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Emmanuel Macron élu président avec 66,06 % des voix

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Emmanuel Macron élu président avec 66,06 % des voix
Avec 66,06 % des voix (estimations), Emmanuel Macron devient ce dimanche 7 mai le plus jeune président de la République française. Sa rivale Marine Le Pen obtient 33,94 % des suffrages

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Le résultat des votes en Afrique du Nord
1 year ago

Emmanuel Macron élu président avec 66,06 % des voix - update 8th May 2017
1 year ago

La victoire d’Emmanuel Macron vue par les médias arabophones

par Adlène Meddi à Alger

Unes de journaux arabes au lendemain de l'élection d'Emmanuel Macron (MEE)

« Macron, le rebelle qui voulait être roi », titre le grand quotidien libéral libanais Annahar qui se contente d’un portrait du président élu et de Brigitte, sa femme, « les yeux et les oreilles » d’Emmanuel.

Comme fatiguée des crises électorales successives au Liban, l’éditorialiste du journal, Nayla Touéni, met en exergue la pratique démocratique française : « Plus important que les résultats est ce que nous voyons comme une scène démocratique et civilisée, avec des élections organisées à leurs termes, la publication des résultats sans polémiques et les félicitations du candidat perdant adressées à l’élu ».

Le site internet de l’hebdomadaire égyptien El Youm Assabie insiste, dans sa couverture de l’élection française, sur les déclarations du président élu concernant la lutte contre le terrorisme et la place de la France dans l’Europe. « Le président français a affirmé, dans son discours de victoire, que son pays poursuivra la guerre contre le terrorisme sur le territoire français et à l’extérieur jusqu’à sa défaite complète », écrit le journaliste Abdelwahab Aljoundi.

Le portail d’information égyptien Shahed Now ramène l’élection de Macron à la politique syrienne du nouveau président : « Tout en qualifiant Bachar al-Assad de ‘’dictateur sanguinaire’’, Macron a appelé [durant sa campagne] à mener une politique équilibrée et indépendante permettant d’ouvrir le dialogue avec toutes les parties, l’opposition et le gouvernement syrien ».

La presse syrienne officielle s’est contentée quant à elle de reprendre les dépêches de la tout aussi officielle agence Sana, qui annonce l’élection d’Emmanuel Macron en insistant sur ses déclarations sur la « guerre contre le terrorisme ».

« Les résultats inquiètent les Français »

Du côté des monarchies du Golfe, AlkhaleejOnline résume les lettres de félicitations des princes et rois arabes au jeune et « modéré » président : « Un président libéral et qui appelle au respect de l’islam et des musulmans », souligne le grand média web.  

Pour sa part, le Huffpost version arabe résume l’issue de cette présidentielle inédite : « L’Europe a évité le cauchemar ». Et d’expliquer que « la victoire du candidat centriste a satisfait le vieux continent, mais les résultats inquiètent les Français », en référence au score du Front national, le plus important de son histoire, et des niveaux historiques d’abstention et de bulletins invalides. 

À Alger, les journaux arabophones consacrent un large espace à la victoire du 8e président français. El Khabar titre en une : « Macron écrase Le Pen ».

« L’élection de Macron signifie que les relations entre l’Algérie et la France se poursuivront comme sous Hollande, avec apaisement et coopération », juge un ancien ministre dans les colonnes de ce journal. Seul candidat à avoir visité Alger, Macron avait déclaré à la fin de son séjour que la colonisation française était un « crime contre l’humanité ».

Le journal conservateur Echourrouk le rappelle, citant un politologue : « La criminalisation du colonialisme, la ‘’bombe’’ la plus dangereuse dans les valises de Macron ». « Macron pourrait présenter ses excuses à l’Algérie pour la colonisation, mais il devra se positionner en force du côté de l’Algérie et des pays du Maghreb », nuance-t-il.     

Emmanuel Macron : « Nous ne cèderons rien à la peur, nous ne cèderons rien à la division »
1 year ago

Les supporters d'Emmanuel Macron fêtent la victoire de leur candidat, dimanche, à Paris (AFP)

Les Français ont choisi ce dimanche leur président : Emmanuel Macron a été élu avec 66,06 % des voix, Marine Le Pen remportant 33,94 % des suffrages, selon les résultats presque définitifs du ministère de l'Intérieur lundi matin.

