Les ventes d’armes de l’UE à Riyad et Abou Dabi 55 fois supérieures aux aides versées au Yémen

Les ventes d’armes de l’UE à Riyad et Abou Dabi 55 fois supérieures aux aides versées au Yémen

#Armement

Dispensé de rendre des comptes, le secteur de l’armement en Europe est très influent dans les coulisses du pouvoir, avec 86,7 milliards de dollars de ventes approuvées dans le Golfe depuis 2015

Un travailleur yéménite évacue des sacs d’aide alimentaire lors d’un incendie dans un entrepôt de l’ONU à Hodeida, en mars 2018 (AFP)
Paul Cochrane's picture
21 novembre 2018
Last update: 
Thursday 22 November 2018 15:40 UTC
Last Update French: 
22 novembre 2018

Les gouvernements européens et l’Union européenne (UE) expriment publiquement leur inquiétude face à la « tragédie humaine » qui se déroule au Yémen, déchiré par la guerre, et à la nécessité d’y apporter « une assistance vitale ».

Pourtant, alors que la coalition dirigée par l’Arabie saoudite bombarde le pays le plus pauvre de la région depuis trois ans, l’UE et les pays européens ont approuvé la vente de plus de 86,7 milliards de dollars d’armes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, selon des chiffres compilés par Middle East Eye.

« En réalité, l’approvisionnement en armes prolonge les conflits et entraîne des catastrophes humanitaires ; ainsi, dans une certaine mesure, le commerce d’armes renforce le besoin d’assistance »

- Jeff Abramson, chercheur à l’Arms Control Association

La valeur des licences octroyées par ces pays en 2015 et 2016 – les seules années pour lesquelles des données sont disponibles – est plus de 55 fois supérieure à ce que l’UE et les pays européens ont alloué au plan de réponse humanitaire pour le Yémen, un programme de l’ONU constamment sous-financé.

Dans le même temps, des chercheurs indépendants estiment que plus de 56 000 Yéménites ont été tués. L’ONU a mis en garde contre le « danger clair et présent » d’une famine imminente qui pourrait emporter quatorze millions de Yéménites, soit la moitié de la population.

Au cours de la guerre, de nombreux gouvernements ont promis d’arrêter ou de restreindre les ventes d’armes utilisées pour mutiler des Yéménites, tandis que l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi le 2 octobre a déclenché une nouvelle vague de pressions publiques visant à mettre un terme aux contrats signés avec le royaume saoudien.

Pourtant, seule l’Allemagne a suspendu ses ventes – tant que l’assassinat de Khashoggi n’est pas expliqué – alors que le Royaume-Uni, la France et l’Espagne ont tous annoncé qu’ils poursuivraient leurs échanges comme si de rien n’était.

Selon des experts, la poursuite des ventes, que les responsables politiques justifient souvent à travers la création d’emplois, la coopération en matière de sécurité et les relations commerciales, révèle un décalage fondamental entre les agissements des gouvernements occidentaux et la crise humanitaire au Yémen.

« Le Royaume-Uni et beaucoup de ses alliés au sein de l’UE insistent sur le fait qu’il n’existe pas de solution militaire au conflit, et pourtant, ils fournissent eux-mêmes les armes qui alimentent et prolongent les hostilités », souligne Ben Donaldson, responsable des campagnes pour la United Nations Association – UK, un groupe politique populaire.

« Il n’y a eu qu’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU en trois ans de conflit, ce qui est très surprenant compte tenu de sa gravité par rapport à d’autres conflits, tandis que le Royaume-Uni prend parti dans le conflit, ce qui va à l’encontre de sa position de “porte-plume” et de ses responsabilités. La position du Royaume-Uni consiste à soutenir l’Arabie saoudite. »

« En réalité, l’approvisionnement en armes prolonge les conflits et entraîne des catastrophes humanitaires. Ainsi, dans une certaine mesure, le commerce d’armes renforce le besoin d’assistance », indique à MEE Jeff Abramson, chercheur principal non résident à l’Arms Control Association, basée à Washington DC. « C’est un cercle vicieux. »

Des armes entassées depuis des décennies

Depuis des décennies, des milliards de dollars d’armes vendues ont afflué dans le Golfe ; ces armes ont été stockées et en grande partie oubliées, alors que les recettes se sont accumulées dans les comptes bancaires européens.

