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Algérie : Abdelmadjid Tebboune élu président avec 58,15 % des voix

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Algérie : Abdelmadjid Tebboune élu président avec 58,15 % des voix
Les résultats préliminaires de l’élection, annoncés ce vendredi 13 décembre par l’Autorité nationale indépendante des élections, donnent Abdelmadjid Tebboune président avec 58,15 % des voix

Mises à jour du direct

Les Tunisiens jettent un regard prudent sur l’élection algérienne
3 mois ago
Rassemblement contre l’élection présidentielle algérienne devant le consulat algérien à Tunis, le 11 décembre (MEE/ Maryline Dumas)
Rassemblement contre l’élection présidentielle algérienne devant le consulat algérien à Tunis, le 11 décembre (MEE/Maryline Dumas)

Mohamed n’a même pas eu la curiosité de se déplacer lorsqu’il a entendu quelques cris au loin. Attablé dans un café à une cinquantaine de mètres du consulat algérien à Tunis, où une dizaine de personnes s’étaient réunies mercredi en fin d’après-midi pour protester contre des « élections non transparentes », le quinquagénaire est blasé : « Les révolutions n’apportent rien de bon. Regardez en Tunisie. J’ai le droit de vous parler, mais je n’ai pas de quoi vivre dignement. »

L’indifférence de ce Tunisien pour l’élection présidentielle algérienne n’est pourtant pas majoritaire dans le pays. Au contraire, la population regarde avec attention ce qu’il se passe chez la « grande sœur » voisine, soutenant, généralement, les contestations populaires. L’inverse serait étonnant alors que 20 000 Algériens sont officiellement résidents en Tunisie et que les familles binationales sont légion.

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C’est le cas par exemple de Zouhour Ouamara. Cette professeure de droit est née d’un père algérien et d’une mère tunisienne. Ce mercredi, elle était devant le consulat algérien de Tunis, portant une pancarte « Ulac L’vote Ulac » (pas d’élection).

« Cette élection ne répond pas aux volontés du peuple. Nous voulons un État de droit », scandait-elle, dénonçant « les bureaux de vote ambulants mis en place sur tout le territoire tunisien pour augmenter illégalement la participation. »

Alors que Kais Saied, président élu le 13 octobre, a déclaré que sa première visite à l’étranger aurait lieu en Algérie, la jeune femme – qui a voté pour lui – lance un appel au chef de l’État tunisien : « Vous qui estimez être l’élu d’une révolution du peuple, n’allez pas soutenir un faux élu algérien issu de l’ancien régime. »

Alaa Talbi, membre du Forum social maghrébin, qui réunit des associations impliquées dans le hirak, ne se fait guère d’illusion : « Rien ne changera avec les nouveaux élus tunisiens [le Parlement a été renouvelé en septembre]. On l’a vu le 1er novembre [pour la fête nationale] aux festivités de l’ambassade algérienne : Ghannouchi [président du nouveau parlement], Chahed [Premier ministre en charge des affaires courantes], Jemli [Premier ministre nommé]... tout le monde était là ! Le pouvoir tunisien et la majorité des partis sont dans une complicité totale avec le régime algérien. »

Officiellement, les autorités tunisiennes se disent neutres. Elles doivent en fait conjuguer leur tradition diplomatique de non-interférence dans les affaires internes d’un autre pays, leur image de modèle du Printemps arabe – tout en insistant sur le fait que l’histoire tunisienne ne peut pas être « calquée » ailleurs, selon l’expression d’un haut fonctionnaire – et la coopération étroite entre les armées algérienne et tunisienne.

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Un équilibre délicat pour la Tunisie, qui compte sur l’Algérie pour la sécurité de ses frontières occidentales. Pas question donc d’envisager un scénario catastrophe qui aurait forcément des répercussions sur la jeune démocratie.

Pour Nadia Mesghouni, responsable des affaires étrangères à l’Institut tunisien des études stratégiques, sous la tutelle de la présidence, quelles que soient les complications éventuelles, le retour en arrière n’est plus possible en Algérie : « Le régime et l’armée savent qu’ils sont sous le contrôle du peuple. La moindre corruption, le moindre faux pas sera guetté par la population. »

Par Maryline Dumas à Tunis.