La participation est en forte baisse, au terme d'une campagne électorale tendue entre Emmanuel Macron, un jeune centriste pro-européen inconnu il y a encore peu, et la patronne de l'extrême droite Marine Le Pen. En fin d'après-midi, la participation au scrutin atteignait 65,30 %, un chiffre en forte baisse tant par rapport au taux à la même heure du premier tour le 23 avril (69,42 %), que par rapport à celui au second tour de la précédente élection présidentielle de 2012 (71,96 %).

« Nous ne cèderons rien à la peur, nous ne cèderons rien à la division », a lancé dimanche soir le jeune centriste pro-européen Emmanuel Macron devant des milliers de ses partisans réunis à Paris pour célébrer sa victoire à la présidentielle française. « Ce soir l'Europe, c'est le monde qui nous regardent, ils attendent que nous défendions partout l'esprit des Lumières », a-t-il dit avant que son épouse, Brigitte, émue aux larmes, le rejoigne sur la tribune installée dans la cour du Louvre, sous les ovations de la foule.

Arrivé en tête au premier tour, Emmanuel Macron, 39 ans, ancien banquier d'affaires et ex-ministre de l'Économie du président sortant François Hollande, était donné largement favori par les sondages qui le créditaient dans la journée de 61,5 à 63 % des voix, contre 37 à 38,5 % pour sa rivale Marine Le Pen, 48 ans.

Sommet de l'OTAN le 25 mai à Bruxelles, suivi du G7 en Italie, sommet européen mensuel en juin et G20 en juillet en Allemagne : l'international s'imposera dès l'investiture du nouveau président.

Emmanuel Macron bénéficie déjà d'un capital sympathie important parmi les dirigeants de l'Union européenne, soulagés de l'élimination de la dirigeante d'extrême droite europhobe Marine Le Pen, et satisfaits de l'arrivée d'un pro-européen convaincu au moment où s'engagent de très difficiles négociations sur le Brexit.

Emmanuel Macron a déjà promis que la lutte contre le terrorisme constituerait une des priorités de son action, et s'est dit déterminé à avoir une « collaboration forte » avec Washington, en dépit de l'imprévisibilité du président Donald Trump.

Traduction : « Félicitations à Emmanuel Macron pour son jour de grande victoire en tant que prochain président de la France. Je suis très impatient de travailler avec lui ! »

L'entre-deux-tours a été marqué par des ralliements de tous bords à Emmanuel Macron (24,01 % des suffrages au premier tour le 23 avril), pour faire barrage à Marine Le Pen (21,30 %).

Emmanuel Macron participera aux cérémonies du 8 mai 1945

Pour la deuxième fois en quinze ans, l'extrême droite, qui n'a cessé d'engranger des voix aux élections intermédiaires, a accédé au second tour de la présidentielle. Mais contrairement à 2002, la mobilisation populaire contre l'extrême droite a été très faible.

Emmanuel Macron a confié vendredi avoir déjà choisi le futur chef de son gouvernement, sans toutefois le nommer.

Le prochain Premier ministre sera chargé de mener la campagne des législatives des 11 et 18 juin, avec l'objectif de donner une majorité au nouveau chef de l'État.

Le vainqueur du scrutin a déjà été invité par le président Hollande - qui a renoncé à se représenter en raison de sa très forte impopularité- à participer à ses côtés lundi aux cérémonies de commémoration de la capitulation allemande en 1945.

Environ 47,5 millions de Français étaient appelés à voter sous haute sécurité, plus de 50 000 policiers, gendarmes et militaires étant déployés pour la circonstance.

La France, qui vit depuis 2015 sous le régime de l'état d'urgence, a peut-être échappé à un nouvel attentat, avec l'arrestation dans la nuit de jeudi à vendredi d'un ancien militaire de 34 ans, converti à l'islam et ayant fait allégeance à l'EI. Il a été interpellé à proximité d'une base militaire à Evreux, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Paris, avec des armes cachées à proximité.

Le 20 avril, trois jours avant le premier tour de la présidentielle, un policier avait été tué en plein centre de la capitale, sur l'avenue des Champs-Élysées. L'attaque avait été revendiquée par l'EI, à l'origine de la plupart des attentats qui ont fait 239 morts en France depuis janvier 2015.

