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Un conflit immobilier à l’origine d’une campagne du Telegraph contre le Qatar ?

Une campagne du Telegraph contre le Qatar ayant duré deux mois a coïncidé avec une bataille immobilière entre les propriétaires du journal et Doha au sujet de trois hôtels
M. David Barclay (à gauche) et M. Frederick Barclay posant après avoir été faits chevaliers par la reine Elisabeth (AFP)

Quand le Telegraph a mené l’an dernier une campagne de deux mois accusant le Qatar de financer le terrorisme au Moyen-Orient, ses propriétaires étaient engagés dans une bataille féroce contre cet Etat du Golfe pour le contrôle de trois hôtels 5 étoiles à Londres, est en mesure de révéler Middle East Eye.

La série d’articles intitulée « Stop the Funding of Terror » (« Mettons fin au subventionnement de la terreur ») s’attaquait à Doha, qui a, dit-on, fourni un soutien matériel à al-Qaïda et à l’Etat islamique, entre autres groupes — des accusations auxquelles l’Etat du Golfe a régulièrement été confronté au cours des dernières années.

A la même période, les identiques et milliardaires jumeaux britanniques David et Frederick Barclay, qui ont acheté la compagnie Telegraph Media Group en 2004, étaient engagés dans une bataille de jet-setters pour le contrôle d’hôtels de luxe Mayfair : le Claridge’s, le Berkeley et le Connaught. Cette bataille s’est tenue dans des endroits très chic tout autour du monde, dont Los Angeles, Londres et Monte Carlo, et différentes personnalités y ont été impliquées, comme la rock-star irlandaise Bono, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, ou encore le flamboyant prince saoudien Al-Walid ben Talal.

L’adversaire des Barclay dans ce conflit hôtelier était l’aîné de la famille princière du Qatar, le Cheikh Hamad ben Jassem ben Jaber al-Thani, plus connu sous les initiales HBJ. Cette bataille de quatre ans a été finalement perdue par les frères Barclay, car, à la fin du mois d’avril dernier, une filiale du Qatar Investment Authority a finalisé l’achat de ces trois hôtels phares de Londres, lors d’un accord estimé à plus d’un milliard de livres sterling.

Trois sources non-qataries impliquées dans le conflit ont déclaré à Middle East Eye que la simultanéité de la campagne du Telegraph contre le Qatar et du conflit hôtelier n’était pas un hasard. Elles ont expliqué que la famille Barclay avait exercé une influence éditoriale au sein des journaux afin que le Qatar ait mauvaise presse, des accusations qui ont été démenties par le journal.

Une lutte acharnée pour le Maybourne Hotel Group

En 2004, l’homme d’affaires irlandais Derek Quinlan a rassemblé autour de lui plusieurs de ses compatriotes, ainsi que la famille milliardaire Green, du Royaume-Uni, pour établir une compagnie du nom de Coroin, qui signifie « couronne » en irlandais, et ainsi payer 950 millions d’euros en vue d’acquérir le Savoy Hotel Group (SHG). Les créateurs du spectacle Riverdance, Moya Doherty et John McColgan, ainsi que le courtier Kyran McLaughlin ont pris des participations minoritaires peu élevées, les Green ont pris le contrôle d’un quart de la compagnie, tandis que Derek Quinlan et le promoteur immobilier natif de Belfast Patrick McKillen se sont chacun octroyé un tiers des parts.

Au début de l’année 2005, le groupe SHG a vendu l’hôtel Savoy au prince al-Walid ben Talal pour une somme estimée à 250 millions de dollars, après que MM. Quinlan et McKillen (alors accompagnés pour une raison inconnue par le chanteur Bono, du groupe U2), ont eu une réunion avec le milliardaire saoudien sur son yacht dans le sud de la France. L’hôtel Savoy étant sorti de son portefeuille, la compagnie a pris le nom de Maybourne Hotel Group (MHG), avec ses biens désormais réduits au Claridge’s, au Berkeley et au Connaught.

