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Soupçons d’attaque au chlore à Alep : plus de 100 blessés

Les témoins ont confié à MEE qu’ils toussaient fortement et qu’ils avaient des difficultés à respirer suite à ce qui serait une attaque chimique
Des images ont été diffusées montrant des Syriens, dont beaucoup d’enfants, ayant grand peine à respirer (capture d’écran @leloveluck)

On rapporte des soupçons d’attaque au chlore contre le quartier de Sukkari, à l’est d’Alep, ce mardi matin.

Des témoins oculaires présents sur place ont rapporté que cette supposée attaque chimique a été menée par le biais d’un missile tiré par un avion du gouvernement syrien.

Des images de civils fuyant les lieux de l’explosion en respirant très difficilement ont envahi les réseaux sociaux, tandis que des activistes affirmaient qu’une attaque au chlore s’était produite.

Des survivants ont déclaré à Middle East Eye que de nombreuses personnes suffoquaient et qu’elles avaient été contraintes à mettre un masque à gaz pour pouvoir respirer.

« Mes enfants et moi toussions tous, et nous avions beaucoup de mal à respirer après cette attaque, a témoigné Mariam Khawaja, une mère de famille de 32 ans vivant à Alep. Ma gorge me brûlait et j’avais les larmes aux yeux. Je n’avais qu’une chose en tête : mes enfants. »

Elle a ajouté que depuis le siège, son quartier a été pris pour cible en permanence par des avions militaires et des hélicoptères, ce qui a empêché sa famille de fuir.

Zouhir al-Shimale, contributeur de Middle East Eye et habitant d’Alep, a expliqué à MEE avoir vu de nombreuses personnes ayant des difficultés à respirer après l’attaque.

« Il y a eu de nombreuses victimes civiles à cause de cette attaque [perpétrée] par un avion de chasse », a-t-il déclaré depuis les lieux de l’incident.

Zouhir al-Shimale a affirmé qu’après l’attaque, il a enlevé son t-shirt et l’a imbibé d’eau pour pouvoir couvrir son nez et sa bouche en fuyant les lieux.

Il a également confié à MEE que des avions gouvernementaux survolaient les quartiers détenus par les rebelles tandis qu’on extrayait des civils des décombres suite à cette première attaque.

Salman Yusrn, un menuisier de 49 ans, a affirmé à MEE que des habitants criaient « couvrez-vous, c’est une attaque chimique » au moment où des missiles frappaient ce quartier résidentiel.

« Je n’ai pas vu la fumée de l’attaque chimique car il faisait trop sombre, mais j’ai bel et bien senti ma poitrine s’alourdir et se resserrer, a relaté Salman Yusrn.

« Ma famille et moi restions en mouvement pour assurer notre sécurité, et nous avons fini sur un toit survolé par des avions du gouvernement, a-t-il ajouté.

Au cours de l’attaque, de nombreux civils des environs ont été précipités au sol par la puissance de la déflagration des missiles, a expliqué Zouhir al-Shimale.

Il a affirmé que plus de 120 personnes avaient été amenées dans les hôpitaux locaux, et qu’un décès avait été confirmé.

Il y a déjà eu de nombreux rapports concernant des soupçons d’attaques chimiques en provenance du gouvernement syrien contre des zones sous contrôle rebelle.

Les forces de la Défense civile syrienne ont rapporté le mois dernier une attaque chimique présumée sur des quartiers détenus par des rebelles à Alep.

Le gouvernement syrien s’est débarrassé d’une grande partie de ses stocks d’armes chimiques suite à un accord négocié par la Russie.

Toutefois, le chlore avait été écarté de cet accord car il a également d’autres usages, comme la purification de l’eau.

Les rebelles ont effectué des avancées significatives contre le gouvernement syrien le mois dernier, après avoir mis fin à un siège gouvernemental qui empêchait le ravitaillement d’atteindre les quartiers d’Alep sous contrôle rebelle.

Cependant, le gouvernement a relancé le siège de la ville en fin de semaine dernière après avoir repris le contrôle d’itinéraires stratégiques pour le ravitaillement.

MEE a rapporté ce lundi que des civils syriens habitant les quartiers sous contrôle rebelle avaient commencé à stocker de la nourriture en prévision d’un tel siège.

Le mois dernier, la France a tenté de faire voter une résolution par le Conseil de sécurité des Nations unies dans le but de condamner le gouvernement syrien pour son recours aux armes chimiques, mais cette manœuvre a été contrée par la Russie.

Un rapport publié par l’ONU fin août concluait que le gouvernement syrien et le groupe État islamique avaient tous deux fait usage d’armes chimiques.

Ce rapport reprochait au gouvernement syrien d’avoir utilisé le chlore à deux reprises.

Staffan de Mistura, l’envoyé spécial de l’ONU en Syrie, a appelé le mois dernier à la mise en place d’un couloir humanitaire de 48 heures après que les rebelles ont débuté leur escalade contre le gouvernement syrien.

De Mistura a appelé les diplomates russes au sein de l’ONU ainsi que d’autres membres du Conseil de sécurité à s’engager pour faciliter la mise en place de ce corridor humanitaire.

Beaucoup avaient l’espoir d’un accord de paix entre les États-Unis et la Russie après la rencontre des dirigeants de ces deux pays en marge du sommet du G20 ce lundi, où ils ont évoqué ce conflit.

Cependant, les deux parties ne sont pas parvenues à un accord bien que leurs représentants aient passé des semaines à négocier en amont du sommet.

Traduit de l’anglais (original) par Mathieu Vigouroux.