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En Tunisie, un député est appelé à démissionner après avoir traité les binationaux de « bâtards » et de « déchets »

En insultant les Tunisiens ayant la double nationalité, le député Safi Saïd a indigné l’opinion publique et relancé pour la énième fois la polémique sur ce sujet sensible 
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Le 10 janvier au Parlement, lors du vote de confiance au gouvernement proposé par le Premier ministre, Habib Jemli, le député indépendant Safi Saïd, candidat à l’élection présidentielle anticipée de 2019, a tenu des propos controversés visant les Tunisiens ayant une double nationalité.

Le député a traité les ministres binationaux de « déchets » et de « bâtards », appelant à leur éjection de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

Ces propos ont suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux dénonçant les paroles du député. Le sociologue Vincent Geisser a par exemple qualifié les propos de Safi Saïd de « grossiers ».

L’ancienne députée Karima Souid, qui a la double nationalité française et tunisienne, estime que les propos de Safi Saïd « prônent la division et l’exclusion ».

Les internautes tunisiens se sont aussi indignés. Certains ont rappelé l’apport des binationaux à la Tunisie.

D’autres ont appelé le député à démissionner.

Les jours suivants, la polémique suscitée par Safi Saïd a pris de l’ampleur. Plusieurs associations et membres de la société civile ont fermement condamné ses propos « discriminatoires », « racistes », qui portent atteinte aux droits de l’homme.

Le groupe Twensa Wnoss (Tunisiens à part entière, en dialecte tunisien) a appelé à la « levée de l’immunité parlementaire » dont bénéficie le député.

Dans un communiqué sur sa page Facebook officielle, le député Safi Saïd s’est défendu et s’est excusé.

Mais les excuses du député indépendant ne semblent pas suffire pour atténuer la polémique : un collectif de Tunisiens résidant à l’étranger et d’associations d’expatriés a décidé de le poursuivre en justice.

En Tunisie, les polémiques sur la double nationalité reviennent souvent dans le débat politique et citoyen. En août 2019, l’ancien chef du gouvernement, Youssef Chahed, l’avait notamment relancé en révélant avoir renoncé à sa nationalité française.