En 2008, la crise financière mondiale a précipité MM. Quinlan et Mc Killen dans une crise de liquidités, causée par le montant extrêmement élevé de paquets financiers à effet de levier. Pour l’acquisition du MHG en 2004, les deux hommes avaient emprunté aux banques irlandaises quelque 1,2 milliard de dollars. Dans la période qui a suivi la crise, l’Irlande a mis en place la National Asset Management Agency (NAMA) pour prendre le contrôle des crédits immobiliers qui avaient été distribués par les banques irlandaises en plein effondrement, et l’agence avait l’œil sur les dettes conséquentes de MM. Quinlan et McKillen.

Les deux hommes se sont démenés, souvent en prenant des initiatives séparées, soit pour vendre le MHG, soit pour refinancer leurs crédits avant que la NAMA ne puisse mettre la main sur leurs dettes, et, par conséquent, prendre le contrôle des biens hôteliers de grande valeur.

La NAMA a saisi les dettes de Derek Quinlan à la fin 2009, et les tentatives de marchandage du bailleur de fonds pour éviter la faillite l’ont mené aux jumeaux Barclay, qui avaient auparavant fait état de leur intérêt pour les hôtels détenus par cet Irlandais. MM Frederick et David Barclay n’ont pas pu faire la simple acquisition de la part de M. Quinlan représentant un tiers du MHG, et ce à cause d’un accord de préemption trouvé dans les documents de la compagnie Coroin, qui stipulait que les actionnaires souhaitant revendre leurs parts devaient d’abord en faire l’offre interne au sein de la compagnie avant d’approcher d’éventuels acheteurs extérieurs.

Cependant, début 2011, les frères Barclay ont trouvé un moyen de contourner cette clause. Ils ont obtenu les 25 % de parts de la famille Green dans la société Coroin en faisant l’acquisition de la holding qui détenait ces parts, ce qui signifiait donc qu’une offre interne n’était pas nécessaire à leur cession. Ils ont également acheté les crédits de Derek Quinlan auprès de la NAMA, contre lesquels l’homme d’affaires irlandais avait mis en garantie ses parts du MHG : cet achat a permis aux deux frères de tenir M. Quinlan à leur merci.

Ceci a donné aux jumeaux Barclay le contrôle effectif de plus de deux tiers du groupe hôtelier, faisant de Patrick McKillen leur dernier obstacle à la possession de tout le groupe. Mais le promoteur immobilier de Belfast était parvenu à préserver ses dettes des griffes de la NAMA, et a obtenu puis conservé, grâce à la médiation de Tony Blair, le soutien d’un puissant bailleur de fonds qui pouvait rivaliser avec les frères Barclay.

L’entrée de l’hôtel 5 étoiles Mayfair Claridge’s (Flickr/jaimelondonboy)

Le Qatar repère une opportunité

En 2012, les frères se sont mis d’accord sur un pack de refinancement des crédits pour le MHG, qui nécessitait l’injection par les actionnaires d’environ 150 millions de livres en fonds propres dans la compagnie. Patrick McKillen ne disposant pas des fonds nécessaires pour participer à hauteur de sa part évaluée à 50 millions de livres, la famille Barclay a conclu qu’elle avait enfin trouvé le moyen de prendre le contrôle de la compagnie.

Cependant, l’ancien Premier ministre qatari HBJ, qui était intéressé de longue date par le rachat du MHG, a apporté son soutien financier à Patrick McKillen. Du jour au lendemain, les Qataris ont déboursé un prêt pour les 50 millions de livres — selon les sources impliquées dans le contrat, ils ont fait cela car ils voyaient en M. McKillen un moyen d’obtenir à terme le contrôle du MHG.

Les sources non-qataries, qui ont tenu à parler sous l’anonymat, ont déclaré à Middle East Eye que le renflouement de M. McKillen par les Qataris a apparemment fait enrager les frères Barclay.

« Le prêt a fâché les deux frères, qui avaient l’air persuadés que la victoire était proche », dit une source.

Le prêt d’urgence des Qataris à Patrick McKillen était une solution à court terme : M. McKillen disposait toujours d’un crédit de 800 millions d’euros auprès de la banque anglo-irlandaise, qu’il cherchait à garder hors d’atteinte de la NAMA, mais qui était dans le viseur des frères Barclay.

Cependant, en mars 2014, Patrick McKillen a annoncé que la compagnie d’investissement américaine Colony Capital, qui avait vendu ses hôtels à Derek Quinlan en 2004, avait accepté de racheter son crédit de 800 millions d’euros, ce qui le mettait en sécurité pendant qu’il affrontait les frères Barclay.