Abdelmadjid Tebboune, un favori malmené par… les médias proches du pouvoir
3 mois ago
Le candidat Abdelmadjid Tebboune vote à l'élection présidentielle algérienne, à Alger, le 12 décembre 2019
Le candidat Abdelmadjid Tebboune vote à l'élection présidentielle algérienne, à Alger, le 12 décembre 2019 (AFP)

Donné candidat favori en début de campagne, Abdelmadjid Tebboune, 74 ans, aurait perdu de sa popularité après une campagne très hostile menée par des médias proches du pouvoir et du cercle Bouteflika.

Haut fonctionnaire de carrière, plusieurs fois wali (préfet), Abdelmajid Tebboune fut pour la première fois ministre délégué en 1991, sous la présidence de Chadli Bendjedid.

Tout juste élu président, Abdelaziz Bouteflika le rappellera au gouvernement en 1999, où il restera jusqu’en 2002. Il redevient ministre en 2012, jusqu’en 2017, lorsqu’il prend la tête du gouvernement. Il est limogé au bout de trois mois seulement après s’être attaqué aux oligarques gravitant dans l’entourage du chef de l’État, dont la plupart sont aujourd’hui emprisonnés dans des dossiers de corruption présumée. 

Il est toujours membre du comité central du Front de libération nationale (FLN), mais se présente comme candidat indépendant.

Ce qu’en pense la presse algérienne 
3 mois ago

La presse algérienne a abondement commenté la présidentielle de ce jeudi. Le quotidien gouvernemental El Moudjahid écrit dans son éditorial en une du journal : « L’heure du choix est donc arrivée pour l’émergence d’une ‘’Algérie grande et digne’’ à même de surmonter cette épreuve décisive, comme elle a toujours su le faire à chaque étape majeure de son existence, et poser les jalons d’un avenir prometteur pour tous ses enfants injustement privés du rêve algérien, porteur des idéaux de liberté, de progrès et de dignité, violé par vingt ans de régime autoritaire. »

Ce n’est bien évidemment pas l’avis des journaux privés. Pour l’éditorialiste de Liberté, « cette élection aura inévitablement des conséquences dont la première sera un élargissement du fossé entre le peuple et les décideurs et, peut-être, une transformation de ce sentiment de méfiance des Algériens en une attitude de défiance. Et il est évident qu’au regard des modalités de son ‘’élection’’, le futur chef de l’État, s’il en sort un de ce scrutin, ne sera pas en mesure de réparer les dégâts qu’aura occasionnés cette confrontation qui dure depuis près de dix mois ». 

Quant à El Watan, l’éditorial semble inquiet des dérapages violents que peut provoquer le scrutin : « Le maître-mot du combat du peuple algérien est ‘’démocratie’’, c’est-à-dire la liberté pour chacun de choisir dans le respect des lois. Aujourd’hui, les citoyens vont se rendre aux urnes. Il est du devoir de tout un chacun de respecter ce choix. Ceux qui militent pour une véritable démocratie n’en sortiront que plus grands. Ce sera une leçon et une victoire sur l’autoritarisme ainsi que sur ceux qui ont une vision étriquée de la démocratie. » 

7,92 % de participation à 11 h
3 mois ago
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Dans un bureau de vote à Alger ce jeudi 12 décembre (AFP)

Selon le président de l’Autorité nationale indépendante des élections, Mohamed Charfi, le taux de participation à la présidentielle à 11 h est de 7,92 %. Charfi a aussi indiqué que 90 % des bureaux de vote sont ouverts et que 5 % ont connu des « perturbations ». 

Ali Benflis, opposant ou « briscard du système » ?
3 mois ago
Ali Benflis se présente pour la troisième fois à la présidentielle (AFP)

Le candidat du Parti de l’avant-garde des libertés, Ali Benflis, a voté à son tour. Il se présente pour la troisième fois à la présidentielle. Ancien magistrat, puis avocat, il fut ministre de la Justice de 1988 à 1991 et a intégré le bureau politique du FLN en 1989.

Directeur de campagne d’Abdelaziz Bouteflika en 1999, il devient son directeur de cabinet une fois élu, puis son chef du gouvernement en 2000. Les deux hommes entretiennent des liens privilégiés mais se brouillent en 2003, quand Ali Benflis, à qui le chef de l’État a confié la tête du FLN, envisage de se présenter à la présidentielle de 2004.

