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Élections municipales en Tunisie : Ennahdha donné en tête

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Élections municipales en Tunisie : Ennahdha donné en tête
Selon un premier sondage, le parti islamiste Ennahdha arriverait en tête avec 25 % des voix. Mais la participation, de 33,7 %, fait de ces premières élections municipales libres un revers pour la classe politique

Live Updates

Dérapages de campagne
1 year ago

par Lilia Blaise à Tunis

La chaîne Nessma TV, qui appartient à Nabil Karoui (en photo) a payé plus de 3 000 euros d'amende pour avoir diffusé un spot pour le parti Nidaa Tounes pendant la campagne (Facebook)

Pendant la campagne électorale, 420 infractions ont été commises, notamment lors de l’affichage des listes, selon l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE). Les associations qui ont déployé des réseaux d’observateurs, comme à chaque élection, l’Association tunisienne pour l’intégrité et la démocratie des élections (ATIDE) et Mourakiboun, ont aussi relevé plusieurs incidents

L’organisation I-Watch a par exemple dénoncé l’utilisation des enfants par les partis lors de la campagne électorale – des photos ont circulé montrant des enfants en train de lever des drapeaux ou de distribuer des tracts. Dans les faits, du Parti destourien libre (héritier de l’ancien parti de Ben Ali, le RCD) au parti Ennahdha, les enfants ont participé à la campagne, en arpentant les rues ou les souks avec les militants ou en faisant du porte-à-porte. Le code électoral, dans sa forme actuelle, ne prévoit pas de modalités sur l’emploi des enfants pendant la campagne électorale. 

Autre mauvais élève de la campagne : le parti Nidaa Tounes, qui fait campagne avec le soutien de… Youssef Chahed. Alors que le code électoral impose une neutralité de l’administration dans ces élections, l’actuel Premier ministre a en effet accompagné des candidats dimanche 22 avril pendant leur campagne.

Le 10 avril, la chaîne Nessma TV, qui a diffusé un spot de la campagne du parti progressiste Nidaa Tounes sur son site électronique et sur sa page Facebook, a été rappelée à l’ordre par la Haute autorité indépendante pour la communication audiovisuelle (HAICA). Dix mille dinars d’amende (3 300 euros) et quelques réprimandes plus tard, la chaîne ne couvre plus du tout les élections. Ce n’est pas la première fois que la chaîne écope d’une amende de la HAICA pour ses « dérapages » politiques. Le patron de la chaîne, Nabil Karoui, était lui-même un membre actif du parti Nidaa Tounes jusqu’à 2017.

Depuis cette affaire, les médias privé scouvrent peu la campagne électorale dont les conditions de couverture médiatique ont été établies par la HAICA dans un soucis de neutralité et d’équité du temps de parole. Un candidat du parti Machrou Tounes a par exemple cédé son temps de parole à la télévision nationale. Il a fait l’objet d’une vidéo humoristique sur internet. 

À la mi-journée, un taux de participation « dramatiquement bas »
1 year ago

L’instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) a indiqué, lors d’un point de presse à la mi-journée, que le taux de participation ne dépassait par les 10 %.

Le taux de participation à 10 h ne dépassait pas les 4,5 %. Les observateurs ont prévenu que le scrutin serait marqué par une forte abstention. De nombreux Tunisiens se disent démobilisés face à l'inflation, au chômage persistant, et aux arrangements entre partis qui ont entravé le débat démocratique dans le pays.

Selon l’enquête menée par Avocats sans frontières et I-Watch, seuls 30 % des jeunes dans le sud de la Tunisie disent encore avoir confiance dans les partis politiques ou dans les institutions. Et selon le dernier sondage réalisé par le quotidien arabophone le Maghreb en janvier, plus de 60 % des Tunisiens s’abstiendraient de voter

Dimanche 29 avril, le premier vote, pour la première fois dans l'histoire de la Tunisie, des policiers et des militaires, avait été marqué par un taux de participation de 12 %. Quelques jours avant le scrutin, des syndicats de police avaient appelé au boycott de ces élections, notamment en raison de l’article 52 du code électoral qui empêche le corps sécuritaire de prendre part à des réunions partisanes ou à la campagne électorale. 