Colony Capital, le Qatar et le bulletin d’information Sark

Environ six mois après le marché passé avec Colony Capital, un bulletin d’information, lié à la famille Barclay par son rédacteur en chef et basé sur l’île anglo-normande de Sark, a commencé à publier des articles selon lesquels Patrick McKillen était financé par le Qatari HBJ par l’intermédiaire des investissements américains.

Le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Cheikh Hamad ben Jassem al-Thani lors d’une réunion d’urgence du Conseil de la Ligue arabe (AFP)

Sark est minuscule, et compte environ 600 habitants. Sa juridiction s’étend sur l’île voisine de Brecqhou, qui appartient aux Barclay et qui abrite leur gigantesque château simili-gothique. Les frères sont engagés depuis plusieurs années dans une bataille visant à exercer leur l’influence sur Sark afin de faire retirer sa juridiction sur Brecqhou, entre autres questions.

La Sark Newsletter est une publication papier au format A4, rédigée et publiée par Kevin Delaney, qui était jusque récemment à la tête des intérêts commerciaux des frères Barclay sur l’île.

Ce bulletin d’information contient presque exclusivement des propos qui attaquent le parlement de Sark ; cependant, en septembre et octobre de l’année dernière, il a commencé à publier des articles sur le Qatar.

Une édition de ce bulletin a affirmé que le Qatari HBJ finançait M. McKillen.

« Patrick McKillen est […] financé par le Cheikh Hamad ben Jassem al-Thani, de par son investissement dans la compagnie Colony Capital détenue par Tom Barrack, qui a racheté aux banques irlandaises les dettes de Patrick McKillen s’élevant à 800 millions d’euros », a rapporté le bulletin d’information.

Plus loin dans le même article, Kevin Delany écrit que le Qatar a « fait usage de sa fortune non pas pour l’amélioration du genre humain, mais pour faire le mal ».

L’édition du 24 octobre 2014 de la Sark Newsletter (sarknewspaper.com)

Les frères Barclay ont déclaré qu’ils n’avaient aucun lien avec le bulletin d’information. Son rédacteur en chef, Kevin Delaney, n’a pas répondu à nos nombreuses tentatives de le contacter par courriel et par téléphone.

Selon les rumeurs, le Qatar était impliqué dans l’accord de la Colony Capital à cause d’investissements conjoints qu’a faits Doha avec la compagnie américaine, qui incluent la propriété de la compagnie cinématographique Miramax et les hôtels Fairmont Raffles.

Patrick McKillen a réfuté publiquement l’implication qatarie dans l’accord, mais des sources proches de l’Irlandais, qui le connaissent sous le nom de « Paddy », ont confirmé que Doha avait toujours été impliqué pour le soutenir dans le cadre du conflit hôtelier.

« Les Qataris sont des soutiens et des amis de Paddy depuis de nombreuses années », dit la source non-qatarie, qui demande à conserver l’anonymat en raison du caractère sensible de cette affaire. Le lien entre Colony Capital et le Qatar, qui va peut-être plus loin que leurs investissements conjoints, reste un mystère.

Mais il se trouve que c’est l’intervention du Qatar, au travers de son prêt de 50 millions de livres en association au soutien de Colony Capital, qui a décidé du nom du futur propriétaire du MHG, car en rachetant les dettes contractées par Patrick McKillen auprès de l’Irish Bank Resolution Corporation, une organisation mise en place pour fusionner deux banques irlandaises appartenant à l’Etat, la compagnie américaine avait mis l’Irlandais à l’abri de la pression financière exercée par la famille Barclay.

Patrick McKillen à la sortie du tribunal à Londres (Irish Independent)

La campagne « Stop the funding of terror »

A l’époque où les articles anti-Qatar ont été publiés par la Sark Newsletter, une campagne était menée par les journaux du Telegraph, qui s’attaquait à l’implication supposée de l’Etat du Golfe dans le soutien à des groupes terroristes dans tout le Moyen-Orient.

