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La gauche marocaine, entre utopie et politique

En partie acclamée, en partie attaquée, la Fédération de la gauche démocratique (FGD) se retrouve aujourd’hui au centre de l’actualité pour ses prises d’initiative en faveur du hirak. Remontent à la surface ses idées novatrices… et ses vieux démons

Jamais l’actualité marocaine n’a offert à Nabila Mounib une cause et une tribune qui collent au plus près de ses combats. Seule formation politique représentée au Parlement à défendre la cause des détenus du hirak, la Fédération de la gauche démocratique (FGD) a fini par l'endosser. 

En maximisant son engagement en faveur du mouvement et de ses prisonniers, la FGD a peu à peu juxtaposé ses propres combats sur ceux du mouvement social. Et inévitablement, ses conflits : avec Al Adl Wal Ihsane (mouvement islamiste non reconnu) et une partie du mouvement amazigh qui ont, chacun pour ses raisons, refusé de participer à la marche organisée à l'appel de la FGD dimanche 8 juillet.

La patronne du Parti socialiste unifié (PSU) et de la FGD s’est, il est vrai, souvent distinguée par la virulence et la gratuité de ses attaques contre ses adversaires politiques

Subissant aujourd'hui les attaques combinées de certains activistes des deux courants précités, ainsi que celles de groupes « royalistes » connus pour leur défense inconditionnelle de la monarchie et la virulence de leur croisade contre les voix critiques, la présidente de la FGD, Nabila Mounib, est également renvoyée dos à dos avec les autres acteurs du champ politique par certaines pages Facebook citoyennes voulant « donner la parole au peuple ». 

Victime collatérale du rejet de la classe politique, du « tous les mêmes » qui, dans le contexte de la crise politique actuelle, se présente comme un discours rejetant quasiment le fait partisan dans sa totalité, Mounib se voit reprocher ses anciennes sorties maladroites, son discours parfois populiste et complotiste, mais aussi son statut social.

Pour Nabila Mounib, les mouvements amazighs qualifiés de « chauvins », servent un « complot impérialiste et sioniste » visant à « diviser le pays » (AFP)

La patronne du Parti socialiste unifié (PSU) et de la FGD s’est, il est vrai, souvent distinguée par la virulence et la gratuité de ses attaques contre ses adversaires politiques : les courants islamistes réduits à de l’« obscurantisme ». Le Parti de la justice et du développement (PJD) accusé de vouloir « islamiser la société pour établir un nouvel autoritarisme », le tout grâce à des fonds du « Qatar et de l’Arabie saoudite ». Les mouvements amazighs qualifiés de « chauvins », servant un « complot impérialiste et sioniste » visant à « diviser le pays ».

Ses vues sur l’islam politique, sa défense des libertés individuelles, mais aussi le fait soit qu’elle soit femme, et chef de parti, lui ont également valu l’inimitié de nombreux conservateurs. 

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À la violence de leur propos, celle des ultras de Nabila Mounib répond en miroir. Hyperactifs sur les réseaux sociaux, certains de ses soutiens les plus zélés répondent aux critiques avec une virulence qui frise parfois le fanatisme. Convaincus que le salut ne peut venir que de leur parti, ils distribuent des accusations de « traîtrise », reprochent à leurs détracteurs de « jouer le jeu de l’État », ou les accusent même d’être soudoyés pour « mener campagne contre la seule voix noble de ce pays ». 

Submergée par la déferlante, Nabila Mounib a tenté la paix temporaire. Après avoir moyennement mobilisé lors de la première marche, la patronne de la nouvelle gauche marocaine espérait faire mieux. Elle a enterré les dissensions, appelé à la paix temporaire et plaidé l’impératif de l’unité. Son discours a fini par payer. Le 15 juillet à Rabat, plusieurs milliers de personnes ont marché derrière elle en faveur des détenus du hirak. Fait notable, Al Adl Wal Ihsane, absent de la marche du 8 juillet, s’est bien présenté à celle-ci.