Les ministres n’ont pas eu besoin de se livrer à une gymnastique mentale pour justifier de tels contrats : il leur suffisait de déclarer que les ventes avaient une « visée défensive ». Ou alors, comme l’a souligné la ministre française des Armées, Florence Parly, en février, ces armes n’étaient « pas censées être utilisées ».

Des emplois ont été créés dans le pays et les contrats ont permis de garder la porte ouverte à des liens économiques et politiques plus étroits avec des royaumes du Golfe riches en pétrole.

La seule fissure potentielle que comportait ce discours était le risque de voir apparaître des informations selon lesquelles des pattes avaient été graissées pour garantir les contrats. Nous pouvons prendre comme exemple l’accord al-Yamamah portant sur un échange de pétrole contre des armes, conclu entre et l’Arabie saoudite et Margaret Thatcher dans les années 1980, qui a rapporté environ 55 milliards de dollars de recettes au géant britannique de l’armement BAE.

À LIRE ► La guerre au Yémen, dernier chapitre de l’effort occidental visant à écraser l’indépendance

Une enquête finale sur ce contrat a été clôturée en 2006 par le Premier ministre de l’époque Tony Blair à la suite de pressions exercées par les Saoudiens.

Autrement, les exportations d’armes se vendaient facilement au public. Il y a peut-être eu des contrats obscurs, mais personne n’était tué et personne n’avait besoin d’assistance humanitaire, même si l’on fermait les yeux sur l’oppression à l’échelle nationale et les guerres par procuration.

Cependant, avec la guerre au Yémen, cette position n’est plus tenable.

Depuis le début de la guerre en mars 2015, plus de 10 000 Yéménites ont été tués – c’est du moins le chiffre qui a été rapporté invariablement au cours des deux dernières années.

Dans un rapport publié en octobre, Armed Conflict Location and Event Data Project, un groupe de recherche indépendant qui s’intéresse aux conflits, estime à 56 000 le nombre de morts depuis janvier 2016, un chiffre qui ne tient pas compte des personnes mortes de faim ou à la suite de maladies – et qui, selon les chercheurs, pourrait être sous-estimé.

Le nombre croissant de civils tués et mutilés par les forces de la coalition – lors de mariages, sur des marchés et dans des bus scolaires – a intensifié les pressions exercées sur les gouvernements pour qu’elles justifient leurs ventes d’armes au royaume et aux Émirats arabes unis.

En 2015 et 2016, les seules années pour lesquelles des rapports sur les exportations d’armes de l’UE sont actuellement disponibles, presque tous les États membres de l’UE ont vendu des armes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. MEE a découvert que :

  • En 2015, 21 États membres de l’UE ont approuvé des licences d’exportation d’armes, allant des munitions aux bombes, en passant par des avions de combat et des composants militaires spécialisés, pour un montant de 25,3 milliards de dollars à l’Arabie saoudite et de 11,4 milliards de dollars aux Émirats arabes unis, soit un total de 36,7 milliards de dollars. Sur ce montant total, 14,4 milliards de dollars étaient destinés à des avions, des bombes et des grenades, principales causes des morts civiles.
  • En 2016, dix-sept États membres de l’UE ont autorisé la vente de nouvelles armes pour un montant de 18,3 milliards de dollars à l’Arabie saoudite et de 31,7 milliards de dollars aux Émirats arabes unis, soit un total de 50 milliards de dollars. 
  • Bien qu’il n’y ait pas de chiffres disponibles pour 2017 à l’échelle de l’UE, les chiffres fournis par les différents pays indiquent que les ventes d’armes se sont en majeure partie poursuivies au même rythme. En 2017, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont octroyé des licences d’exportation d’armes pour un montant de 2,3 milliards de dollars à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, selon les chiffres communiqués par les gouvernements et l’organisation Campaign Against the Arms Trade (CAAT)

