvement de la Jeunesse du 6 avril égyptien a appelé l’ensemble des partis ayant participé à la révolte de 2011 qui renversa le président Hosni Moubarak « à dépasser les intérêts partisans et s’unir derrière les objectifs de la révolution. »

Dans une déclaration, publiée pour la première fois il y a un an, le coordinateur général du mouvement du 6 avril, Amr Ali, a indiqué que son groupe avait préparé une initiative en cinq points visant à unifier l’opposition. Parmi ces points figurent la nécessité d’impliquer la population dans les activités d’opposition qui auront lieu dans les jours à venir, le besoin de créer un gouvernement de salut, et celui de renforcer la justice dans le pays.

Ali a exhorté tous ceux qui « ont participé à la révolution et qui ont cru en ses objectifs à s’unir à nouveau pour accomplir le rêve [de la révolution], maintenant que chacun peut constater que la situation est pire qu’elle ne l’était avant la révolution [de 2011] ».

 « Des dizaines de milliers de personnes de toute affiliation politique sont injustement emprisonnées. Ce sont eux qui mènent le mouvement révolutionnaire, après avoir été rassemblés par l’injustice, le meurtre, la torture et les arrestations, indépendamment de leurs divergences idéologiques. »

Vingt groupes d’opposition égyptiens ont déclaré dimanche qu’ils avaient discuté de ce projet d’unité dans la perspective du quatrième anniversaire de la révolution du 25 janvier qui a démis en 2011 le Président Hosni Moubarak.   

« Le temps est venu pour nous de restaurer l’unité populaire en vue d’une nouvelle phase de la révolution de janvier », ont indiqué les vingt groupes dans une déclaration commune dimanche.

« Chacun doit prendre part à cette quête pour la restauration de l’unité », ont-ils ajouté en faisant référence aux discussions et séminaires qui ont eu lieu à cet égard à travers l’Egypte.

Outre le mouvement du 6 avril, le communiqué commun a été signé par le mouvement d’opposition, l’association Journalistes contre le coup d’Etat, et l’Alliance des femmes égyptiennes.

Composé principalement de jeunes activistes politiques, le mouvement du 6 avril était au cœur de la révolte contre Moubarak qui éclata le 25 janvier 2011.

Le groupe s’était également opposé au président Mohamed Morsi, renversé par l’armée l’année dernière suite à des manifestations de masse.

Le fondateur du mouvement, Ahmed Maher, purge actuellement une peine de trois ans de prison pour avoir tenu une manifestation non autorisée en novembre 2013.

Le ministère de l’Intérieur maintient que les prisons égyptiennes sont exemptes de détenus politiques et que les militants politiques arrêtés suite à l’éviction de Morsi en 2013 sont emprisonnés pour des infractions pénales.

Al-Gama’a Al-Islamiyya, l’un des principaux groupes islamistes égyptiens et soutien de Morsi, a salué l’initiative proposée par le mouvement du 6 avril.

« La contre-révolution craint toujours l’esprit et l’harmonie révolutionnaires, » a déclaré sur Facebook Tarek Al-Zomor, qui dirige le parti de la Construction et du Développement, l’aile politique d’al-Gama'a al-Islamiyya.

« Nous apprécions grandement l’initiative du groupe du 6 avril… Et nous appelons toutes les parties à agir avec responsabilité de manière à ce que nous récupérions la révolution usurpée et les droits de notre peuple », a-t-il ajouté.

Plusieurs sites d’information ont rapporté que les Frères musulmans avaient également salué l’initiative.

Mohamed Soudan, le président du comité des relations extérieures du parti Liberté et Justice, l’aile politique des Frères musulmans, a indiqué au site d’information Al-Araby Al-Jadid que « les Frères musulmans ont toujours appelé à l’unification des groupes d’opposition, mais en vain. Nous nous réjouissons donc de cette initiative ».

Pareillement, le parti « l’Egypte est forte », fondé en 2012 par le candidat présidentiel Abdel Moneim Abul Fotoh, a indiqué au site Al-Araby Al-Jadid que son bureau politique considérerait l’initiative lors d’une prochaine réunion.

Moubarak, accusé d’avoir ordonné le meurtre de manifestants pendant la révolution, a récemment été acquitté par un tribunal égyptien, de même que plusieurs responsables de la sécurité, amplifiant la colère des groupes révolutionnaires.

Des explosions secouent l’Egypte

Pendant ce temps, plusieurs explosions ont secoué l’Egypte.

Au moins deux personnes ont été blessées dans l’explosion d’un bâtiment utilisé comme résidence pour le personnel de la police dans la tumultueuse péninsule du Sinaï ce lundi.

Les deux blessés ont été transférés d’urgence à l’hôpital militaire d’Al-Arish pour y être soignés, a déclaré une source médicale anonyme à l’agence de presse Anadolu.

Un membre des forces de sécurité a indiqué que la cause de l’explosion n’était pas encore connue.

Selon des témoins oculaires, l’explosion a causé un nombre encore indéterminé de blessés et provoqué un effondrement partiel du bâtiment et de trois autres structures adjacentes.

Trois policiers ont également été blessés par balles tard dimanche dans un faubourg de l’ouest du Caire.

« Les policiers patrouillaient dans le quartier », a expliqué le porte-parole du ministère de l’Intérieur Hani Abdel-Latif à Anadolu. Il a ajouté qu’aucun des assaillants n’avait été arrêté. Les trois policiers ont été admis dans un hôpital proche.

L’attaque n’a pas été revendiquée.

Policiers et militaires sont de plus en plus pris pour cibles en Egypte. Ces attaques coïncident avec une vaste opération répressive menée par les militaires et la police égyptienne contre des miliciens de la péninsule du Sinaï.