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Maroc : la vidéo virale d’une mère de famille présentée comme la relève de Zefzafi

Nawal Ben Aïssa, 36 ans, que l’on présente comme la relève de Nasser Zefzafi pour mener la contestation dans le Rif, objet d'un mandat d'arrêt, a annoncé dans une vidéo en direct sur Facebook qu’elle allait se rendre « pour ses enfants »
Nawal Ben Aïssa et Nasser Zefzafi font un signe utilisé par les Amazigh (Berbères) comme signe d'appartenance à une même terre, langue et religion (Facebook)
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Elle s’est faite connaître le 8 mars dernier en menant une marche de femmes à Al Hoceima, cette petite ville du Rif marocain qui n’en finit plus de faire parler d’elle.

Nawal Ben Aïssa, 36 ans, a été présentée ces derniers jours comme la relève de Nasser Zefzafi, leader du hirak (le mouvement de contestation), arrêté lundi et qui, selon les informations recueillies par Middle East Eye auprès d’un avocat, devrait être présenté au procureur général du roi à Al Hoceima ce week-end.

Dans une vidéo réalisée en direct sur Facebook ce jeudi 1er juin, la jeune femme s’est longuement exprimée sur sa situation et les motivations qui l’ont poussée à se rendre aux autorités.

« Je me suis réveillée ce matin avec l’information selon laquelle je faisais l’objet d’un mandat d’arrêt. Je vis seule avec mes enfants et ils veulent m’enlever mes enfants », déclare-t-elle en ligne.

« Je suis dans la rue pour exiger mes plus simples droits. Je ne suis coupable de rien. Je n’ai fait que marcher pacifiquement pour réclamer des droits. Je défends les plus faibles », affirme cette mère de quatre enfants encore en expliquant qu’elle compte se rendre « pour que l’on cesse de harceler ses parents et que pour ses enfants n’aient plus peur ».

« C’est un honneur pour moi d’être arrêtée ou de mourir pour une juste cause », assure-elle en lançant un appel « à tous ses frères et sœurs de toutes les villes du Maroc pour qu’ils continuent » à manifester pacifiquement.

Selon le site du magazine Tel Quel, la jeune femme s’est rendue au commissariat d’Al Hoceima, mais n'étant pas interpellée, est repartie quelques instants après.

Un autre leader du hirak, Najib Ahamjik, reste en fuite mais continue à appeler à la « mobilisation » via les réseaux sociaux.

Selon un décompte officiel, la police a procédé depuis vendredi à une quarantaine d'arrestations, visant essentiellement le noyau dur du mouvement. Vingt-cinq des personnes arrêtées ont été déférées devant le parquet. Leur procès s'est ouvert mardi mais a été reporté au 6 juin.