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Revue de presse arabe : intrigue royale à Bahreïn et montée de l’islamophobie en France

Le roi de Bahreïn tente un remaniement avec l’appui des EAU, les stars des réseaux sociaux émiratis doivent désormais demander une autorisation au gouvernement, et les Algériens sont inquiets de la montée de l’islamophobie en France
Hamed ben Issa al-Khalifa, le roi de Bahreïn (AFP)

Bataille royale à Bahreïn

Des sources qualifiées de bien placées ont révélé au journal Al-Quds al-Arabi basé à Londres qu’une lutte pour le pouvoir était en train de se jouer entre le roi Hamed ben Issa al-Khalifa de Bahreïn et son Premier ministre, Khalifa ben Salmane al-Khalifa.

Le roi Hamed, soutenu par le prince héritier d’Abou Dabi Mohammed ben Zayed al-Nahyane, tenterait de démettre Khalifa ben Salmane al-Khalifa des fonctions qu’il occupe depuis 1970.

Toujours selon les sources, cette lutte pour le pouvoir ferait partie d’un plan plus large visant à changer l’ordre de succession au sein de la famille royale bahreïnie, en remplaçant le prince héritier actuel, Salmane ben Hamed al-Khalifa, par son frère Nasser ben Hamed al-Khalifa, le quatrième fils du roi Hamed, et son préféré.

Toutefois, d’après les mêmes sources, on ignore si Salmane ben Hamed sera désigné Premier ministre afin de l’éloigner de la couronne.

Al-Quds al-Arabi affirme que cette course au pouvoir au sein de la famille royale a été accentuée par la longue rivalité entre le roi Hamed et Khalifa ben Salmane, ainsi que le désir de ben Zayed de maintenir Bahreïn sous l’emprise des Émirats.

Une source diplomatique du Golfe a révélé à Middle East Eye que les dirigeants plus âgés du Golfe considèrent Khalifa comme le véritable dirigeant de Bahreïn et le garant de la sécurité des musulmans sunnites, tandis qu’ils jugent que l’actuel émir est « faible ».

Mais, selon la même source, les plus jeunes et plus puissants princes héritiers des Émirats arabes unis et d’Arabie saoudite, Mohammed ben Zayed et Mohammed ben Salmane, se sont ralliés à l’émir bahreïni et souhaitent écarter son Premier ministre.

Le roi Hamed ben Issa al-Khalifa (à gauche) chercherait à renverser le cheikh Khalifa ben Salmane al-Khalifa

La source de MEE a indiqué que ben Zayed cherchait à accroître son influence à Bahreïn et considérait l’émir comme un ami proche et un allié.

« En tant que roi saoudien, Abdallah s’est opposé à l’élimination de Khalifa. Le roi Salmane et l’émir du Koweït le considèrent également comme étant la bonne personne au bon endroit », a révélé la source.

« Cependant, Mohammed ben Salmane n’a aucune relation avec lui et ne se soucie pas beaucoup de lui. Il est probable que ben Salmane n’hésite pas à renverser le Premier ministre afin de satisfaire ben Zayed, lequel cherche à changer la situation à Bahreïn en couronnant un nouveau prince et en renversant les vieilles figures. »

Adel Marzooq, un célèbre journaliste bahreïni basé à Londres, a déclaré dans une série de tweets que ce conflit « violent et irresponsable » dans les coulisses du pouvoir bahreïni « n’est pas une blague et ne présage rien de bon. C’est en fait un grave développement ».

Un permis pour tweeter

À partir du mois prochain, les Émirats arabes unis vont commencer à mettre en œuvre une nouvelle loi réglementant les médias en ligne, y compris les publicités et les réseaux sociaux, selon l’agence de presse en ligne Arabi21.

La loi exige que les personnalités publiques actives sur les réseaux sociaux et les célébrités d’internet obtiennent du gouvernement une licence commerciale et publicitaire pour publier du contenu publicitaire sur Facebook, Twitter et d’autres réseaux sociaux.

La loi, adoptée en mars et qui entrera en vigueur en juillet, établit la valeur de la licence à 15 000 dirhams (4 080 dollars) par an et prévoit une amende de 5 000 dirhams (1 360 dollars) en cas de contravention.

Les Algériens sont inquiets de la montée de l’islamophobie en France

L’Observatoire de l’islamophobie en France a révélé une montée des agressions islamophobes ciblant la communauté musulmane dans le pays, suscitant ainsi les inquiétudes de la communauté algérienne, dont est issue la majorité des musulmans de France, selon le journal algérien Echorouk el-Yawmi.

Durant la période allant du 29 mai au 3 juin, l’Observatoire a documenté de multiples agressions, dont une attaque à l’arme à feu, une agression sexuelle, un incendie criminel et la profanation de lieux de culte pendant le mois sacré du Ramadan, conduisant le président de l’Observatoire, Abdallah Zikri, à déclarer que la situation était devenue inquiétante.

L’Observatoire a expliqué que ce phénomène n’était pas nouveau dans la mesure où les musulmans sont depuis longtemps la cible d’attaques racistes en France. L’institution a récemment fait état d’une augmentation de 138 % des menaces islamophobes entre janvier et mars par rapport à la même période en 2017.

*La revue de presse arabe est un condensé d’articles parus dans les médias de langue arabe qui ne sont pas vérifiés de manière indépendante par Middle East Eye.