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Le plus grand hôpital d'Alep détruit dans des frappes aériennes

« Il ne reste plus rien » de l’hôpital M10 après de nouvelles frappes menées ce lundi, à la suite de plusieurs jours de bombardements intensifs
L'hôpital a été plusieurs fois ciblé par les avions de combat du gouvernement syrien et des Russes (AFP)
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Le plus grand hôpital de la zone d’Alep tenue par les rebelles a été « complètement détruit » par des frappes aériennes ce lundi, a déclaré l’ONG médicale qui le soutenait.

L’hôpital M10 « a été complètement détruit… Il n’y a plus rien », a rapporté Adham Sahloul de la Syrian American Medical Society (SAMS) en précisant que trois agents d’entretien ont été tués dans les frappes.

Des militants sur le terrain ont actualisé le bilan des victimes : selon eux, il y aurait sept personnes tuées, dont deux techniciens du personnel gravement blessés.

Adham Sahloul a expliqué à Middle East Eye que selon l’ONG américaine, des « bombes antibunker » (utilisées pour pénétrer des cibles fortifiées) auraient été utilisées contre le centre médical.

Traduction : « Une autre attaque sur le plus grand hôpital de la SAMS à l'est d'Alep. Trois agents d'entretien tués. Hôpital complètement détruit »

« L’hôpital est maintenant hors d’usage. Il n’y a rien à récupérer selon le personnel et les docteurs sur place », a-t-il précisé en ajoutant que l’établissement avait été ciblé sept fois au cours de la semaine dernière ». Ces attaques ont d’ailleurs suscité une indignation internationale sur le ciblage aveugle des infrastructures civiles dans les régions tenues par les rebelles.

Toujours Adam Sahloul, les médecins de l’hôpital craignent que les étages supérieurs s’effondrent sur les niveaux du sous-sol. 

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a également confirmé que l’hôpital avait été « directement ciblé par des raids aériens ».

Les structures médicales dirigées par la SAMS sont régulièrement la cible des avions de combat syriens et russes.

Au début de l’année, MEE avait révélé comment l’hôpital M2 avait été ciblé par des bombes thermobariques (qui déclenchent des incendies qui consomment l’oxygène des espaces souterrains et brûlent tout sur leur passage) illégales à l’est d’Alep.

Le chef des opérations humanitaires de l'ONU, Stephen O'Brien, a déclaré dimanche que le système de santé à l’est d’Alep avait été « presque réduit à néant ». « Les structures de soin sont touchées l’une après l’autre ».

Traduction : « Des bombes-barils et des bombes antibunker cet après-midi, quatre autres frappes au coucher du soleil #UOSSM (Union of Medical Care and Relief, Suisse). Une cave d'hôpital hors service #PasUneCible »

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a comparé Alep à un « abattoir » alors que deux hôpitaux venaient d’être ciblés par des avions de combat et des obus d’artillerie.

Appuyée par les avions de combat russes, l’armée syrienne mène une offensive au sol pour reprendre les parties du nord de la ville aux rebelles. 

Un hôpital creusé à quinze mètres sous le sol (dans le but d’échapper aux frappes aériennes du gouvernement syrien et des Russes) a également été ciblé lundi dans la province d’Idlib, et mis hors service.

M10 – le nom de l’hôpital – correspond à un nom de code donné pour des raisons de sécurité par les médecins dans les territoires contrôlés par l’opposition à Alep.

Traduit de l'anglais (original).