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FN : le recours aux Émirats arabes unis pour financer la campagne, une « option de troisième choix »

Alors que les banques françaises se montrent réticentes à lui prêter de l’argent, le Front national évoque un recours à des financements étrangers pour sa campagne électorale. Une aide possible des Émirats arabes unis fait déjà polémique
Le voyage de Marine Le Pen au Caire où elle a rencontré le grand imam de la mosquée al-Azhar (à droite) aurait été financé par les Émirats arabes unis. Une information démentie par le secrétaire général du parti (AFP)
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On connaissait déjà les réseaux russes de Marine Le Pen. En 2014, le Front national (FN) avait bénéficié d’un prêt de 11 millions d’euros de la banque First Czech Russian Bank, un recours assumé de l’aveu même du trésorier Wallerand de Saint-Just : « Le parti postule auprès de banques étrangères, et pourquoi pas des banques russes ? »

Dans le sillage de la controverse provoquée par Nos très chers émirs, le livre polémique de Christian Chesnot et Georges Malbrunot, sur les relations troubles entre certains politiques français et les pays du Golfe, le site d’informations Médiapart s’interroge sur un possible financement de la campagne présidentielle de Marine Le Pen par les Émirats arabes unis.

« En 2014, il est vrai que Marine Le Pen a rencontré un émissaire des Émirats arabes unis dans sa résidence de Montrebout, dans les Hauts-de-Seine, et il a proposé de l’aider. Ceci dit, le FN a toujours été clair là-dessus : il a deux ennemis, le Qatar et l’Arabie saoudite qu’il considère comme des promoteurs du wahhabisme, explique un proche du parti à Middle East Eye, mais à ses yeux les Émirats sont un allié dans la lutte contre la radicalisation. »

« La France doit rompre ses relations avec le Qatar et l’Arabie saoudite, qui ont aidé, assisté et financé les fondamentalistes islamistes à travers le monde. Il faut s’appuyer sur les pays musulmans qui luttent contre le fondamentalisme », avait déclaré la présidente du FN le 30 septembre 2014 sur France 24, en citant les Émirats arabes unis et l’Égypte, et appelant de ses vœux « une grande coalition ».

En 2014, l’eurodéputé Jean-Luc Schaffhauser avait expliqué à Médiapart avoir négocié avec une banque d’Abou Dhabi un prêt à un taux de 2,8% qui n’avait finalement pas été concrétisé. Mais en mai 2015, son voyage en Égypte où Marine Le Pen a rencontré le grand imam de la mosquée al-Azhar, aurait été financé, d’après Christian Chesnot et Georges Malbrunot, par les Émirats arabes unis.

Une information démentie par le député européen et le secrétaire général du FN Nicolas Bay lundi sur France 2. « C’est inexact », a-t-il soutenu en réaffirmant la position du FN face aux Émirats et au Qatar. 

« Pour l’instant, explique une source proche du parti à MEE, environ 50 % de la campagne devrait être financé par Cotelec, association de financement du FN présidée par Jean-Marie Le Pen ».

En clair, il s’agit de prêts accordés par les adhérents, qui se verront remboursés une fois que l’État aura lui-même remboursé la campagne, une règle appliquée aux partis qui remportent plus de 5% des suffrages au premier tour. 

« On estime les besoins au premier tour à 12 millions d’euros et au deuxième tour, à 21 millions. Pour le premier tour, il leur manque encore 6 à 7 millions mais ils sont conscients qu’un recours aux pays du Golfe les dessert en termes d’image, poursuit notre source. Alors dans un premier temps, l’objectif est de chercher des emprunts du côté des pays européens. Si jamais ce n’est pas suffisant, ils se tourneront vers les Russes et dans un troisième temps, vers les Émirats. On peut dire que c’est une option, mais une option de troisième choix. »

Selon le FN, une quarantaine de banques auraient refusé de prêter de l'argent au parti. Pourtant, les sondages assurent que la candidate dépassera les 5% de voix nécessaires au remboursement par l'État.

« S’il faut emprunter à l’étranger, nous irons emprunter à l’étranger, s’est défendu Wallerand de Saint-Just sur France 3. Il n’y aucune exclusive à cela, que ce soit en Russie, en Argentine ou aux États-Unis […] et pourquoi pas au Moyen-Orient. »


Le Front National peine à financer sa campagne