Alors que les ventes se sont poursuivies, les campagnes menées par le plan de réponse humanitaire pour le Yémen de l’ONU ont continué d’être sous-financées :

  • Dans l’ensemble, depuis 2015, l’UE et certains pays européens ont consacré 1,56 milliard de dollars au plan de réponse de l’ONU, selon les chiffres communiqués par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), un organe de l’ONU. Cela équivaut à 1,8 % des ventes d’armes européennes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis approuvées en 2015 et 2016.
  • La Commission européenne, à laquelle tous les États membres de l’UE contribuent, a fourni 507,2 millions de dollars au Yémen, dont environ la moitié a été consacrée au plan de réponse de l’ONU, au cours des trois dernières années. Cela équivaut à 0,58 % des 86,7 milliards de dollars de ventes d’armes approuvées en Europe en 2015 et 2016.
  • Au cours de la même période, le Royaume-Uni a fourni une aide humanitaire de 733,4 millions de dollars au Yémen, selon les chiffres gouvernementaux fournis à MEE. Sur ce montant, 636,9 millions de dollars ont été affectés au plan de réponse des Nations unies, ce qui correspond à 13,1 % des 4,85 milliards de dollars de licences approuvées par le Royaume-Uni en 2015 et 2016. 
  • Dans l’ensemble, la France est le plus petit donateur au regard du montant des licences approuvées, avec une aide de 12,3 millions de dollars fournie entre 2015 et 2018, soit seulement 0,07 % des 17,3 milliards de ventes d’armes approuvées en 2015 et 2016. Néanmoins, les experts estiment que les chiffres des licences françaises pourraient être gonflés dans la mesure où la France inclut les négociations en cours dans les totaux.

  • Les quatrième et cinquième plus grands fournisseurs d’armes européens, l’Espagne et l’Italie, se montrent avares en matière d’aide humanitaire, avec des montants équivalant respectivement à 0,26 % et 0,76 % de leurs ventes d’armes approuvées en 2015 et 2016.
  • L’Allemagne a été relativement généreuse avec une aide de 358 millions de dollars entre 2015 et 2018, ce qui correspond à 29 % des licences approuvées en 2015 et 2016, qui s’élèvent à 1,2 milliard de dollars. La Suède, qui a réalisé 1,33 milliard de dollars de ventes en 2015 et 2016, a accordé 105 millions de dollars d’aides pour la période allant de 2015 à 2018, soit 7,93 % de la valeur des licences approuvées.
  • Seule l’Irlande présente des contributions en aide humanitaire supérieures aux ventes d’armes approuvées, avec un pourcentage de 123 % pour 2015 (aucune exportation en 2016).

Alors que le conflit se poursuit au Yémen, le plan de réponse humanitaire des Nations unies pour 2018 est actuellement sous-financé à hauteur de 35 %. Ce déficit d’1,04 milliard de dollars ne représente qu’1,1 % des ventes d’armes européennes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis approuvées pour les seules années 2015 et 2016.

« Entre maximiser les ventes d’armes et servir les droits de l’homme, ce sont toujours les ventes d’armes qui gagnent »

– Andrew Smith, porte-parole de l’ONG Campagne contre le commerce des armes (CAAT)

Bien que les licences approuvées diffèrent clairement des exportations effectives, en Europe, elles se traduisent presque toujours en ventes réelles, explique Andrew Smith, porte-parole de l’ONG Campagne contre le commerce des armes (CAAT).

« Si une licence signée n’est pas considérablement déformée par un changement de législation, cela revient à autoriser la poursuite de la vente. Cela signifie que le gouvernement ne la bloquera pas et que s’ils la bloquent ou la suspendent pour une raison quelconque, cela est comptabilisé plus tard de toute façon », explique Smith. L’unique exception est la France, qui inclut depuis 2014 les licences encore en cours de négociation.

