Skip to main content

Cinq des pires éclats d’Avigdor Lieberman en tant que ministre de la Défense d’Israël

Le ministre israélien de la Défense, qui a démissionné ce mercredi, est connu pour ses déclarations scandaleuses – en voici quelques-unes parmi les plus mémorables
Dans l’annonce de sa démission, Lieberman a déclaré qu’une trêve avec le Hamas revenait à « capituler devant le terrorisme » (AFP)
By

Lorsque le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a officiellement remis sa démission ce mercredi, laissant le Premier ministre Benyamin Netanyahou avec une très courte majorité au Parlement israélien, peu d’observateurs de la politique israélienne ont été surpris par son geste.

C’est la cinquième fois depuis 2000 qu’il démissionne ou est limogé d’un gouvernement de coalition en Israël.

En fait, Lieberman est connu pour avoir défendu des politiques radicales et a démontré à maintes reprises sa volonté de passer la main quand ses demandes ne sont pas satisfaites.

À LIRE ► Où est l’indignation d’Israël face au massacre épouvantable qui se déroule à Gaza ?

Pendant les deux ans et demi où il a occupé le poste de ministre de la Défense, l’armée israélienne placée sous son commandement n’a fait face qu’à peu de défis sérieux. La plupart de ses activités consistaient à maintenir l’occupation israélienne des territoires palestiniens et à réagir de manière agressive aux manifestations de la Grande marche du retour à Gaza, au cours desquelles des centaines de Palestiniens ont été tués et des dizaines de milliers d’autres blessés.

Néanmoins, depuis sa nomination en tant que ministre de la Défense en 2016, Lieberman a réussi à susciter la controverse avec plusieurs déclarations publiques discutables. En voici cinq parmi les plus notables :

Il a comparé le poète palestinien Mahmoud Darwich à Hitler

Mahmoud Darwich est largement reconnu comme l’un des poètes palestiniens les plus populaires, mais ses vers ne sont pas du goût de Lieberman (AFP)

En juillet 2016, Lieberman a suggéré que la poésie de Mahmoud Darwish s’apparentait aux écrits du dirigeant nazi Adolf Hitler.

Ses remarques sont survenues après que l’œuvre de Darwich, très critique du gouvernement israélien et du mouvement sioniste, a fait le sujet d’un programme sur la radio de l’armée israélienne.

Lieberman a critiqué Yaron Dekel, alors directeur de la station, suite à cet épisode.

« La mission de la station militaire est de renforcer la solidarité sociale et non d’accroître les divisions, et surtout de ne pas nuire aux sensibilités du public », a déclaré Lieberman.

Donner du temps d’antenne aux poèmes de Darwish, estimait-il, était comme « glorifier lors d’une émission les merveilles littéraires de Mein Kampf ».

Il a demandé au président israélien de gracier le soldat Elor Azaria

Le procès d’Azaria a suscité une colère généralisée parmi les Israéliens, dont beaucoup estimaient que le soldat n’aurait pas dû être reconnu coupable (AFP)

En novembre 2017, Lieberman a exhorté le président israélien Reuven Rivlin à gracier Elor Azaria, un infirmier de l’armée israélienne reconnu coupable d’homicide pour avoir tiré sur un Palestinien au sol et l’avoir tué dans la ville occupée de Hébron, en Cisjordanie.

Même si les extraits vidéo de l’incident montrent qu’Azaria a procédé à une exécution extrajudiciaire d’Abd al-Fattah al-Sharif alors qu’il était au sol, blessé et immobile depuis plus de dix minutes, de nombreux dirigeants israéliens, dont Lieberman, ont exprimé leur soutien au soldat.

Dans une lettre adressée à Rivlin, Lieberman a soutenu qu’Azaria ne devait jamais être jugé, tout d’abord parce qu’il était « un soldat exceptionnel ». Dans le même temps, Lieberman a décrit al-Sharif comme « un terroriste venu pour tuer ».

