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Pour Cameron, les Frères musulmans sont un « rite de passage » à la violence

Le Premier ministre britannique a publié un communiqué concernant le tant attendu rapport Jenkins sur les Frères musulmans ; la confrérie ne sera pas interdite au Royaume-Uni
Un manifestant brandit une pancarte arborant le visage du président égyptien évincé Mohamed Morsi (AFP)
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David Cameron a déclaré que le Royaume-Uni n’interdira pas les Frères musulmans, mais a souligné qu’avoir des liens avec ce groupe pourrait être un « possible indicateur d’extrémisme ».

Dans une déclaration écrite, le Premier ministre britannique a indiqué jeudi que les Frères musulmans continueraient à faire l’objet d’un examen afin de garantir qu’ils n’enfreignent pas les lois britanniques en matière de terrorisme et de financement du terrorisme.

Cette déclaration résumait les conclusions du rapport Jenkins sur le groupe, dont la publication a été retardée à plusieurs reprises et ne sera maintenant pas publié dans son intégralité.

Cameron a souligné jeudi que la vision du gouvernement sur les Frères musulmans doit s’adapter à l’évolution du groupe.

« Les conclusions ont révélé beaucoup de choses que nous ignorions, mais les travaux se poursuivront pour nous assurer de suivre toute évolution », a-t-il précisé.

La déclaration de Cameron a été communiquée sans débat parlementaire et quelques heures avant que les députés ne se séparent pour les vacances de Noël.

« Certains des Frères musulmans ont une relation très ambiguë avec l’extrémisme violent », a déclaré Cameron dans son communiqué. « Tant comme idéologie que comme réseau, ils sont un rite de passage pour certains individus et groupes qui se sont ensuite engagés dans la voie de la violence et du terrorisme. »

« Ils ont manifesté leur opposition à al-Qaïda, mais n’ont jamais dénoncé de manière crédible l’utilisation par les organisations terroristes de l’œuvre de Sayyid Qutb, un des plus importants idéologues de la fraternité. »

Sayyid Qutb était un membre important de la confrérie égyptienne dans les années 50 et 60.

Cet examen s’est achevé l’été dernier après que les alliés des Britanniques, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ont exhorté Londres à suivre leur exemple et à interdire le groupe. Il a été par la suite retardé un certain nombre de fois.

Middle East Eye a rapporté que le renseignement britannique avait déjà prévenu Cameron que l’examen des liens entre le terrorisme et les Frères musulmans serait « inutile » et non une question de sécurité nationale.

Le MI5 a mis en garde le Premier ministre : le lancement de cet examen risquait de nuire aux relations avec des éléments de la communauté musulmane britannique, qu’ils ont utilisés dans le passé pour évincer les « djihadistes salafistes » de mosquées en Grande-Bretagne.

Cameron a déclaré que certains aspects de l’idéologie et des activités des Frères musulmans sont en contradiction avec les « valeurs britanniques de démocratie, de liberté individuelle et de respect mutuel des différentes religions et croyances. »

« J’ai exprimé clairement la détermination de ce gouvernement à rejeter l’intolérance et à lutter non seulement contre l’extrémisme islamiste violent, mais aussi contre ceux qui créent les conditions de son épanouissement », a-t-il affirmé.

Le gouvernement n’a pas apporté de modifications à sa gestion du groupe, et Cameron a ensuite énuméré un certain nombre de politiques existantes que le Royaume-Uni met déjà en œuvre vis-à-vis du groupe, comme le refus de visas aux membres ou affiliés qui ont fait des « remarques extrémistes » et la surveillance des organismes de bienfaisance affiliés pour s’assurer que les fonds ne servent pas à financer le groupe lui-même.

Le Premier ministre a invoqué la stratégie de lutte contre l’extrémisme du Royaume-Uni qui tirera partie des informations des missions à l’étranger du gouvernement afin de mieux comprendre les moteurs, les réseaux et les idéologies.

« Nous allons continuer à consulter et partager des informations et des analyses avec les gouvernements du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, le cas échéant », a-t-il déclaré. « Nous prendrons ensuite d’autres décisions et mesures si nécessaire. »

 

Traduction de l’anglais (original) par VECTranslation.