Globalement, lorsque l’on a le choix entre « maximiser les ventes d’armes et servir les droits de l’homme, ce sont toujours les ventes d’armes qui gagnent », affirme-t-il.

Dans le même temps, selon Andrew Feinstein, directeur exécutif de Corruption Watch et auteur de The Shadow World:Inside the Global Arms Trade, les aides font « partie d’un vernis de relations publiques créé autour d’une justification de l’industrie de l’armement ».

Des termes creux

Au cours des trois dernières années durant lesquelles la plus vaste catastrophe humanitaire au monde s’est développée, des activistes et des groupes de la société civile ont exercé des pressions suite auxquelles l’Espagne, les Pays-Bas, la Belgique et la Suède ont annoncé un gel ou une restriction de leurs exportations d’armes dans le Golfe.

L’UE s’est également déclarée ouverte à la restriction des exportations d’armes, le Conseil de l’Union européenne – le gouvernement exécutif de l’UE – ayant adopté une motion non contraignante en décembre 2016 interdisant toute vente d’armes à l’Arabie saoudite.

Cependant, malgré « un vote majoritaire en faveur de la motion, la requête a été écartée et cela n’a pas été fait », indique Pieter Wezeman, chercheur principal pour le programme sur les dépenses en armement et militaires de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI).



Des militants d’Amnesty International protestent contre des ventes d’armes britanniques à l’Arabie saoudite, à Londres, en 2016 (AFP)

De même, les annonces d’embargo à l’échelle nationale ne se sont pas non plus concrétisées.

« Il y a souvent un fossé entre ce qui est dit et ce qui est réalisé en pratique », affirme Smith, du CAAT.

En outre, la tentative d’embargo de l’UE sur les ventes d’armes à destination de l’Arabie saoudite n’incluait pas d’embargo sur les autres membres de la coalition, notamment les Émirats arabes unis et l’Égypte. La France, par exemple, a vendu à l’Égypte des navires de guerre qui pourraient avoir été utilisés pour renforcer le blocus maritime du Yémen, note Wezeman.

« Les Néerlandais soutenaient l’appel à un embargo et ne fournissaient pas de matériel pour la campagne aérienne, mais ils continuaient de vendre du matériel naval, qui pouvait être utilisé au cours du blocus. Ils essaient de paraître progressistes, mais ils continuent comme si de rien n’était », soutient Anna Stavrianakis, maître de conférences en relations internationales à l’université du Sussex et auteure de Taking Aim at the Arms Trade.

Aucune réglementation significative

Alors, pourquoi les ventes se poursuivent-elles ? Les emplois et l’influence politique dans les pays où les armes sont vendues servent souvent à justifier la poursuite de cette politique.

Néanmoins, une des principales raisons de l’incapacité de l’UE à freiner les exportations d’armes dans le Golfe est la réticence à réglementer le complexe militaro-industriel à cause de sa forte influence sur les gouvernements et de la corruption généralisée dans le secteur, selon des observateurs.

D’après Feinstein, de Corruption Watch, il n’existe en réalité aucune réglementation significative pour l’industrie de l’armement en Europe.

« Le Royaume-Uni et l’Allemagne attirent l’attention sur une législation nationale et des licences d’exportation rigoureuses, ainsi que sur les traités dont ils sont signataires et qu’ils défendent, mais en exportant vers l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ils enfreignent leurs propres lois nationales, la position commune de l’UE sur les exportations d’armes et le Traité sur le commerce des armes », explique-t-il.

« Rien ne les oblige à faire quoi que ce soit différemment. Les parlements nationaux sont complètement impuissants face à l’industrie de l’armement. »

L’industrie dispose d’un lobby puissant opérant par le biais de contrats avec les gouvernements, de liens avec les complexes militaires et d’un système de porte tournante qui récompense les responsables politiques avec des postes au conseil d’administration des entreprises d’armement une fois qu’ils ont quitté leur poste, selon Feinstein.

