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Les États-Unis et la Russie parviennent à « un accord » sur l'expulsion d'Assad hors de Syrie

Le journal Al-Hayat affirme qu'une source a indiqué que les deux pays avaient convenu du « transfert du président Bachar al-Assad dans un autre pays »
Le secrétaire d'État américain John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov se serrent la main lors d'une conférence de presse au Kremlin à Moscou (AFP)

Selon le journal libanais Al-Hayat, les États-Unis et la Russie sont parvenus à un accord sur le transfert du président syrien Bachar al-Assad dans un autre pays dans le cadre du futur processus de paix.

Une source diplomatique du Conseil de sécurité a indiqué à Al-Hayat dans un rapport publié jeudi que le secrétaire d'État américain John Kerry avait « informé les pays arabes concernés que les États-Unis et la Russie étaient parvenus à un accord sur l'avenir du processus politique en Syrie et notamment sur le transfert du président Bachar al-Assad dans un autre pays ».

La source a affirmé que l'accord entre les États-Unis et la Russie était « clair » dans les coulisses diplomatiques, en précisant toutefois que « personne ne connaît le calendrier et le contexte de cette mesure dans le processus politique pour le moment ».

Ce rapport intervient alors que les différents acteurs de la guerre civile qui a éclaté il y a cinq ans continuent de s'affronter quant à l'avenir de la gouvernance du pays.

En réaction à un nouvel appel de Bachar al-Assad en faveur d'un gouvernement d'union nationale, la Maison-Blanche a estimé que sa participation « vouerait une telle proposition à l'échec ».

Tandis que les deux parties semblaient être dans l'impasse quant à la transition politique, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a souligné l'impact des cinq années de conflit en demandant des efforts accrus pour régler la crise des réfugiés que traverse le pays lors d'une conférence à Genève.

Dans une interview publiée mercredi, Bachar al-Assad a indiqué à l'agence de presse russe officielle RIA Novosti qu'il serait « logique que des forces indépendantes, des forces de l'opposition et des forces loyales au gouvernement soient représentées » au sein du nouveau gouvernement.

Il a rejeté les demandes de l'opposition selon lesquelles il ne devrait pas participer à son établissement en insistant sur le fait que l'organe transitoire qu'elle réclame est « illogique et anticonstitutionnel ».

« Ni la constitution syrienne ni celle de n'importe quel autre pays au monde ne mentionnent un quelconque organe de pouvoir transitoire », a affirmé Bachar al-Assad.

« C'est le gouvernement d'union nationale qui préparera une nouvelle constitution ».

Toutefois, l'opposition a rapidement rejeté tout plan impliquant la présence de Bachar al-Assad.

Les négociations menées par l'envoyé des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, ont été interrompues la semaine dernière, laissant les parties dans l'impasse quant au destin de Bachar al-Assad dont l'opposition exige la démission avant l'adoption d'un gouvernement transitoire.

Le Haut Comité des négociations, qui réunit les principaux groupes de l'opposition syrienne, a refusé catégoriquement les demandes de Bachar al-Assad visant à inclure son gouvernement dans un éventuel gouvernement transitoire.

« Les résolutions internationales évoquent [...] la formation d'un organe transitoire disposant des pleins pouvoirs, y compris les pouvoirs présidentiels », a précisé Asaad al-Zoabi, l'un des principaux membres du HCN, ajoutant que « Bachar al-Assad ne doit pas rester une heure de plus après la formation » de cet organe.

En réaction à l'interview de Bachar al-Assad mercredi dernier, le porte-parole de la Maison-Blanche, Josh Earnest, a estimé que la participation du dirigeant syrien « vouerait la proposition à l'échec ».

« Je ne sais pas s'il s'imagine faire partie du gouvernement d'union nationale. Pour nous, il est évident que cela serait voué à l'échec », a indiqué Josh Earnest.

Les analystes sont très divisés quant à l'avenir de Bachar al-Assad : certains affirment que ses alliés de longue date, Moscou et Téhéran, seront disposés à le voir partir tandis que d'autres prétendent que la Russie et l'Iran refuseront de l'abandonner à court ou moyen terme par crainte qu'un éventuel remplacement ne soit pas suffisamment favorable à leur camp.

Traduction de l’anglais (original) par VECTranslation.