Nouvelle gauche marocaine

Créée en 2007, la Fédération de la gauche démocratique (FGD) incarne la nouvelle gauche marocaine. La fédération est née de l'alliance de trois partis politiques de la gauche : le Parti socialiste unifié (PSU), principal parti de la FGD, le Parti de l'avant-garde démocratique et socialiste (PADS) et le Congrès national Ittihadi (CNI). Ils ont été rejoints par le mouvement Clarté ambition courage (CAC), allié au PSU. 

La FGD a pour la première fois participé aux élections en 2015, lors des scrutins locaux. Lors des élections législatives de 2016, l’alliance a remporté deux sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants, la chambre basse du Parlement marocain.

La très faible capacité d’action de la FGD, qui ne peut peser sur les débats ni influer sur le cours des événements avec deux seuls députés, est compensée par un usage judicieux de la fonction tribunicienne du Parlement

Depuis leur élection, les deux parlementaires de la FGD, Omar Balafrej et de Mustapha Chennaoui, ont souvent été salués pour leur activisme. La très faible capacité d’action de la FGD, qui ne peut peser sur les débats ni influer sur le cours des événements avec deux seuls députés, est compensée par un usage judicieux de la fonction tribunicienne du Parlement. 

Cela dit, la FGD n’a jusqu’à présent pas su tirer profit de certains mécanismes très usités parmi les petits partis politiques pour l’effet de levier qu’ils offrent : les pétitions et les motions législatives notamment. Elles auraient pu permettre au parti de ratisser au-delà de son électorat derrière une cause bien identifiée, ou de peser sur certains débats en cours.

Le Parlement marocain (AFP)

Malgré les critiques de la FGD, selon qui tout a joué en sa défaveur lors des législatives, et dont certains membres ont accusé le pouvoir de les avoir combattus dans certaines circonscriptions, le Palais a au contraire fourni des efforts pour permettre son intégration.

Pour la monarchie marocaine, l'inclusion à doses homéopathiques de personnel issu de partis longtemps restés insolubles participe d'un projet de réaménagement du champ partisan. En favorisant la participation de ces petits partis de la gauche – quitte à abaisser le seuil électoral – il s'agirait pour la monarchie de se renforcer en élargissant la base de la participation et en renouvelant son personnel politique.

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Grandement favorisée par les médias durant la campagne électorale de son parti, Nabila Mounib peut se targuer d'être l'une des personnalités politiques les plus respectées du pays. La couverture qui lui a été dédiée par la presse a souvent été positive, et – fait rare – même les autres acteurs politiques du pays ont affiché une attitude respectueuse à son égard. 

Cela est vraisemblablement dû à son statut d'outsider : prônant une politique différente et des vues quelque peu exotiques comparées à celles des autres partis, ses idées ont été accueillies avec bienveillance par la presse. 

Malgré ses attaques répétées contre Abdelilah Benkirane et son gouvernement, l'ancien chef du gouvernement a, au contraire, exprimé son appréciation du rôle qu’elle remplit

Quant aux politiques, ceux-ci ne la considérant pas comme une « adversaire sérieuse », ni ne se sentant menacés par son ascension, ils se sont souvent montrés courtois : malgré ses attaques répétées contre Abdelilah Benkirane et son gouvernement, l'ancien chef du gouvernement a, au contraire, exprimé son appréciation du rôle qu’elle remplit.

Mais c'est justement ce statut d'outsider qui, au moins en partie, a fait bifurquer une partie du votre urbain au profit du PJD, et non de la FGD : une partie des électeurs citadins au vote engagé, même quand ils apprécieraient Nabila Mounib et ses principes, ont préféré voter pour un parti pouvant réellement mener le changement. Le positionnement trop excentré de la FGD, sa faible expérience politique, ainsi que la vision et le discours peu pragmatiques de cette formation politique ont quelque peu découragé une partie de l'électorat urbain dont les convictions sont pourtant proches de celles de la FGD.

Incapacité à penser le changement

Car la FGD, quand bien même elle présenterait les traits de la modernité, n'en garde pas moins quelques reliquats de son ADN de l’extrême gauche, et évolue dans un univers mêlant idées fraîches, action politique novatrice, volonté de changement sincère, mais aussi conceptions drastiques et vieilles utopies de gauche.