Un autre problème, selon les observateurs, est la corruption inhérente à l’industrie.

« Le commerce des armes n’est pas réglementé car les plus grands fabricants [États-Unis, Royaume-Uni, Russie et France] siègent tous au Conseil de sécurité de l’ONU – alors pourquoi iraient-ils à l’encontre de leurs propres affaires ? »

– Loretta Napoleoni, économiste italienne

Ne bénéficiant pas de l’influence américaine, les entreprises européennes doivent fréquemment édulcorer leurs contrats d’armement, que ce soit à travers des investissements dans les pays acheteurs, des dons de jets privés, en passant par les paiements adressés à des responsables politiques via des comptes offshore.

« Les États-Unis sont légèrement moins corrompus en raison de leur poids politique énorme, mais tous les pays européens sont plus corrompus que les Américains, ils sont beaucoup moins propres », soutient Feinstein.

Aucun des cinq plus grands fournisseurs d’Europe occidentale – France, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne et Italie, qui représentaient 23% des échanges d’armes à l’échelle mondiale entre 2013 et 2017, selon les chiffres du SIPRI – ne semble avoir le moindre désir de mieux réglementer le commerce d’armes, ajoute-t-il.

« Le commerce des armes n’est pas réglementé car les plus grands fabricants [États-Unis, Royaume-Uni, Russie et France] siègent tous au Conseil de sécurité de l’ONU – alors pourquoi iraient-ils à l’encontre de leurs propres affaires ? », précise à MEE Loretta Napoleoni, économiste italienne et spécialiste du financement du terrorisme.

Du pain et de l’argent

En réalité, les organismes de réglementation financière imposent aux ONG dans le monde entier davantage d’exigences, axées sur l’origine de leurs dons et la manière dont leur argent est dépensé, qu’au commerce international d’armes, selon elle. « Il y a beaucoup de bruit autour des organismes caritatifs, mais presque rien au sujet des armes », affirme Napoleoni. 

Le Groupe d’action financière (GAFI), basé à Paris, un organisme mondial influent qui élabore des politiques à adopter par les pays en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, prévoit des recommandations spécifiques pour les ONG, mais pas pour l’industrie de l’armement.

« Les obligations en matière de diligence raisonnable et de conformité des organisations humanitaires et de développement œuvrant dans les zones de conflit sont d’une ampleur incroyable. Il n’est pas exagéré de dire que cela paralyse certaines organisations », soutient Ben Hayes, consultant indépendant qui conseille les organisations caritatives et les fondations sur les réglementations en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

« Pour les membres fondateurs du GAFI, à savoir l’UE et les États-Unis, la corruption est considérée comme quelque chose qui se produit exclusivement dans les pays en voie de développement. »

Les restrictions imposées aux ONG opérant au Yémen ont eu un impact significatif sur le terrain, selon Sherine El Taraboulsi-McCarthy, chercheuse au groupe des politiques humanitaires de l’Overseas Development Institute (ODI).

À LIRE ►Yémen : des troupes spéciales françaises aux côtés des Émiratis

« Les organisations humanitaires internationales rencontrent beaucoup de difficultés pour envoyer et recevoir des fonds pour le Yémen. Obtenir du pain et de l’argent représente les deux principaux défis pour les Yéménites », explique-t-elle.

Il y a aussi et surtout le tableau historique à prendre en compte : des avions vendus à l’Arabie saoudite dans le cadre de l’accord al-Yamamah et des bombes à sous-munitions de fabrication britannique exportées avant que le Royaume-Uni n’adopte une loi interdisant ces armes en 2010 sont actuellement utilisés au Yémen.

« Près de 30 ans plus tard, les bombes à sous-munitions étaient toujours opérationnelles et utilisées dans des frappes aériennes », affirme Smith, de CAAT. « Les armes vendues aujourd’hui pourraient être utilisées pour commettre des atrocités pour de nombreuses années à venir. »

 

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.