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Vingt Irakiens morts dans un centre de détention pour les déplacés internes de Falloujah

Plus de 15 000 hommes ont été séparés de leurs familles et placés en détention pour des contrôles de sécurité, affirment des dirigeants locaux
Des déplacés internes de Falloujah se reposent à l’ombre dans un camp de fortune à une trentaine de kilomètres de la ville (AFP)
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Vingt personnes qui ont fui Falloujah (Irak) ont perdu la vie dans un camp de fortune de masse pour personnes déplacées, ont affirmé ce jeudi des dirigeants locaux, alors que les craintes grandissent au sujet d’une catastrophe humanitaire pour les habitants de la ville.

Le conseil de la province d’Anbar, dont Falloujah est la deuxième plus grande ville, a déclaré ce jeudi que 15 000 personnes qui ont fui Falloujah sont détenues dans un camp de fortune à une trentaine de kilomètres au sud de la ville pour que les autorités effectuent des contrôles.

Des sources médicales à Amiriyat al-Falloujah ont indiqué à Al Jazeera que la plupart des détenus qui sont morts étaient des personnes âgées et souffraient de problèmes de santé chroniques tels que le diabète, qui se sont détériorés en raison d’un manque de protection contre le soleil brûlant.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont fui Falloujah lors d’un assaut mené par l’armée irakienne pour reprendre le contrôle de la ville au groupe État islamique, qui s’en sert comme d’une plaque tournante depuis 2014.

La plupart des déplacés internes ont fui vers Amiriyat al-Falloujah, une petite ville située à 30 kilomètres au sud de Falloujah.

Le chef du conseil d’Amiriyat, Shakir al-Isawi, a déclaré mercredi que 27 000 personnes vivent désormais dans dix camps de déplacés internes à l’intérieur et autour de la ville.

Un camp en particulier a été décrit comme un « centre de détention » par des membres du Parlement irakien qui ont exigé que les autorités accélèrent leurs enquêtes pour permettre aux gens de transiter plus rapidement.

Bakarat Isawi, membre du conseil d’Anbar spécialiste des questions de sécurité, a indiqué ce jeudi au site d’actualités locales al-Mada que des hommes et des jeunes hommes ayant fui Falloujah avaient été séparés de leurs familles « afin qu’une enquête soit menée sur leur nom ».

« Il y a un retard dans leur libération en raison d’un manque d’employés pour procéder aux investigations », a-t-il expliqué.

Les autorités craignent que certains de ceux qui fuient Falloujah ne soient eux-mêmes membres de l’État islamique. La semaine dernière, ces dernières ont annoncé avoir arrêté plus de 500 militants présumés qui fuyaient la ville en se mélangeant aux civils.

Des responsables irakiens ont également averti que certains des habitants de la ville ont pu subir un « lavage de cerveau » par l’État islamique après avoir vécu plusieurs années sous la domination du groupe.

La campagne militaire de l’armée à Falloujah a commencé il y a près d’un mois et les organisations humanitaires ont mis en garde contre une catastrophe imminente si des dispositions n’étaient pas prises pour les déplacés internes.

Le Conseil norvégien pour les réfugiés, qui gère des camps pour personnes déplacées autour de Falloujah, a averti cette semaine qu’il ne pouvait plus fournir l’assistance nécessaire, les réserves d’eau étant utilisées trop rapidement.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.