Azaria a été condamné à seulement dix-huit mois de prison et le chef d’état-major de l’armée israélienne, Gadi Eisenkot, a ensuite réduit sa peine à quatorze mois. En dépit de cette indulgence, Lieberman a toutefois demandé à Azaria de bénéficier d’encore plus de clémence dans la mesure où le procès avait « imposé un lourd tribut » à la santé du soldat et de sa famille.

Il a exhorté les juifs d’Israël à boycotter des citoyens palestiniens d’Israël

Des citoyens palestiniens d’Israël brandissent des drapeaux palestiniens lors d’une manifestation contre la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël (AFP)

En décembre 2017, Lieberman a appelé les juifs d’Israël à boycotter les citoyens palestiniens du pays originaires de la région du Wadi Ara.

Les habitants du Wadi Ara ont provoqué l’ire de Lieberman lorsqu’environ 200 d’entre eux ont bloqué une intersection d’un grand axe routier pour protester contre la décision du président américain Donald Trump de transférer l’ambassade des États-Unis de Tel Aviv à Jérusalem.

« J’appelle au boycott du Wadi Ara. N’y allez pas, n’achetez rien qui vient de là-bas », a déclaré Lieberman lors d’une interview accordée à la radio de l’armée israélienne. « Ils doivent comprendre qu’ils sont indésirables ici, qu’ils ne sont pas des nôtres. »

« Officiellement, les habitants du Wadi Ara sont des citoyens israéliens, mais ils ne font pas partie d’Israël et ils doivent faire partie de l’Autorité palestinienne », a poursuivi Lieberman, ajoutant qu’ils n’avaient « aucun lien avec ce pays ».

Il a désigné tous les habitants de Gaza comme des cibles militaires légitimes

Le meurtre de Yasser Murtaja, abattu à Gaza alors qu’il portait un gilet de journaliste, a provoqué un tollé (MEE/Mohammed Asad)

En avril 2018, Lieberman a justifié le recours de l’armée israélienne à une violence meurtrière à l’encontre de manifestants, d’ambulanciers et de journalistes palestiniens, dont un jeune photojournaliste palestinien tué par des soldats israéliens le même mois.

Yasser Murtaja fait partie des dizaines de Palestiniens abattus par des snipers de l’armée israélienne lors des manifestations de la Grande marche du retour, qui ont lieu tous les vendredis dans la bande de Gaza depuis le 30 mars.

Après la mort de Murtaja, Lieberman est passé à l’offensive pour tenter de justifier sa mort.

« Vous devez comprendre qu’il n’y a pas d’innocents dans la bande de Gaza. Tout le monde a un lien avec le Hamas. Tout le monde reçoit un salaire du Hamas. Ceux qui tentent de nous défier à la frontière et de la franchir appartiennent à la branche militaire du Hamas », a déclaré Lieberman dans une interview accordée à la radio nationale Kan.

Il a soutenu qu’abattre un manifestant non armé était un moyen d’« évacuer le stress »

Les snipers israéliens ont tué environ 200 Palestiniens à Gaza depuis le début des manifestations de la Grande marche du retour (Reuters)

Deux jours après avoir affirmé qu’il n’y avait « pas d’innocents dans la bande de Gaza », Lieberman a exprimé son soutien à un soldat israélien qui avait été filmé en train d’abattre un Palestinien qui manifestait à Gaza.

« Waouh, quelle vidéo ! OUI ! Prends ça, fils de p*** ! », a hurlé le soldat alors que des habitants palestiniens accouraient pour secourir le manifestant blessé.

« Le sniper mérite une médaille, mais le photographe mérite une rétrogradation, a soutenu Lieberman. Les Forces de défense d’Israël sont l’armée la plus morale du monde, mais indubitablement, lorsque vous êtes au front et que vous êtes stressé, on peut parfois comprendre que vous ayez envie d’évacuer le stress. »

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.