Entre le 20 septembre et le 16 novembre, le Telegraph a publié 34 articles dont 8 articles de une et 4 éditoriaux, qui contenaient tous de vastes accusations selon lesquelles le Qatar serait intimement lié au financement de groupes terroristes, notamment l’Etat islamique.

Les articles décrivaient l’Etat du Golfe comme un « Club Med pour terroristes », affirmaient que les clients du grand magasin Harrods de Londres, appartenant au Qatar, « investissent dans la terreur », et comprenaient des appels pour que le Royaume-Uni « rompe les liens commerciaux » avec Doha au nom de liens supposés avec le groupe Etat islamique.

La campagne a coïncidé avec une visite d’Etat de l’Emir qatari Cheikh Tamim ben Hamad ben Khalifa al-Thani au Royaume-Uni, et l’objectif de ces articles, a déclaré le Telegraph, était de faire pression sur le Premier ministre britannique David Cameron afin qu’il agisse contre ce supposé militantisme financier au Moyen-Orient.

Le Qatar est régulièrement accusé de financer des groupes perçus comme terroristes en Occident – des accusations que l’Etat du Golfe réfute, et des affirmations qui ont débouché sur des procès en diffamation en France.

Tandis que les accusations du Telegraph contre le Qatar ont été reprises de manière répandue dans de nombreux autres journaux, sa campagne « Stop the funding of terror » a attiré l’attention du magazine satirique et d’actualité britannique Private Eye.

Le Private Eye a affirmé que la campagne n’était pas une manœuvre journalistique bénigne, mais bien le résultat d’une influence éditoriale directe émanant des hautes sphères du Telegraph Media Group (TMG).

Une source impliquée dans la bataille pour le MHG, qui a un penchant naturel contre la famille Barclay, a déclaré qu’elle avait appris, lors de conversations privées avec un employé du Telegraph, que le président du groupe TMG Aidan Barclay, fils de Sir David, était la personne qui avait supervisé la campagne contre le Qatar.

« L’influence sur le groupe TMG émane directement d’Aidan », précise la source non-qatarie, qui a demandé à conserver l’anonymat en raison du caractère sensible de l’affaire.

Un ancien employé du Telegraph, qui a préféré garder l’anonymat, a déclaré à Middle East Eye que, bien qu’il s’agisse de « personnes bien plus haut placées que [lui] » au journal, ils voulaient bien croire « [qu’il] pourrait tout à fait y avoir une supervision » des articles liés au Qatar.

Parallèlement à cela, en février dernier, le commentateur politique en chef du journal, Peter Oborne, a démissionné à cause d’accusations selon lesquelles les annonceurs du groupe TMG recevraient un traitement de faveur en matière de citations dans le journal. A la suite de la démission d’Oborne, plus d’une douzaine de journalistes du Telegraph, anciens ou actuels, ont dit à la BBC qu’ils avaient le sentiment qu’on les dissuadait d’écrire des articles négatifs à l’égard des annonceurs du groupe TMG et de ses partenaires commerciaux.

Aidan Barclay et la conclusion de la bataille pour le groupe MHG

Middle East Eye n’a pas pu vérifier de manière indépendante les accusations portées contre Aidan Barclay, qui n’a pas donné de réponse directe à nos sollicitations de commentaires sur cette affaire.

Un porte-parole du Telegraph a déclaré à Middle East Eye que toutes les questions liées au Qatar et au conflit hôtelier étaient gérées par Brown Lloyd James, une entreprise de relations publiques qui détient un contrat avec les journaux du Telegraph (et qui, accessoirement, détient également un contrat avec le gouvernement du Qatar).

Brown Lloyd James a fait parvenir une déclaration à Middle East Eye en réponse aux questions sur l’influence éditoriale des propriétaires au sujet de la campagne contre le Qatar.

« Toutes les décisions concernant les contenus éditoriaux sont prises par les rédacteurs », précise cette déclaration. « C’est le rédacteur en chef qui a le dernier mot. »

Aidan Barclay avait expliqué auparavant qu’il travaille toujours « en maintenant une distance respectable » quand il s’agit de gérer ses journaux.

« Je crois que les gens devraient avoir le droit de faire leur travail aussi correctement que possible, c’est pourquoi j’ai tendance à ne pas microgérer au jour le jour »,a-t-il déclaré lors de l’enquête Leveson 2011-2012, qui s’intéressait à l’éthique et aux pratiques des médias britanniques.