Aux élections locales de 2015, outre certaines mesures concrètes, la FGD promettait de… « combattre l'impérialisme » si elle venait à présider aux destinées de l’un des arrondissements de la préfecture de Casablanca-Anfa (454 908 têtes). La présidente de la FGD obtiendra d'ailleurs un très faible score à Sidi Belyout, un arrondissement de cette préfecture : 771 voix… La promesse de « lutter contre l’impérialisme » a été réitérée dans la brochure des élections législatives, en 2016.

Manifestation du hirak à Imzouren, près d'Al Hoceima, dans le Rif (AFP)

Le vocabulaire empreint d'utopie de la FGD est révélateur d'un mal plus profond : son incapacité à penser véritablement le changement. Faute de pouvoir réellement réfléchir à l'économie politique, de construire une critique minutieuse et de proposer des alternatives crédibles et viables, la gauche marocaine a développé une propension à l'usage de concepts vagues et abstraits frappant par leur charge révolutionnaire. 

En d'autres termes, faute de pouvoir réellement penser le changement, la FGD surinvestit le lexique du changement. Cette situation est d'autant plus regrettable que certains économistes connus pour leur réflexion critique sur l’économie marocaine sont des sympathisants de la gauche.

La difficulté pour la FGD de se détacher de son univers d'appartenance transparaît tout particulièrement dans certaines vues très datées exprimées par Nabila Mounib, ainsi que le discours très vieille gauche et parfois discriminant qui remonte à la surface à certaines occasions 

Cette incapacité à formuler une analyse critique et des alternatives solides est en partie due à la déconnexion des espaces de réflexion qui, par le passé, ont constitué une extension naturelle de la gauche, joué un rôle d’espace-sas entre le monde académique et le champ politique, et ont grandement participé à la formation idéologique de la gauche et son évolution. Ils ont souvent mis à profit de la gauche l’expertise d’académiciens qui lui ont proposé un regard introspectif sur elle-même.

Difficulté à saisir la revendication amazighe

Le discours de la FGD est également révélateur de la difficulté, pour la formation politique, de se détacher de son univers d'appartenance. Cette difficulté transparaît tout particulièrement dans certaines vues très datées exprimées par Nabila Mounib, ainsi que le discours très vieille gauche et parfois discriminant qui remonte à la surface à certaines occasions. 

Par le passé, Nabila Mounib a critiqué le « chauvinisme » de certains militants de la cause amazighe qui souhaitent aller au-delà de l'officialisation de la langue amazighe. Vis-à-vis de l'islam politique, le PSU, principal parti de la FGD, affiche une attitude plutôt défavorable.

Un garçon amazigh porte un bandeau aux couleurs du drapeau amazigh lors d’un sit-in politique (AFP)

Les demandes des courants amazighs modérés sont pourtant peu pris en charge par les autres formations politiques. Si elle se montrait plus réceptive à leur égard, la FGD pourrait être le vaisseau de ces demandes, d’autant qu’elles comportent des volets économique, social, environnemental et territorial somme toute compatibles avec les principes défendus par la FGD. 

En plus des revendications identitaires et culturelles défendues par leurs aînées — la reconnaissance de la langue amazighe et de l’« amazighité » comme composantes de l’identité nationale —, nombre de jeunes courants amazighs sont porteurs de nouvelles revendications : la fin de l’expropriation de terres tribales et de la marginalisation des montagnes, la création d’infrastructures de base à même d’améliorer les conditions de vie des populations de ces montagnes, qui sont amazighes dans leur majorité, la protection des ressources naturelles dans les régions à dominante amazighe.

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Vécue sur le mode de la discrimination, la marginalisation des zones de montagne, territoires de l’amazighité, a donné naissance à ces mouvements qui rappellent les fondements identitaires et ethniques anciens de la fracture spatiale entre le « Maroc inutile », celui des montagnes, marginalisé par le Protectorat, et le « Maroc utile », celui du littoral et des plaines, qui a bénéficié d’une plus grande attention.