Tunis : « Cette élection, un suicide collectif »
1 year ago

par Maryline Dumas à Tunis

En Tunisie, le milieu LGBTQI s'inquiète d'une victoire de Marine Le Pen et d'une marche arrière sur le mariage pour tous (MEE/NM)

« Excusez-moi, vous pensez quoi de cela ? », demanda un vieil homme dans un café de Bab Souika, quartier populaire de Tunis, en montrant la une d’un journal avec Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Elle ne va pas gagner quand même, si ? » Le 24 avril, au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle française, certains Tunisiens semblaient avoir la gueule de bois. « Elle ne peut pas devenir présidente », répéta le vieil homme avant de s’éloigner.

Hafedh Trifi, membre du bureau exécutif de Damj, association pour la justice et l’égalité qui défend particulièrement les droits des personnes LGBTQI (lesbiennes, gays, bisexuels, trans, queer et intersexués), ne veut pas y croire non plus. Il reconnaît cependant : « Le risque est là, notamment en cas d’abstention trop forte. »

Pour lui, une victoire de Marine Le Pen serait « une marche arrière sur les acquis ». Le jeune homme de citer la position de la candidate du Front national sur l’immigration, les binationaux et l’homosexualité : « La France est le premier partenaire de la Tunisie. On suit de très près sa législation. Si Marine Le Pen passe, elle fera marche arrière sur le mariage pour tous. Cela donnerait une excuse à la Tunisie pour ne pas avancer sur la question des droits LGBTQI. Cela pourrait également poser problème pour les homosexuels qui demandent le droit d’asile en France car ils sont menacés dans leur pays. »

« Marine n’est pas plus clean que Fillon. C’est un vote de détresse »

Ghayda Thabet ne le contredit pas. La chargée de communication de l’Association tunisienne de soutien des minorités estime que « le projet FN est basé sur la haine de l’autre. » La jeune femme s’interroge : « C’est quoi un Français à ses yeux ? La France est basée sur l’immigration, la diversité, les droits de l’homme, le respect de l’autre, la tolérance... c’est ça l’identité française ! » Pour elle, si les Français se sont laissés entraînés par Marine Le Pen, c’est à cause des questions de sécurité : « Elle profite de la situation. Ses électeurs ont probablement été séduits par son discours ferme. Forcément, les attentats font peur. »

Fahd Cheffi, un Tunisien qui a vécu quatre ans en France, partage cette approche et ajoute : « J’estime que ce n’est pas la faute des 20 % d’électeurs français qui ont voté Le Pen mais des 80 % restant qui n’arrivent pas à les convaincre. »

Jalel Ben Abdallah renchérit : « La crise économique favorise les extrêmes. Il y a, en plus en France, cette crise identitaire avec cette évolution de la société et cette crainte de voir la laïcité menacée… Je fais le parallèle avec la Tunisie, où certains pensent que l’identité religieuse est menacée et votent donc Ennahdha [parti des Frères musulmans]. » Pour ce maître de conférences à l’École nationale d’ingénieur de Tunis, cette élection est un véritable « suicide collectif » : « Marine n’est pas plus clean que Fillon. C’est un vote de détresse. De façon générale, la classe politique émergente ne cherche pas à servir l’État et ne roule que pour elle-même. C’est la même chose aux États-Unis. »

« Si c’est un Mohamed, c’est qu’il n’est pas Français »

Plus rares, certains Tunisiens avouent qu’ils auraient eux-mêmes voté Le Pen s’ils avaient pu. C’est le cas de ce fonctionnaire croisé par hasard dans une administration de Tunis : « Les étrangers foutent le bordel en France. Je comprends qu’elle veuille s’en débarrasser. » Lorsqu’on lui répond que des Français commentant aussi des délits, il rétorque : « des Français qui s’appellent comment ? Si c’est un Mohamed, c’est qu’il n’est pas Français. »

Il y a finalement un grand absent de ces discussions sur la présidentielle française : Emmanuel Macron. Avec 24,01 % de voix au premier tour, le chef du parti En Marche ! aurait, selon les intentions de vote au second tour, de fortes chances d’être le prochain président français. Il ne convainc pourtant les Tunisiens que par sa position face à Marine Le Pen. Pour Jalel Ben Abdallah, c’est un « golden boy » qui « sera pire que Hollande. » Il voterait pourtant pour lui s’il en avait la possibilité.

À LIRE : L’islam dans l’élection présidentielle française 2017 : attention danger !

