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L’État libanais complice du plus grand trafic sexuel du pays, selon Walid Jumblatt

Cet homme politique libanais de premier plan affirme que de « hauts responsables » sont impliqués après l’arrestation de vingt personnes suspectées d’avoir abusé de 75 esclaves sexuelles
La semaine dernière, la police libanaise a libéré 75 esclaves sexuelles maltraitées par un gang criminel (AFP)
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De hauts responsables libanais étaient au courant du terrible scandale des esclaves sexuelles dans le pays depuis des années, affirme un homme politique de premier plan.

Walid Jumblatt, leader du Parti socialiste progressiste, a déclaré sur Twitter mardi que le réseau opérait depuis des années, avec de hauts responsables complices dans l’art du secret ».

S’il n’a donné aucun nom, Jumblatt a précisé toutefois que l’appartement où les 75 femmes étaient détenues de force avait été « découvert par coïncidence par un officier de police, qui a la conscience tranquille ».

C’est le plus grand réseau de ce genre à avoir été découvert au Liban.

Le scandale a émergé la semaine dernière lorsque les forces de sécurité libanaises ont libéré 75 femmes et filles lors du raid d’une maison close située à Jounieh, au nord de Beyrouth.

La plupart des femmes étaient d’origine syrienne et étaient louées à des clients pour des sommes allant de 1 000 à 3 000 dollars par mois. Certains clients payaient jusqu’à 20 000 dollars pour de plus longues durées, selon les informations publiées dans la presse locale.

Plus de vingt individus, hommes et femmes, ont déjà été arrêtés pour leur implication présumée dans le réseau. Les médias locaux ont indiqué mardi que d’autre arrestations étaient à prévoir.

Une source judiciaire a déclaré au quotidien Asharq al-Awsat, possédé par des Saoudiens, que d’autres arrestations seraient faites « à la lumière des confessions des détenus ».

Les accusations vont au-delà de la prostitution forcée et incluent notamment des actes de torture, a dit la source sans davantage de précisions.

Le Dr. Riad al-Alam, qui a été arrêté jeudi dernier, serait au cœur du scandale. Il est accusé d’avoir réalisé environ 200 avortements sur les esclaves sexuelles.

Le ministère de la Santé l’a depuis défendu de pratiquer la médecine et a fermé son cabinet.

Un bébé de 8 mois appartenant à l’une des femmes esclaves a également été trouvé durant le raid de la semaine dernière.

Les filles ont été confiées à diverses ONG locales et internationales, conformément à une demande de la justice.

Selon les informations du quotidien libanais al-Akhbar, le Hezbollah a joué un rôle clé dans la révélation du crime après la découverte par des partisans du mouvement de plusieurs femmes étant parvenues à s’échapper.

Le porte-parole des services de sécurité libanais, Jospeh Mousallem, a déclaré à la BBC que des membres du gang se rendaient en Syrie où ils promettaient aux femmes une sortie sécurisée du pays et de bons emplois.  

« À leur arrivée [au Liban], l’esclavage commence. Elles n’ont plus de liberté, elles sont enfermées, on leur confisque leurs téléphones portables, elles travaillent pour rien », a-t-il dit.

Traduction de l’anglais (original).