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La pression sur l’EI s’accentue avec un double assaut en Syrie et en Irak

Des dizaines de milliers de civils sont toujours à Falloujah et Raqqa tandis que les forces qui luttent contre l’EI avancent vers les militants de l’État islamique
Les combattants chiites irakiens d’une Unité de mobilisation populaire près de Falloujah cette semaine (AFP)

Mercredi, les combattants syriens et les forces irakiennes soutenus par les États-Unis ont soumis le groupe l’État islamique (EI) à un double assaut, dans deux des offensives au sol les plus importantes contre le groupe militant jusqu’à présent.

Les opérations au nord de la capitale syrienne de facto de l’EI, Raqqa, et près de la ville irakienne de Falloujah (elle aussi contrôlée par l’EI) accentuent la pression sur le groupe, qui a vu le territoire sous son contrôle se rétrécir au cours des derniers mois.

La coalition américaine, qui conduit des frappes aériennes contre l’EI en Syrie et en Irak depuis mi-2014, fournit un appui aérien sur les deux fronts, car les efforts s’intensifient pour démanteler le « califat » islamique autoproclamé du groupe à cheval sur la frontière syro-irakienne.

Cependant, le sort des milliers de familles dans les deux villes suscite une vive inquiétude ; on craint que les civils soient pris dans les feux croisés ou utilisés comme boucliers humains par les militants.

Depuis que le début de l’offensive de Falloujah a été annoncé lundi, les troupes irakiennes soutenues par des milices pro-gouvernementales ont progressé vers la ville depuis les zones environnantes.

Mercredi, les forces de la 8e division irakienne soutenues par des combattants tribaux ont progressé depuis le Sud, a déclaré le général Ismail al-Mahalawi, à la tête du commandement des opérations pour la province d’Anbar en Irak.

Les avions de combat de la coalition américaine et l’aviation irakienne ont fourni un appui, a ajouté Mahalawi.

Dans le nord de la Syrie, une alliance arabo-kurde également soutenue par les frappes de la coalition combattait l’EI dans son bastion qu’est la province de Raqqa.

« Frappes aériennes constantes »

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), créées en octobre 2015, ont annoncé mardi leur avancée vers le territoire contrôlé par l’EI au nord de la ville de Raqqa, laquelle est à environ 90 km au sud de la frontière syro-turque et compte environ 300 000 habitants.

Les FDS sont dominées par les Unités de protection du peuple (YPG) kurdes – largement considérées comme les forces de lutte contre l’EI les plus efficaces et indépendantes sur le terrain en Syrie – mais comptent également des combattants arabes.

Les FDS ont déjà deux points d’ancrage au nord de la ville de Raqqa : la ville frontalière de Tal Abyad et la petite ville d’Aïn Issa plus au Sud.

Les responsables kurdes ont déclaré que l’offensive dans la province de Raqqa serait un assaut sur trois fronts, notamment à partir d’Aïn Issa.

Les combattants des FDS se sont emparés de deux champs et d’un petit village au sud-est de la ville mercredi matin, déblayant les mines laissées par les militants de l’EI.

Un porte-parole de l’alliance arabo-kurde, Talal Sello, a indiqué aux journalistes que les combats se déroulaient dans les « zones rurales ».

« Libérer la ville de Raqqa n’est pas dans nos projets pour l’instant, hormis dans une future campagne après celle-ci, selon les circonstances », a-t-il ajouté.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme estime que les combattants des FDS sont entre 10 000 et 15 000 à prendre part à l’offensive.

« Il y a eu des frappes aériennes constantes sur Raqqa par la coalition pendant la nuit », a déclaré le chef de l’Observatoire Rami Abdel Rahman.

Le porte-parole de l’armée américaine à Bagdad, le colonel Steve Warren, a confirmé que les États-Unis fourniront un appui aérien, ajoutant que si Raqqa tombait, « ce serait le début de la fin de leur califat ».

La coalition de lutte contre l’EI a jeté son dévolu sur Raqqa, Falloujah et, à terme, sur le principal bastion irakien de l’EI : Mossoul.

Des dizaines de milliers de civils vivent encore dans les trois villes.

Des « boucliers humains » ralentissent l’assaut

Sello, le porte-parole des FDS, a déclaré que « l’utilisation de civils comme boucliers humains » par l’EI ralentissait la progression vers le territoire et les villages ruraux au nord de la ville de Raqqa.

Mercredi, le groupe d’activistes Raqqa is Being Slaughtered Silently (RBSS) a écrit sur Twitter que Daech avait fermé toutes les stations de bus dans la ville pour empêcher les civils de partir.

Le co-fondateur de RBSS, Abdel Aziz al-Hamza, a affirmé que l’EI se dissimulait parmi les civils à Raqqa.

« Dans un bâtiment civil, vous trouverez deux ou trois appartements pour les combattants de Daech », a déclaré al-Hamza dans une interview à l’AFP.

Des groupes de défense des droits ont également demandé à ce que les quelque 50 000 civils toujours à l’intérieur de Falloujah puissent partir en toute sécurité ; la ville a été prise par les combattants hostiles au gouvernement au début de l’année 2014 et est devenue plus tard un bastion de l’EI.

Alors que Daech est également soumis à une pression croissante en Syrie du fait des offensives gouvernementales appuyées par des frappes aériennes russes, les analystes estiment que le groupe aura du mal à conserver le territoire dont il s’est emparé en Irak et en Syrie il y a deux ans.

Ce territoire « est, à long terme, trop grand pour être conservé » a déclaré l’analyste Romain Caillet.

Toutefois, le groupe, qui a revendiqué une vague d’attentats et d’attaques meurtriers en Occident et au Moyen-Orient, a montré qu’il peut encore terroriser.

Lundi, une vague d’attentats revendiqués par l’EI dans deux villes côtières contrôlées par le gouvernement en Syrie a fait 184 morts, dans ce qui constitue les attaques à la bombe les plus meurtrières en cinq ans de guerre civile en Syrie, selon l’Observatoire basé en Grande-Bretagne.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

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