Golfe : les Saoudiens utilisent un « accord secret » de 2013 pour faire pression sur le Qatar

Golfe : les Saoudiens utilisent un « accord secret » de 2013 pour faire pression sur le Qatar

#TensionsGolfe

Riyad a déclaré que Doha avait enfreint les conditions d’accords écrits à la main qui s’engageaient à mettre un terme à toute interférence alors que les États arabes maintiennent leur blocus sur le Qatar

Un homme écrit sur une peinture murale en soutien à l’émir du Qatar, Tamim, à Doha (Reuters)
MEE et agences's picture
11 juillet 2017
Last update: 
Tuesday 11 July 2017 14:10 UTC
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11 juillet 2017

Un quartet d’États arabes menés par l’Arabie saoudite cherche à faire pression sur le Qatar suite à des accusations selon lesquelles le Qatar soutient le terrorisme, et affirme que la publication d’accords secrets entre Riyad et Doha montre que le Qatar a rompu sa promesse de ne pas intervenir dans les affaires des pays du Golfe.

Le texte écrit à la main des accords de 2013 et 2014, dont l’existence était connue mais dont le contenu n’avait jamais été rendu public, a été publié par CNN lundi et publié plus tard sur les réseaux sociaux par des hauts responsables saoudiens.

Dans une déclaration commune, Bahreïn, l’Égypte, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont déclaré que la publication de ces accords, qui cherchaient à résoudre une dispute entre le Qatar et ses voisins du Golfe, « confirme au-delà de tout doute l’échec du Qatar à respecter ses engagements et sa violation complète de ses promesses ».

Dans le premier accord de 2013, les États du Golfe promettent de ne pas soutenir les médias hostiles – une référence apparente au média qatari Al Jazeera, accusée par le quartet mené par l’Arabie saoudite d’attaquer les pouvoirs régionaux.

Un document additionnel à l’accord de 2013 comprend des dispositions pour interdire les Frères musulmans. Les accords ne ciblent pas particulièrement le Qatar, les dispositions s’appliquant à tous les États qui les ont signés.  

Les quatre États ont imposé des sanctions sur Doha le 5 juin, et l’ont accusé de soutenir le terrorisme, de se rapprocher de l’Iran, de soutenir les Frères musulmans – la plus ancienne organisation islamiste du monde – et de faire de l’ingérence dans leurs affaires.

Les quatre pays ont déclaré que le Qatar s’était engagé à ne pas s’ingérer dans la politique de ses voisins dans les accords de 2013.

Le Qatar a rejeté les accusations et a répondu que les quatre pays essayaient d’imposer leurs propres vues sur sa politique étrangère.

Le document a été diffusé alors que le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, est arrivé dans la région pour aider les alliés de Washington à trouver une solution à la crise.

Le Qatar a par la suite accusé l’Arabie saoudite et les EAU de rompre avec l’esprit de l’accord de Riyad et de s’engager dans une « attaque injustifiée et sans précédent contre la souveraineté du Qatar ».

L’accord de Riyad cherchait à améliorer la coopération entre les États souverains du Golfe et à éviter l’ingérence dans leurs affaires nationales, a déclaré l’agence de presse officielle du Qatar (QNA).

Les efforts de médiation du Koweït se sont heurtés à un problème la semaine dernière lorsque les quatre États arabes se sont déclarés déçus de la réponse du Qatar à leur liste de treize demandes.

Les Frères musulmans

Le Qatar a déclaré que les demandes, dont la fin du soutien à des groupes de combattants, la fermeture de la chaîne de télévision Al Jazeera, de la base militaire turque au Qatar et la limitation des liens avec l’Iran, constituaient des infractions à sa souveraineté.

Selon QNA, le cheikh Saïf ben Ahmed al-Thani, directeur de la communication du gouvernement qatari, a déclaré que les treize demandes n’avaient rien à voir avec l’accord de Riyad et que la crise actuelle était le résultat d’une campagne médiatique coordonnée contre le Qatar.

« Certaines des accusations et des demandes des pays menant le siège ne sont pas fondées, tandis que d’autres constituent une attaque injustifiée et sans précédent sur la souveraineté de l’État du Qatar, en violation avec les accords régionaux et internationaux. »

L’accord de 2013, conclu lors d’une réunion à Riyad accueillie par l’ancien roi saoudien Abdallah ben Abdulaziz, a été signé par l’émir du Qatar cheikh Tamim ben Hamad al-Thani et l’émir koweïti Sheikh Sabah al-Ahmad al-Jaber al-Sabah, tandis qu’un mécanisme de mise en œuvre a été signé par les ministres des Affaires étrangères des six pays du CCG.

Dans le document, les parties ont convenu de s’abstenir se soutenir « tout courant politique qui constitue une menace à n’importe quel membre du CCG », et prévoyaient que les leaders des Frères musulmans qui ne sont pas des citoyens du CCG quittent la zone.

 

Traduit de l’anglais (original).