Traduction : « Des électeurs font à la queue devant un bureau de vote en #Tunisie »

Youssed Chahed : « Il faut un vote massif »
1 year ago

Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a voté dans le bureau de vote de l’école primaire Abderrahmane ben Mami, avenue Habib Bourguiba à la Marsa (Tunis). « J’appelle tous les Tunisiens à aller voter », a-t-il déclaré. « Ne laissez personne décider de votre avenir à votre place. Il faut un vote massif ».

Le financement des municipalités : une clé de ce scrutin
1 year ago

par Mathieu Galtier à Tunis

De jeunes Tunisiens jouent au football à Ettadhamen, une région pauvre du Grand Tunis (AFP)

Un des aspects importants de cette élection concerne le financement des municipalités. Elles bénéficieront désormais de quatre sources de financement. 

-L'État, par une redistribution d'une partie des impôts, participera au budget des communes. Le montant de ces versements sera inscrit dans la loi de finance. 

-Le Code des collectivités locales oblige ensuite le ministère des Finances à reverser la moitié des taxes locatives aux municipalités. 

-Ces dernières pourront par ailleurs se constituer des ressources propres, comme stipulé dans la Constitution, en instituant des redevances, impôts locaux (collecte des ordures, etc.). 

-Comme aujourd'hui, les villes pourront enfin souscrire des prêts, pour des investissements et non au titre du budget de fonctionnement, auprès de la Caisse des prêts et de soutiens aux collectivités locales (CPSCL).

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Sur les 350 communes du pays, les 86 nouvellement formées et les 189 qui ont été agrandies bénéficieront d'un fonds de péréquation pour rattraper leur retard. Ce fonds est financé par l'État et des bailleurs de fonds (Commission européenne, État italien et la banque de développement allemande). 

Pour les cinq ans à venir, le montant s'élève à 855 millions de dinars (287 millions d'euros). Ce fonds sera aussi utilisé par les régions et les districts, une fois ces collectivités territoriales mises en place. À l'heure actuelle, le ministre Riadh el-Moukhar estime que 4 % du budget de l'État, qui est de 36 milliards de dinars (12 milliards d'euros), est alloué aux collectivités territoriales. Il espère que ce pourcentage atteindra au moins 10 % d'ici neuf ans, à la fin de la première des trois phases de la décentralisation qui est prévue pour durer 27 ans.

Rached Ghannouchi : « Un grand jour pour la démocratie islamique en Tunisie »
1 year ago

Le chef d'Ennahdha, Rached Ghannouchi, a estimé en allant voter qu'il s'agissait d'un « grand jour pour la démocratie islamique en Tunisie ». « On espère que les jeunes Tunisiens et Tunisiennes iront voter », a-t-il déclaré à la presse, tout en reconnaissant : « Nous n'avons pas les clés du progrès ».

AQMI appelle les Tunisiens à boycotter les municipales
1 year ago

La katiba (phalange) Okba Ibn Nafaâ, proche d'al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), a appelé, le 4 mai, les Tunisiens à boycotter les municipales dans un communiqué intitulé « Le mirage des élections ». Le groupe islamiste armé actif dans les zones du sud et à la frontière avec l’Algérie a commencé sa diatribe en décrivant le climat d’une campagne électorale « où règne la méfiance face aux promesses des candidats et les doutes quant à la capacité de ces élections d’élire des conseils municipaux répondant aux espérances du peuple ». 

Ces élections, selon ce communiqué publié sur le web par l’agence de propagande al-Andalus, ne sont « qu’un anesthésiant qui revient chaque deux ou trois ans pour éloigner le peuple musulman de Tunisie des causes principales et de la spoliation de ses ressources ». 

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« La crise politique et économique n’est que le résultat de tous ces partis présents sur la scène politique qui ne sont que les pions des ambassades américaine, française, émiratie et autres, en plus de l’ingérence du FMI dans l’économie du pays », poursuivent les auteurs de cet appel, qui concluent : « C’est pour cela que nous prévenons les Tunisiens qu’il ne faut pas adhérer à ces élections et les appelons à les boycotter, et à ne pas voter ni pour les réformateurs, ni pour les corrupteurs, car les conseils municipaux ne sont que le prolongement d’un gouvernement agent de l’étranger et illégitime. Voter est une manière d’encourager les lois apostâtes ».