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Candidat du FLN, il n’obtient que 6,42 % des voix, sévèrement battu par Abdelaziz Bouteflika (85 %) dès le premier tour. Il quitte le parti, repris en main par le chef de l’État, qui le bat à nouveau au premier tour en 2014 (12,18 % des voix).

Ali Benflis se présente depuis quinze ans comme le principal « opposant » en Algérie mais pour ses détracteurs, c’est un « briscard du système ».

« Je suis un homme qui n’a pas attendu le 22 février pour se révolter contre le pouvoir. Je le défie et le combats depuis 2004 », se défend-il.

Il s’est notamment engagé à dissoudre le Parlement et à promouvoir une nouvelle Constitution, dans une volonté apparente de donner des gages aux manifestants qui refusent la tenue du scrutin.

En présentant son programme « d’urgence nationale », Ali Benflis a assuré que celui-ci était dans la « droite ligne des revendications de la révolution pacifique et démocratique ».

Sa candidature vise à obtenir une « rupture radicale avec l’ancien régime » et « l’avènement d’un nouveau système politique », a plaidé celui qui termina deuxième aussi bien en 2004 qu’en 2014.

« Je vote car j’ai peur que le pays s’enlise dans la crise »
3 mois ago
Sur 43 millions d’habitants, l’Algérie compte 24 millions d’électeurs (AFP)

Au lycée Émir Abdelkader, dans un quartier populaire d’Alger, les électeurs venus voter jeudi pour élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika disent l’avoir fait par devoir et par crainte de voir l’Algérie basculer dans l’instabilité.

« Je vote car j’ai peur que le pays s’enlise dans la crise », explique à l’AFP Karim, un fonctionnaire de 28 ans.

Mahdid Saadi, un retraité de 76 ans, montre sa carte d’électeur avec de très nombreux tampons : « J’ai toujours voté et je vote encore aujourd’hui, c’est un devoir. »

Il est encore trop tôt pour se faire une idée de la participation, traditionnellement faible ces dernières années, mais la plupart des observateurs s’attendent à une très forte abstention, le hirak, puissant mouvement de contestation populaire qui ébranle l’Algérie depuis février boycottant le scrutin.

Dans le centre-ville, la police est sur les dents, avec des camions anti-émeute et des canons à eau. Un hélicoptère survole la capitale.

Un début de manifestation y a été rapidement dispersé devant la Faculté centrale et une dizaine de personnes interpellées par des policiers armés de matraque, selon des journalistes de l’AFP.

Et les forces de l’ordre s’efforçaient, parfois violemment, d’empêcher le moindre rassemblement.

« Les choses doivent changer »

Au lycée Abdelkader, établissement qui remonte à l’époque coloniale, le plus grand centre électoral du quartier de Bab El Oued était animé dès son ouverture.

Dans la file d’attente, il y a les plus âgés, qui votent traditionnellement le matin, mais aussi des jeunes, en nombre inhabituel aux premières heures de la matinée.

La plupart de ces derniers refusent de donner leur nom de famille par peur de se faire insulter sur les réseaux sociaux. Parmi ces votants, plusieurs fonctionnaires, quelques étudiants.

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Ailleurs, en revanche, le centre de vote Sebbala 2 à El Achour, sur les hauteurs d’Alger, est quasiment désert. Les électeurs arrivent au compte-gouttes. À 8 h 40, 40 minutes après l’heure d’ouverture des 61 014 bureaux de vote du pays, seuls quatre électeurs ont voté sur un total de 1 000 inscrits répartis sur deux bureaux de vote.

« J’ai voté par conviction et pour la stabilité du pays », déclare à l’AFP un homme qui, lui aussi, refuse de donner son nom. On vote peu également à Staouéli, une banlieue de l’ouest de la capitale, a constaté un photographe de l’AFP.

Dans le quartier populaire de Belouizdad (ex-Belcourt), une poignée de femmes seulement ont déposé leur bulletin dans l’urne à l’école Mohamed Zekal.

Une électrice de 66 ans dit qu’elle a toujours voté.

Pour Samia, 33 ans, doctorante en sciences, « les choses doivent changer ».

La télévision nationale, elle, montre des files d’attente d’électeurs dans des bureaux de vote, notamment à Blida (à 45 km au sud-ouest d’Alger).