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Maroc : pour les détenus du hirak, les manifestants se jettent à l'eau

Après les manifestations de nuit pendant le Ramadan, les activistes du Rif mettent en place de nouvelles formes de protestation. Été oblige, ils ont essayé de se rassembler dimanche sur la plage
Un manifestant du hirak nargue un gendarme sur la plage d'Ajdir, à une dizaine de kilomètres d'Al Hoceima (Facebook)

RABAT – Il y a d’abord eu les concerts de casseroles et de marmites. Puis, quelques jours plus tard, face à la dispersion systématique des manifestations et des sit-in dans la ville, des rassemblements sur les toits et les terrasses des maisons.

Dimanche, c’est sur la plage d'Ajdir, à quelques kilomètres d'Al Hoceima, qu’une centaine de manifestants du hirak, ce mouvement de contestation populaire né dans le Rif marocain il y a huit mois, s’étaient donné rendez-vous.

« Il était prévu qu'un cortège se forme à la plage de Sefiha pour se diriger vers la plage d'Essouani », témoigne Mourad, un membre du hirak à Middle East Eye. Selon lui, « la forte présence sécuritaire a fait que la marche ne s’est finalement pas tenue ». 

Mais le rassemblement entre terre et mer a toutefois donné lieu à un face-à-face surréaliste entre une dizaine de manifestants et les forces de l’ordre, immortalisé par de photos et des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux.

Sur certaines images, on aperçoit des manifestants en maillot de bain, les pieds dans l’eau, certains sautant dans les vagues, face à des policiers de la brigade anti-émeutes ramassés en un petit groupe, casque blanc, bottes noires et bouclier en train de s’enfoncer dans l’eau malgré leur tenue inadéquate.

Sur d’autres, on voit des gendarmes amassés sur la plage, regardant la mer sans trop savoir que faire ou encore des fourgons parqués sur le sable.

Selon les témoignages des militants recueillies par MEE – après les nombreuses arrestations, ils souhaitent rester anonymes  – certains manifestants ont continué leur sit-in... dans l'eau pour éviter d'être dispersés par les forces de l'ordre.

Ces scènes ont été amplement commentées (et parodiées) sur les réseaux sociaux.

Traduction : « état de la mer : Makhzen agité à peu agité entre les plages de Sefiha à Essouani tout au long de la semaine »

Les protestataires réclament « la libération des détenus du hirak » et « la démilitarisation » de leur région. Le leader du mouvement, Nasser Zefzafi, et ses principales figures ont tous été interpellés depuis la fin mai.