Aidan Barclay a affirmé terminer toutes ses conversations avec ses rédacteurs par ces mots : « Ecoutez, ça vous regarde. C’est votre travail, c’est vous le rédacteur. Faites ce qui vous semblera le mieux ».

Aidan Barclay (à gauche), président du groupe Telegraph, quittant la Haute Cour après avoir témoigné lors de l’enquête Leveson (AFP)

Dans ses commentaires sur la campagne du Telegraph contre le Qatar, le Private Eye a fait référence à l’apparition du nom d’Aidan Barclay dans l’enquête Leveson, déclarant que le propriétaire de journaux avait juré sous serment qu’il ne se mêlait pas de questions éditoriales. Le magazine en a donc conclu que le fait que la campagne ait lieu au même moment que le conflit hôtelier n’était « manifestement rien de plus qu’une heureuse coïncidence ».

Aidan Barclay a une mission d’envergure au service des intérêts commerciaux de la famille. En plus d’être président du groupe TMG, il est aussi à la tête de la compagnie Ellerman Investments, que possède la famille Barclay. Il a également joué un rôle déterminant dans d’autres accords passés au nom de la famille, notamment dans le cadre de la bataille pour le contrôle du MHG.

Selon un verdict rendu en août 2012 par le juge David Richards en conclusion à une affaire opposant Patrick McKillen et les Barclays, Aidan a supervisé l’achat des 25 % de parts de la famille Green dans le groupe MHG en 2011.

Le jugement contient également la mention d’un message texte envoyé par Gerry Murphy, un associé de Derek Quinlan, qui vante les mérites de ce qu’il croit être le bénéfice qu’on retire d’avoir des relations d’affaires avec la famille Barclay.

Le message avait été envoyé par M. Murphy à M. McKillen au début de l’année 2011, après que Quinlan avait décidé de suivre une offre de la famille Barclay au sujet de MHG, plutôt que de se ranger du côté des Qataris.

« Ne pète pas un câble en apprenant ça. Parle-moi. Ça pourrait permettre un compromis. Tu auras tout le pouvoir du Telegraph de ton côté. »

La série d’articles du Telegraph sur le financement du terrorisme a pris fin le 16 novembre de l’année dernière, sans aucune explication précisant si la campagne était terminée ou si elle ferait un retour prochain.

Depuis lors, la bataille pour les trois hôtels 5 étoiles de Londres a trouvé une issue. Fin avril cette année, il a été annoncé de manière inattendue que les hôtels Constellation, qui font partie de Qatar Holding, la filiale d’investissement de la Qatar Investment Authority, avaient acquis deux tiers de la propriété des hôtels de la part des frères Barclay et de Derek Quinlan.

Peu après cette annonce, plusieurs sources ont rapporté que Patrick McKillen avait lui aussi vendu ses parts, laissant les Qataris propriétaires de MHG à 100 %.

M. McKillen conserve, comme stipulé dans l’accord à long terme passé avec les Qataris, un rôle dans la gestion des hôtels.

Il a déclaré à MEE être ravi de cet accord.

« C’est le début d’une nouvelle ère, et nous concentrons notre attention sur nos clients, notre personnel, et sur la réalisation des merveilleux projets que nous avons pour les hôtels », a-t-il annoncé à MEE par courriel.

« Ceci [le rachat par le Qatar] fait partie d’un accord encore plus grand, qui m’offre de nouvelles opportunités considérables », a-t-il ajouté, sans ajouter d’autres détails.

Selon les sources de MEE, la décision des Barclay de vendre leurs parts en avril est intervenue après qu’ils aient « finalement réalisé qu’ils ne pourraient pas gagner ».

Toutefois, un porte-parole des frères Barclay a déclaré que l’investissement hôtelier avait été très avantageux pour la famille.

« L’entreprise a eu de bons résultats durant les quatre années de notre implication, et ceci a été pour nous un investissement couronné de succès », a dit Richard Faber dans une déclaration lorsque la vente a été conclue.

« Nous sommes ravis d’avoir conclu cette transaction. »

Traduction de l’anglais (original) par Mathieu Vigouroux.