Aller au contenu principal

La coalition saoudienne et les Houthis enfreignent le droit international au Yémen, selon l’ONU

Selon un rapport confidentiel, les rebelles mettent en danger les Yéménites en utilisant délibérément des sites civils comme boucliers
Des Yéménites inspectent le site de l’explosion d’une voiture piégée, près de la ville d’al-Moukalla, le mois dernier (AFP)

Un rapport confidentiel de l’ONU a conclu que la coalition dirigée par l’Arabie saoudite qui combat au Yémen a délibérément bombardé une maison, tuant quatre enfants, et que les rebelles houthis ont utilisé des civils comme boucliers pour éviter d’être attaqués.

Ces actes constituent des violations du droit international humanitaire, selon le rapport produit par un groupe d’experts et obtenu par l’AFP ce jeudi.

« Le groupe d’experts a rendu compte de violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme commises par les forces houthies et de Saleh, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et les forces affiliées au gouvernement légitime du Yémen », a déclaré le rapport présenté au Conseil de sécurité.

Les experts mènent des enquêtes détaillées sur quatre frappes aériennes qui auraient été lancées par la coalition saoudienne, dont trois sont toujours en cours.

Dans le quatrième cas, six personnes, dont quatre enfants, ont été tuées lorsque la coalition a bombardé le 25 mai une maison dans un village du sud de la province de Lahij à l’aide de munitions à guidage de précision.

« Il est presque certain que la maison civile a été la cible délibérée de ces bombes aériennes à forte charge explosive », a souligné le rapport.

Le groupe d’experts a conclu que la coalition n’a pas pris de précautions et a « ainsi commis une violation du DIH », ou droit international humanitaire.

La coalition a commencé la campagne aérienne en mars 2015 pour repousser les rebelles houthis après que ces derniers ont pris la capitale Sanaa ainsi que d’autres parties du pays.

L’alliance saoudienne a nié à plusieurs reprises avoir visé délibérément des civils au cours de la guerre, qui a tué plus de 6 400 personnes.

Les Houthis « mettent délibérément en danger la population civile »

Dans la province de Taïz, les rebelles houthis ont caché leurs combattants et leurs équipements à proximité ou à l’intérieur de zones civiles « dans le but délibéré d’éviter d’être attaqués », a déclaré le rapport.

« Ce faisant, il est presque certain que les Houthis mettent délibérément en danger la population civile et les biens civils et les exposent aux dangers du conflit », a ajouté le rapport.

Ce dernier comporte une photographie d’un char stationné à l’université de Taïz et indique qu’une enquête est en cours concernant plusieurs témoignages ayant fait état de l’utilisation de sites civils comme boucliers.

Alors que la guerre continue de faire rage, la Banque centrale du Yémen souffre d’une grave hémorragie de liquidités.

Environ 100 millions de dollars sont détournés tous les mois pour soutenir les Houthis, qui ont pu accéder aux réserves, selon le rapport.

Les réserves de change du Yémen ont fondu, passant d’environ 4 milliards de dollars en novembre 2014 à leur niveau critique actuel d’1,3 milliard de dollars.

L’échec des pourparlers de paix

Lundi, la délégation du gouvernement yéménite présente aux pourparlers de paix a décidé de quitter le pays hôte, le Koweït, après que les Houthis ont rejeté un projet de plan de paix proposé par l’ONU, a affirmé un porte-parole.

« Nous partons aujourd’hui après avoir rempli notre part dans les négociations », a déclaré à l’AFP le porte-parole Mohammad al-Emrani.

« La balle est désormais dans le camp des rebelles », a-t-il ajouté.

La délégation est repartie pour Riyad après avoir informé l’envoyé spécial de l’ONU Ismaïl Ould Cheikh Ahmed qu’elle était prête à signer le plan de paix proposé que les Houthis ont rejeté, a indiqué Emrani.

Les Houthis et leur allié clé, l’ancien président Ali Abdallah Saleh, ont rejeté dimanche le plan de paix, affirmant que celui-ci était incomplet.

« L’autre partie détient désormais la clé de l’échec ou de la réussite des pourparlers [...] S’ils acceptent le plan, notre délégation reviendra », a déclaré Emrani.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.