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VIDÉO : Tripoli, théâtre de violences entre milices libyennes

Alors que des coups de feu et des explosions ont éclaté dans plusieurs quartiers de la capitale, le gouvernement central, politiquement très affaibli, n'a toujours pas réagi
Dans le ciel de Tripoli depuis deux jours, des fumées noires signalant des affrontements entre milices (Twitter @NadiaR_LY)
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Depuis jeudi, des combats entre milices secouent Tripoli, la capitale libyenne, sans que pour l’instant, les causes de ces affrontements apparaissent clairement. Selon une source locale contactée par Middle East Eye, ils seraient liés à des désaccords entre la milice d'Abdelhakim Belhadj (proche d'al-Qaïda) et des milices affiliées aux Frères musulmans. 

Selon les correspondants de l’AFP, des coups de feu et des explosions ont été entendu jeudi soir dans le sud de la ville et ce vendredi, des panaches de fumée noire s'élevaient dans le ciel de Tripoli et on entendait encore des détonations dans les quartiers d'Abou Salim et Habda. Un témoin a rapporté à Reuters que l’axe routier passant à proximité était bloqué par des containers.

La route de l'aéroport a été bloquée par des containers (Twitter @alzntany550)

Des armes lourdes ont été déployées, et des chars et des pick-up ont pris position dans certains quartiers du sud de la capitale libyenne, sous la coupe d'une mosaïque de milices de diverses obédiences.

Des tirs d'armes automatiques ont été signalés dans d'autres quartiers de la capitale, où le Gouvernement d'accord national (GNA) formé sous l'égide de l'ONU le 30 mars dernier, censé restaurer l’autorité centrale avec le soutien de la communauté internationale, n'a toujours pas réussi à imposer son autorité aux milices.

De nombreux Libyens accusent Fayez al-Sarraj de ne pas avoir été capable de résoudre les problèmes économiques du pays, de rétablir les services publics et la sécurité. Les récents combats devraient encore affaiblir sa légitimité.

Traduction : « Aucun mot des trois gouvernements "légitimes" alors que la capitale est en feu »

En octobre dernier, le chef d’un ancien gouvernement libyen, Khalifa al-Ghweil, écarté en avril après la formation d'un exécutif d'union nationale soutenu par la communauté internationale, s’était emparé des locaux du Conseil d'État. Khalif al-Ghweil qui occupe toujours le bâtiment, bénéficie de l'appui de quelques milices, dont des islamistes, de la coalition Fajr Libya qui s'était emparée de la capitale Tripoli durant l'été 2014.

Traduction : « Un des groupes de milices utilisant une arme manuelle dans le centre de Tripoli »

« Les affrontements entre milices à Tripoli n'ont pas cessé et il n'y a aucune trace du GNA », a dit à Reuters Mohamed Salem, un habitant de la ville. « C'est une guerre de pouvoir (...) Chaque milice veut gagner de l'influence car elles savent que si elles contrôlent la capitale, elles détiennent le pouvoir ».

Des informations évoquant la mort d'au moins sept personnes ont circulé mais n'ont pas été confirmées.

Des combats quasi-quotidiens opposent ces groupes armés qui se livrent, depuis la chute du dirigeant de Mouammar Kadhafi en 2011, à une lutte d'influence mais ces affrontements sont en tout cas les plus violents depuis plus d'un an dans la capitale.

Pour l’instant, les raisons de ces affrontements ne sont pas claires. En plus des motivations politiques, des rivalités opposent groupes salafistes et autres milices islamistes anti-GNA et loyales au mufti controversé Sadek al-Ghariani, qui dirige Dar al-Iftaa, la plus haute autorité religieuse du pays.

La tension entre les deux camps est montée d'un cran depuis l'annonce le 21 novembre du meurtre de cheikh Nader al-Omrani, membre de Dar al-Iftaa.

La tension entre milices est montée d'un cran depuis l'annonce le 21 novembre du meurtre du cheikh Nader al-Omrani, à la tête de l’Organisation des oulémas de Libye (YouTube)

Les salafistes ont été accusés par leurs rivaux d'être derrière l'enlèvement puis l'exécution du cheikh al-Omrani, ce qu'ils sont démenti.

Ces affrontements surviennent alors que mercredi à Washington, Jonathan Winer, l’envoyé spécial américain pour la Libye a relevé que peu de progrès ont été réalisés sur le chemin du rétablissement de la paix. « Nous ne voyons aucune solution aux divisions politiques » en Libye a-t-il déclaré lors de son audition au Congrès sur la situation sécuritaire en Libye.

« Un progrès durable ne sera possible que si les Libyens surmontent leurs différends politiques », a-t-il ajouté en précisant qu’à court terme, « une médiation intensive pour faire avancer le processus politique sera déterminante ».

Fayez al-Sarraj est attendu cette semaine à Alger.http://www.middleeasteye.net/reportages/libye-fayez-al-sarraj-cherche-un-soutien-alger-1214943354