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Une rescapée yézidie de l'EI, lauréate d'un prix des droits de l’homme, appelle à l'action

Nadia Murad, 23 ans, qui vient de remporter un prix au Conseil de l’Europe, appelle la communauté internationale à faire quelque chose pour arrêter le « génocide » contre les Yézidis
Nadia Murad en train de témoigner devant le Sénat américain en juin (AFP)

Le Conseil de l’Europe a décerné ce lundi son prestigieux prix des droits de l’homme Vaclav Havel à la militante irakienne yézidié Nadia Murad, ex-esclave sexuelle du groupe État islamique (EI) devenue le visage d’une campagne pour protéger le peuple yézidi.

La récompense, qui honore une action exceptionnelle de la société civile dans la défense des droits de l’homme, est dotée de 60 000 euros.

La jeune femme mince à la voix douce avait été enlevée par l’EI à son domicile dans le village de Kocho, près de la ville de Sinjar au nord de l’Irak, en août 2014, et emmenée à Mossoul.

Une des premières choses que l’EI l’a forcée à faire a été de renier sa foi yézidie, religion ancestrale à laquelle adhère plus d’un demi-million de personnes vivant dans la zone du Kurdistan irakien, à la frontière avec la Syrie.

Nadia Murad, 23 ans, a raconté que pendant sa captivité, elle avait été torturée et violée pendant trois mois jusqu’à ce qu’elle parvienne à s’échapper et à fuir en Allemagne.

Depuis, elle s’est engagée pour les droits de l’homme, portant la cause de la communauté yézidie – en parlant en particulier de l’esclavage sexuel et du trafic de femmes et d’enfants capturés par l’EI – à l’attention de la communauté internationale.

Créé en 2013, le prix Vaclav Havel a été institué en hommage à l’ex-président tchèque et dramaturge, icône internationale grâce à ses écrits et à son opposition au totalitarisme.

Nadia Murad, dans son discours de remerciement à Strasbourg, a appelé à la création d’une cour internationale pour juger les crimes commis par les combattants de l’EI.

Traduction : « Honorée d'être la lauréate du prix Vaclav Havel 2016. Je dédie cette reconnaissance à 3400 femmes et enfants yézidis prisonniers et victimes de la terreur »

Elle a rappelé la cause de plus de 12 000 Yézidis victimes de la persécution de l’EI, en la qualifiant de « génocide ».

« Le monde libre ne réagit pas », a regretté Nadia Murad, dont dix-huit des membres de sa famille ont été tués ou réduits à l’esclavage par l’EI.

Le prix Vaclav Havel est remis par l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.

Les deux autres candidats finalistes cette année étaient la journaliste Gordana Igric, militante active des droits de l’homme et de la liberté des médias, et l’institut international pour les droits de l’homme la Fondation René Cassin, qui travaille depuis 1969 pour promouvoir les droits humains et la paix.

Nadia Murad a été nommée le mois dernier Ambassadeur de bonne volonté de l’Office des Nations unies pour la dignité des survivants de la traite des êtres humains.

Traduit de l’anglais (original).