Conscient de la charge identitaire de ces revendications, l’État marocain y a apporté des réponses qui ont constamment cherché à dissocier les demandes les unes des autres. En consacrant le « droit au développement » de ces territoires dans le cadre d'une politique globale visant à désenclaver les zones marginalisées dans l'ensemble du territoire marocain, l'État marocain a pu dépolitiser la revendication socio-économique des mouvements amazighs et en exciser le versant identitaire.

La reconnaissance constitutionnelle de l’« amazighité » comme composante de l'identité nationale, elle, a été une manière de désamorcer les revendications de certains mouvements

La reconnaissance constitutionnelle de l’« amazighité » comme composante de l'identité nationale, elle, a été une manière de désamorcer les revendications de certains mouvements amazighs qui appelaient à associer dans un même mouvement la reconnaissance constitutionnelle de leur langue et de leur culture à celle de la spécificité des territoires amazighs : la culture amazighe étant identifiée par la Constitution comme composante de l’identité nationale, il en est ainsi fait un bien partagé par tous les Marocains. Il s’ensuit qu’elle est diluée dans tout le territoire national, et qu’il ne saurait y avoir, pour l’État, de territorialité spécifiquement berbère.

Pour Abdullah Abaakil, membre du PSU, l'attitude de la FGD à l'égard des courants amazighs n'est pas « monolithique ». Elle est non seulement tributaire des orientations de chaque composante de la FGD, mais aussi des orientations diverses des associations se revendiquant du mouvement amazigh. 

L’infructueux dialogue avec Al Adl Wal Ihsane

« Le Parti socialiste unifié [principal parti politique de la FGD] est extrêmement ouvert aux revendications des mouvements modérés, mais pas aux plus radicaux. A contrario, le Parti de l'avant-garde démocratique et socialiste a évolué sur la question mais reste profondément panarabe », précise-t-il, s'interrogeant sur « l'approche qu'ont ces mouvements par rapport à la gauche. On demande toujours à la gauche de s'en rapprocher mais la position de la mouvance amazighe vis-à-vis de la gauche reste un mystère pour tous ».

Des membres du mouvement Al Adl Wal Ihsane protestent contre la condamnation à mort de Mohamed Morsi par la justice égyptienne, le 26 juin 2015 à Rabat (AFP)

Vis-à-vis des courants islamistes, l’attitude de la FGD semble plus rigide : Nabila Mounib a rarement caché son animosité envers Al Adl Wal Ihsane, un mouvement islamiste interdit mais toléré par les autorités marocaines. Pour sa part, Al Adl Wal Ihsane a cherché à créer des liens et à nouer un dialogue avec la gauche. 

Les revendications sont similaires – justice sociale, démocratisation – et les sympathisants de la gauche et d’Al Adl Wal Ihsane vivent « des expériences sociales proches ». « Ils ont fréquenté les mêmes écoles publiques, appartiennent à la même classe moyenne en paupérisation et subissent le même discours dominant », a expliqué le chercheur Montasser Sakhi.

« Le 20 février a grandement modifié l'ADN de la gauche »

- Un militant

« Au-delà du discours incantatoire sorti à l'occasion, l'anti-islamisme primaire reste minoritaire au sein de la FGD », explique un militant de la formation politique à Middle East Eye. « Le PSU avait deux petits partis islamistes de gauche comme alliés avant qu'ils ne disparaissent sous les coups du pouvoir : Al Badil Al Hadari [Alternative civilisationnelle] et Hizb Al Oumma [le Parti de la oumma] », complète Abdullah Abaakil. 

Les questions qui cristallisent les désaccords sont surtout liées à la forme du régime politique souhaité, et les positions divergentes sur cette question sont « l'obstacle principal au rapprochement d'Al Adl Wal Ihsane avec le PSU, même si on se retrouve souvent autour des questions liées aux libertés publiques », contrairement au « PADS qui lui, entretient plutôt de bonnes relations avec Al Adl Wal Ihsane », ajoute Abdullah Abaakil.