Tout comme Fahd Cheffi qui penchait, au premier tour, pour Jean-Luc Mélenchon : « Je voterais sans hésiter Macron. L’abstention, dans une pareille situation, ne veut rien dire. »

Ghayda Thabet, elle, aurait voté Emmanuel Macron dès le premier tour : « C’était le moins pire. Son programme est clair. Pour lui, 1+1 = 2. Tout est calculé, c’est un banquier ! Je regrette seulement qu’il n’est pas plus pris en compte le Brexit, l’élection de Trump et les impacts que cela aura. » La jeune femme est tout de même confiante quant aux résultats de l’élection : « Peu importe les tensions, les Français ont toujours fait preuve de respect du jeu démocratique. Ils voteront pour faire barrage à Marine Le Pen. »

Hafedh remarque que la campagne électorale a été d’une violence inouïe : « Nous, en 2011 [élections de l’assemblée constituante] et en 2014 [présidentielles et législatives], on avait eu des petits incidents. On s’était dit que c’était l’apprentissage démocratique, que c’était le début, que c’était normal. Mais en voyant ça en France, pays des libertés, je trouve cela décevant. »

Les Français d'origine maghrébine votent Macron
1 year ago

par Lilia Blaise à Paris

Emmanuel Macron a su attirer un électorat auprès de la diaspora maghrébine, souvent issue de la classe moyenne ou supérieure (AFP)

« Il est moins hypocrite que d’autres politiques et n’a jamais stigmatisé les immigrés alors que la gauche a toujours eu ce discours un peu infantilisant par rapport aux personnes issues de l’immigration. » Hella, 44 ans, est fonctionnaire territoriale dans les Yvelines. Pour cette Franco-tunisienne qui a le droit de voter depuis 2002, l’engagement a toujours été du côté du parti socialiste. D’ailleurs, elle a voté Hamon au premier tour tandis que « [sa] fille de 18 ans était à 300 % pro-Macron dès le début, notamment pour les 500 euros qu’il veut donner aux jeunes pour l’accès à la culture » déclare-t-elle.

Et pourtant, ce dimanche, la socialiste convaincue votera Macron avec bonne volonté. « Le vote du premier tour, c’était vraiment pour soutenir Hamon mais aujourd’hui je n’y vais pas à reculons », ajoute-t-elle. Le principal atout de Macron, selon elle, pour séduire l’électorat des Français d’origine maghrébine, réside dans sa volonté de changement. « On sent qu’il s’adapte à l’ère du temps et qu’il va un peu à l’encontre des populismes » affirme-t-elle.

Un vote pour Macron en réaction

En France, l’immigration maghrébine représentait plus de 8 % de la population en 2011 tandis que l’islam est devenu la seconde religion de France avec près de 5 % de musulmans. Si dans certaines banlieues françaises où de nombreux électeurs ont des origines maghrébines, le vote a plutôt été en faveur de Mélenchon, Macron est souvent arrivé deuxième avec une moyenne de 20/25 % des suffrages, montrant aussi que son discours libéral avait parfois réussi à convaincre même dans les périphéries urbaines défavorisées. Du côté des musulmans qui votent aussi traditionnellement à gauche, Macron a aussi su séduire en réaction au gouvernement de Hollande et surtout aux discours de Manuel Valls durant le quinquennat.

Pour Madjid Si Hocine, médecin franco-algérien de 47 ans, « Macron est arrivé dans le paysage politique au moment du burkini, un peu comme une voie de sortie » (AFP)

Madjid Si Hocine, médecin franco-algérien de 47 ans, s’est intéressé à Macron dès le début de sa campagne. « Le mythe du vote musulman pro-Hollande en 2012 a été ébranlé pendant le quinquennat, il y a eu beaucoup de déceptions aussi bien sur le sort des chibanis que sur le vote des étrangers. Je pense aussi aux propos de Valls sur le voile. Donc si les Musulmans avaient voté pour Hollande en 2012 surtout pour se débarrasser de Sarkozy et du débat sur l’identité nationale, aujourd’hui, c’est fini » déclare-t-il. « Macron représente un peu le Trudeau français et c’est vrai que pour des bourgeois comme moi, il reste un candidat intéressant qui a fait valser les étiquettes politiques traditionnelles. Je suis engagé depuis plusieurs années et c’est vrai qu’il y a une mémoire qui est devenue gênante aujourd’hui du rapport musulmans/Français d’origine maghrébine et socialistes. Il y a eu la manipulation de la question des Beurs etc.… et Macron est arrivé dans le paysage politique au moment du burkini, un peu comme une voie de sortie » avance-t-il.

