Aller au contenu principal

Un journaliste saoudien demande que l’appel à la prière ne soit plus diffusé par haut-parleur

Mohamed al-Suhaimi a suscité l’indignation après avoir affirmé que les appels à la prière diffusés par haut-parleur semaient la panique dans le royaume
Des fidèles musulmans prient autour de la Kaaba dans la Grande Mosquée de la Mecque (AFP)

Un journaliste saoudien a été convoqué lundi pour interrogatoire par le ministère saoudien de la Culture et de l’Information après avoir suscité l’indignation en déclarant qu’il fallait cesser d’utiliser les haut-parleurs des mosquées pour l’appel à la prière (adhan) et qu'il était nécessaire de réduire le nombre de mosquées dans le royaume. Mohamed al-Suhaimi, journaliste au quotidien saoudien al-Watan, a affirmé dans une interview pour MBC que le pays disposait d’un trop grand nombre de mosquées et que cela causait plus de mal que de bien.

Les utilisateurs des réseaux sociaux ont été prompts à réagir à ses commentaires.

Traduction : « Comment l’appel à la prière peut-il effrayer un enfant quand l’adhan récité à un nouveau-né est une sunna. L’enfant s’y est habitué et a grandi en l’entendant cinq fois par jour, et par Dieu, on ne se sent calme qu’en entendant l’adhan. »

Traduction : « Ce qui est fou à ce sujet est qu’il n’y a pas d’appels ou de statistiques sur les appels à mettre fin à l’adhan. Avec ses commentaires étranges, Sumaihi parle donc seulement pour lui… »

Traduction : « Je suis un Suhaimi et je le dis très clairement, nous n’avons rien à voir avec ce qu’a prononcé cette créature »

Selon Mohamed al-Suhaimi, « le son dérange les fidèles, dérange les enfants, il y a un adhan par-ci, un autre par-là, c’est effrayant et cela sème la panique dans le pays. »

Mohamed al-Suhaimi parle sur MBC des mosquées en Arabie saoudite (capture d’écran/Twitter)

L’appel à la prière et les sermons sont souvent diffusés par les haut-parleurs des mosquées à travers le monde musulman.

Le journaliste a ajouté que l’utilisation des haut-parleurs était un phénomène encouragé par les Sahwis, un mouvement qui prône une réforme politique pacifique et qui a par le passé fait l’objet de la répression des autorités saoudiennes.

En octobre, le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a identifié le mouvement comme la source de tous les maux et un grand nombre des responsables religieux qui y sont affiliés ont été victimes de la vaste purge qu’il a orchestrée à l’automne 2017.

À LIRE : Des musulmanes dénoncent les agressions sexuelles à la Mecque

Suhaimi a également appelé à réduire le nombre de mosquées dans le royaume, ce qui, selon lui, conduirait à un plus grand nombre de fidèles dans chaque mosquée.

Il est courant en Arabie saoudite que les magasins ferment pendant les heures de prière et une grande importance est accordée aux prières de groupe.

Certains pays musulmans, à l’instar de l’Égypte en 2010, ont unifié les adhan sur leur territoire afin d’éviter les divergences dans l’heure des appels à la prière de chaque mosquée et le chevauchement des différents appels sonores qui en découle.

Traduit de l’anglais (original).