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Si le mouvement islamiste semble s'être peu à peu acheminé vers une acceptation tacite des principes de la monarchie parlementaire et de l'État civil revendiqués par la gauche, il n'a jusqu’à présent pas officiellement souscrit ces demandes. 

Occasionnellement, remontent à la surface des revendications édulcorées d'un régime califal et d'un État à référentiel islamique, refrénant l'enthousiasme de la gauche envers un rapprochement avec Al Adl Wal Ihsane. 

Pour certains, la réitération de l'appel au califat par les dirigeants du mouvement obéit principalement à l'impératif de ne pas s'aliéner leurs bases, ni remettre en cause de manière explicite et appuyée les aspects racinaires de l'idéologie d'Al Adl Wal Ihsane. Pour d'autres, il s'agit là des véritables revendications du mouvement. Quoi qu'il en soit, les tentatives de rapprochement de la gauche avec le mouvement islamiste ont tourné court en raison de ce flou.

« Immobilisme démocratique »

En restreignant ses rapprochements politiques à ceux considérés comme « acceptables » au vu du dogme gauchiste traditionnel, la FGD creuse elle-même son enclavement politique. L’étroitesse de son champ d’alliance contribue grandement à minorer la place de la FGD au sein de la sphère politique, et ne lui permet pas de faire front commun avec les acteurs politiques ou associatifs qui partagent certaines de ses convictions, et donc de disposer d’une plus large base de soutiens.

Et l’identité politique de la FGD, et sa composition bigarrée (militants radicaux, socialistes, activistes plus « pragmatiques », membres de la société civile, etc.) rendent peu envisageable l’émergence de nouvelles vues qui s’écartent de l’orthodoxie de gauche. Il paraît en effet difficile de réaliser un consensus entre les différentes tendances de la fédération autour de certaines questions clivantes (alliances, attitude vis-à-vis des mouvements islamistes, etc.). 

L’identité politique de la FGD, et sa composition bigarrée (militants radicaux, socialistes, activistes plus « pragmatiques », membres de la société civile, etc.) rendent peu envisageable l’émergence de nouvelles vues qui s’écartent de l’orthodoxie de gauche

Cela semble accentué par le fonctionnement par courants adopté par le PSU. Ce fonctionnement permet certes d'éviter les scissions qui ont jalonné l’histoire de la gauche, mais rend difficile le maintien des équilibres et quasiment impossible l’affirmation d’une ligne audacieuse. 

Pour un militant de la FGD, « ce n'est pas tant l'organisation en courants qui pose problème au PSU, mais plutôt les égos. Les divergences traversent plutôt les courants établis, et recouvreraient plus une lutte entre les "anciens" et les "modernes" ». 

Manifestation devant le parlement marocain, à Rabat, le 20 février 2011, sous le slogan : « Le peuple veut le changement » (AFP)

Pour ce militant, la réflexion sur les alliances du parti est surtout bloquée par « la crainte de faire des choix, qui sont des facteurs forts de division. En gros, l'immobilisme démocratique ». Questionné sur ce qui, à son sens, devrait faire partie des priorités futures de la FGD, il estime que les efforts doivent être concentrés sur « l'implantation de terrain. Même pour discuter, il faut démontrer une certaine force. Le reste vient naturellement : la nouvelle génération de militants, à condition qu'elle n'ait pas subi la formation militante des facultés, est moins engoncée dans les tabous de la vieille garde. Le 20 février a grandement modifié l'ADN de la gauche ».

- Reda Zaireg est un journaliste indépendant marocain. Après avoir travaillé pour l'hebdomadaire francophone TelQuel, il a rejoint la rédaction du journal en ligne marocain Medias24.com, puis le Huffington Post Maroc en tant que journaliste politique. Vous pouvez le suivre sur Twitter : @RZaireg.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.  

Photo : Nabila Mounib, secrétaire générale du Parti socialiste unifié (PSU), arrive à un meeting pendant la campagne des élections législatives en octobre 2016 (AFP).