Aller au contenu principal

Ryad libère huit membres du Hamas après la visite de Mechaal

Le Hamas a démenti l’affirmation d’un média iranien selon laquelle l’Arabie saoudite aurait exigé que 700 combattants du groupe prennent part à l’offensive saoudienne contre les milices houthies au Yémen
Le chef du Hamas Khaled Mechaal accomplit l’oumra (petit pèlerinage) dans la ville sainte de La Mecque le 2 septembre 2007 (AFP)

L’Arabie saoudite a libéré huit membres du Hamas détenus dans le royaume depuis des mois pour avoir participé à une campagne politique, a déclaré lundi un responsable du mouvement palestinien.

Les personnes libérées « faisaient de la levée de fonds pour soutenir le travail public et l’activisme du mouvement [palestinien] », a indiqué Mahmoud al-Zahhar, membre du bureau politique du Hamas à Gaza, au quotidien égyptien El-Watan News.  

Avant la déclaration de Zahhar, des médias arabes avaient signalé la libération des Palestiniens, citant des officiels du Hamas sans préciser leur nom et sans confirmation de la part de Riyad. Jusqu’à peu, aucune partie ne semblait avoir admis que ces arrestations avaient eu lieu.

La libération des Palestiniens, qui auraient été détenus au cours des derniers jours du règne de l’ancien roi saoudien Abdallah il y a huit mois, a fait suite à une rare rencontre entre le chef du Hamas Khaled Mechaal et le nouveau roi saoudien Salmane à Riyad vendredi.

La rencontre entre le Hamas et les Saoudiens, la première du genre depuis plusieurs années, est vue comme un signe de rapprochement entre le mouvement palestinien et Riyad suite à la mort du roi Abdallah en janvier 2015.

« La délégation a discuté de l’unité palestinienne et de la situation politique dans la région. Nous espérons que cette rencontre contribue à développer les relations entre le Hamas et l’Arabie saoudite », a déclaré une source du Hamas à Reuters vendredi.

La rencontre aurait également porté sur les liens entre le Hamas et le gouvernement égyptien depuis le renversement du président élu Mohamed Morsi par l’armée en juillet 2013, qui a eu un impact sur l’ouverture du passage de Rafah entre Gaza et l’Égypte.

« Les raisons de la visite de Mechaal à Riyad ont trait à la réconciliation palestinienne, à la médiation de l’Arabie saoudite et à son souhait de voir les relations avec Le Caire rétablies et le passage de Rafah rouvert, ainsi qu’à la coordination de l’après-accord sur le nucléaire iranien », a précisé à MEE un responsable du Hamas sous couvert d’anonymat.

Les médias iraniens « mentent »

La visite demeure toutefois enveloppée d’un voile de spéculations et d’affirmations non confirmées.

L’agence de presse semi-officielle iranienne Fars, citant le tweet d’un dissident saoudien, a affirmé que Riyad avait exigé que 700 combattants du Hamas prennent part à l’offensive saoudienne contre les milices houthies au Yémen.

L’information iranienne a été officiellement démentie par le Hamas, qui l’a traitée de « mensonge » ayant pour but de « semer le trouble sur l’issue de la visite réussie du Hamas en Arabie saoudite » et de « tentative d’inciter à la haine contre le mouvement », pouvait-on lire dans un communiqué du groupe palestinien daté du 19 juillet .

La visite du Hamas a été interprétée par le journal libanais pro-Hezbollah Al-Akhbar comme le signe d’une division croissante avec l’Iran.

La visite « a placé le [Hamas], directement ou indirectement, dans le groupe arabe qui est hostile à Téhéran, tout particulièrement en l’absence d’un communiqué de presse ou d’une déclaration publique de félicitations » concernant l’accord sur le nucléaire iranien, a observé le journal libanais.

Traduction de l’anglais (original).