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L’Égypte de Sissi soutient la Syrie de Assad alors que l’opposition syrienne doit se réunir à Paris

À Alep, près de 100 familles qui tentaient pendant la nuit de fuir Alep-Est, la zone tenue par les rebelles, ont été obligées de faire demi-tour sous les tirs

Un Syrien blessé passe avec son fils devant un immeuble détruit (AFP)
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Le président Abdel Fattah al-Sissi a publiquement affirmé son soutien aux forces du président Bachar al-Assad. Interviewé par la télévision portugaise RTP, Sissi a déclaré qu’il était nécessaire de soutenir les « armées nationales » au Moyen-Orient.

Traduction : « Dans un entretien, le président #égyptien Abdel Fattah al-Sissi reconnaît que son pays aide la Syrie de Bachar al-Assad et son armée »

« La priorité, c'est que nous soutenions les armées nationales pour garder le contrôle du territoire, gérer les extrémistes et imposer la stabilité nécessaire en Libye, en Syrie et en Irak », a-t-il expliqué.

« Quand vous faites référence à l’armée nationale en Syrie, parlez-vous de l’armée syrienne ? », a demandé le présentateur à qui Sissi a répondu « Oui ».

Reconnaître un soutien aux forces d’Assad pourrait entraîner une aggravation des tensions déjà exacerbées entre l’Égypte et ses alliés aux États-Unis et en Arabie saoudite.

Le soutien régional au gouvernement d’Assad est partagé, les États du Golfe et la Turquie étant en général opposés à cette guerre contre divers rebelles, alors que l’Irak et l’Iran, et dans une certaine mesure, l’Algérie, soutenant Assad.

Sissi a rétabli les relations diplomatiques avec la Syrie après le coup d’État militaire de 2013 qui renversa le gouvernement des Frères musulmans soutenu par le président Mohamed Morsi. Sous Morsi, les relations avec Riyad avaient été rompues en raison du soutien des Frères musulmans à l’opposition saoudienne.

L’Égypte a aussi énervé ses alliés le mois dernier quand il a soutenu une motion appuyée par la Russie appelant à un cessez-le-feu en Syrie mais ignorant les frappes aériennes des forces russes dans Alep-Est assiégé.

Pendant ce temps, les pays qui ont soutenu l’opposition « modérée » syrienne, dont les États-Unis et les pays du Golfe, se réuniront à Paris début décembre, a annoncé mercredi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault.

« Il faut que la communauté internationale arrête de détourner le regard » de « la terrible réalité » de ce qui se passe en Syrie.

 « Boucliers humains »

En Syrie, près de 100 familles ont essayé de fuir la zone rebelle d’Alep-Est pendant la nuit alors que l’armée syrienne progressait, mais ont été obligés de faire demi-tour sous les tirs, a relevé un organisme de surveillance mercredi.

Le gouvernement mène un assaut acharné pour reprendre l’Est de la ville, et accuse les rebelles d’empêcher les civils de partir et de les utiliser comme « boucliers humains ». Les rebelles rejettent ces accusations et démentent « ces rumeurs » selon lesquelles ils empêcheraient les évacuations de civils.

« Dans la nuit de mardi, près de 100 familles se sont rassemblées près d’un passage permettant de traverser du quartier de Bustan al-Basha (aux mains des rebelles) vers Cheikh Maqsoud », a rapporté Ram Abdel Rahman, le directeur de l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme (OSDH).

« Mais quand les civils ont essayé de traverser de l’autre côté, des tirs ont retenti », a-t-il précisé à l’AFP.

Cheikh Maqsoud est une enclave du nord de la ville, tenue par les forces kurdes qui ne soutiennent ni le régime ni les rebelles. Elle est située entre Alep-Ouest tenu par le régime et le secteur Est contrôlé par les rebelles.

L’incident est survenu alors que les forces pro-Assad avancent vers l’Est pour reprendre les quartiers aux mains des rebelles depuis 2012.

Traduction : Les héros de @SyriaCivilDef sauvent une fillette de la mort après un raid aérien aujourd'hui dans le quartier de Maysar assiégé, à Alep

Traduit partiellement de l’anglais (original).