À LIRE : À la découverte du « paradoxe français » : le burkini et l’hypocrisie envers les musulmans

Pour d’autres, c’est l’aspect économique qui orienté le choix. Oweis Seddiki, 22 ans, et Franco-marocain, est originaire de Stains en Seine-Saint-Denis où Mélenchon a mené largement le vote avec 41,23 % des voix. Oweis fait partie des 22,22 % qui ont voté pour Macron dès le premier tour, surtout convaincu par son programme. « Pour moi c'était le moins dangereux. C'était le candidat qui représentait le mieux le changement. Il avait bien cerné les problématiques des entreprises françaises et je ne me suis pas arrêté à son image médiatique seulement » dit-il. Déjà à la tête de sa propre startup alors qu’il étudie encore, Oweis a été attiré par son discours sur l’entrepreneuriat. « J’ai pu me projeter dans son programme, sur les questions de compétitivité des entreprises et du travail, le fait que pour des salariés payés au SMIC on leur donne aussi le 13e mois de salaire, l'augmentation des revenus de mes salariés, le rétablissement des cotisations sociales, ensuite j'ai bien aimé l'ouverture des droits à l'assurance chômage même quand le salarié démissionne » ajoute-t-il.

Sur des questions plus liées à la religion ou au sort des immigrés, Oweis reste dans l’expectative. « On va voir s’il va vraiment mettre en place l’égalité hommes-femmes, au cas où il est élu. Sur la religion, moi j'ai ressenti qu'il était ouvert sur la laïcité mais est-ce qu'il fera en sorte que la communauté musulmane ait de vrais représentants par exemple ? », s’interroge-t-il en faisant référence au fait que la communauté est déjà mal représentée à l’assemblée mais aussi dans la politique où Stains est l’une des seules communes de France à avoir un maire français d’origine maghrébine (un Franco-algérien).

Les questions de laïcité et d’immigration finalement plus secondaires

C’est finalement d’avantage sur des thématiques économiques ou politiques que Macron s’est démarqué pour l’électorat français d’origine maghrébine plus que sur ses positions par rapport à la religion ou à l’immigration. Pourtant, il s’était démarqué pendant sa campagne en allant en Algérie et en affirmant que la « colonisation était un crime contre l’humanité ». Durant l’entre-deux-tours, l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) lui a exprimé un soutien fortement reproché par Marine Le Pen.

Pour Hela, une pharmacienne franco-tunisienne qui vit à Bondy en Seine-Saint-Denis mais qui travaille dans le 17e arrondissement de Paris, ce n’est pas sur des thématiques parfois clivantes que Macron s’est démarqué. « Par exemple, moi j’ai éliminé Mélenchon de fait en raison de son regard limite pro-Assad sur la guerre en Syrie ou sur la femme voilée. Macron de son côté a déclaré qu’il n’était pas vraiment pour la reconnaissance d’un État palestinien donc finalement ce qui m’a décidée, c’était plus son programme » déclare-t-elle. Elle admet que dans son milieu d’activité, le vote Macron n’est pas très populaire, la profession penchant plutôt pour Fillon au premier tour.

« Aujourd’hui, je vote aussi pour Macron au second tour pour contrer Marine Le Pen, après je ne suis pas naïve, je ne vais pas lui donner ma confiance pendant cinq ans et je ne suis pas sûre qu’il changera grand-chose à la situation des immigrés en France » déclare Hela.

Les Français d’origine maghrébine et des musulmans se sont finalement tournés vers Macron par réaction plus que par conviction, illustrant ainsi cette idée de la chercheuse Fatima Khemilat que le vote musulman s’affirme souvent par « pour qui ne pas voter ». « C’est sûr que l’on ne va pas voter pour des gens qui nous insultent donc on élimine de facto des candidats comme Le Pen ou Fillon qui ont toujours été hostiles à l’islam ou aux immigrés » conclut Madjid Si Hocine. 

INTERVIEW – Hanan Zahouani : « Ce qui est choquant, c'est qu'avoir le FN au second tour soit totalement normalisé »
1 year ago

La candidate aux législatives Hanan Zahouani revient sur la présence du Front national au second tour de l'élection présidentielle.