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Connaissez-vous TOUS les films arabes pré-sélectionnés aux Oscars ?

Le cinéma arabe se porte bien. La preuve avec les neuf longs métrages pré-sélectionnés pour la cérémonie des Oscars, le 26 février 2017. Une nouvelle short list est attendue le 15 décembre au soir
Un ou plusieurs films arabes seront-ils nominés aux Oscars ? Réponse le 24 janvier (Oscars)
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2016 restera une année faste pour le cinéma arabe : neuf films ont été retenus pour une pré-sélection dans la catégorie « meilleur film en langue étrangère » aux Oscars. La liste des neuf finalistes sera annoncée le 15 décembre au soir, et celle des cinq nominés le 24 janvier 2017.

« Le Puits », de Lotfi Bouchouchi - Algérie

L’histoire : les femmes et les enfants d'un village du sud algérien se retrouvent assiégés par des soldats et ne peuvent sortir au risque de se faire tuer. Petit à petit, ces villageois sont confrontés à la soif. Au point où bientôt se pose pour eux le dilemme de choisir leur mort. Une nouvelle vision de l'histoire de la guerre d’indépendance.

Plusieurs fois récompensé, le film a remporté le Grand prix (meilleur long métrage) du 9e Festival international du film de Mascate (Sultanat d'Oman) en plus de quatre prix lors du 31e Festival du cinéma méditerranéen d'Alexandrie (Égypte), dont le grand prix du meilleur film arabe. Il a également décroché le Grand prix du 5e Festival maghrébin du film d'Oujda (Maroc) et dernièrement le prix du meilleur réalisateur au 9e Festival international d'Oran du film arabe (FIOFA).

Pour l’anecdote, l'Algérie est le premier pays arabe à avoir décroché l'Oscar du meilleur film en langue étrangère avec « Z » de Costa Gavras en 1969.

« Barakah yokabil Barakah » (Barakah meets Barakah), de Mahmoud Sabbagh - Arabie saoudite

L’histoire : lui est fonctionnaire municipal de la ville de Djedda, d’une famille dont le statut social n’est pas des meilleurs. Elle est la fille adoptive d’une famille très riche, d’une beauté sauvage. Lui joue dans une troupe amateure qui répète « Hamlet », elle aguiche le client pour la boutique de mode de sa mère adoptive. Le destin les fait se rencontrer et ils vont vouloir se revoir dans un pays où les rendez-vous galants sont interdits et combattus de multiples manières. « Avec du charme et de l’humour, (le film) apporte un message politique sur une jeunesse qui a soif de liberté », a déclaré le jury œcuménique de la 66e Berlinale qui lui a remis un prix.

« Eshtebak » (Clash), de Mohamed Diab - Égypte

L’histoire : Le Caire, été 2013, deux ans après la révolution égyptienne. Au lendemain de la destitution du président islamiste Morsi, un jour de violentes émeutes, des dizaines de manifestants aux convictions politiques et religieuses divergentes sont embarqués dans un fourgon de police. Sauront-ils surmonter leurs différences pour s'en sortir ?

Projeté au festival de Cannes, il a été nominé dans six catégories de la sélection « Un certain regard ».

« Massafat mile bihidavi » (A mile in my shoes), de Saïd Khallouf – Maroc

L’histoire : Said, un adolescent qui a toujours vécu dans la misère et la souffrance, décide de se venger d’une société cruelle et intolérante. À partir de cette trame, le film évoque des problèmes sociaux : enfants de la rue, viol, exploitation humaine, violence contre les femmes, autorité parentale outrancière.

Ce long-métrage a remporté en février la palme d'or du festival du film arabe et européen à Louxor, en Égypte, et le Grand prix du festival du film de Tanger. 

«  Ya tayr el tayer » (The Idol), de Hany Abu-Assad - Palestine

L’histoire : Mohammed Assaf et sa sœur sont depuis leur enfance sous le charme de la musique. Enfant, il chantait déjà sur des célébrations de mariage. À 25 ans, Assaf nourrit d'autres ambitions : il veut participer à l'émission de la chaîne MBC « Arab Idol », pour lequel il devra faire un voyage dangereux de la bande de Gaza vers l'Égypte. Sans passeport, en passant secrètement la frontière sans invitation officielle, même pour une audition, il prend le risque et avec succès. En 2013, il donne à sa patrie une sensation de victoire en chantant « Ali al-Keffiyeh », l'hymne officieux de la Palestine.

« 3000 layla » (3000 nights), de May Masri - Jordanie

L’histoire : dans les années 80, à la veille des événements de Sabra et Chatila. La révolte gronde dans une prison israélienne, où sont détenues des prisonnières politiques palestiniennes. Layal, une jeune institutrice de Naplouse, vient d’arriver, condamnée à huit ans de prison pour un attentat dans lequel elle n’est pas impliquée. Elle partage la cellule d’israéliennes condamnées pour droits communs et s’habitue progressivement à l’univers carcéral. Mais Layal découvre qu’elle est enceinte. Envers et contre tous, elle décide de garder l’enfant.

Le film a été nominé au 40e festival de Toronto et du festival du film de Londres en 2015.

« Kteer Kbir » (Very big shot), de Mir-Jean Bou Chaaya - Liban

L’histoire : condamné et incarcéré il y a cinq ans pour un meurtre commis par son frère aîné Ziad, Jad est sur le point d’être libéré. De son côté, Ziad, pourtant déterminé à changer de vie et à renoncer au trafic de drogue, voit ses projets contrariés par son fournisseur et se retrouve, malgré lui, entraîné dans une opération à grande échelle de trafic d’amphétamines à travers la frontière libano-syrienne. À sa sortie de prison, Jad souhaite se joindre à lui pour ce dernier coup qui devrait permettre aux deux frères de tourner définitivement la page, ce que Joe, le troisième frère, désapprouve totalement. Mais suite à une découverte faite par Ziad, le trio va se trouver entraîné dans une nouvelle aventure qui changera leur vie à jamais…

Le film a remporté l’Étoile d’or au 15e festival du film de Marrakech en 2015. Il a également été nominé au festival du film de Londres.

El clasico, de Mustafa Halkawt - Irak

L’histoire : Shirwan et Alan, deux frères irakiens, prennent la route vers l'Espagne. Alan veut plaire au père de Gona, celle qu’il aime, un supporter chauvin du Real Madrid. Une comédie en forme de road movie.

« I am Nojoom, age 10 and divorced » (Moi, Nojoom, 10 ans, divorcée), de Khadija al-Salami - Yémen

L’histoire : Nojoom yéménite de 10 ans demande à un juge de Sanaa (Yémen) de lui accorder le divorce d’un mariage horrible, après avoir été mariée immédiatement pour éviter un scandale public après le viol de sa sœur.

Tourné au Yémen « sans autorisation », ce film cerne une réalité sociale et culturelle dans ce pays de plus de vingt millions d’habitants et qui touche « 52 % de mineures dont 14 % ayant moins de 14 ans », selon la réalisatrice. Il a remporté entre autres le prix du meilleur long métrage du festival de Dubaï en 2014 et le Grand prix de la 12e édition du Festival international du film transsaharien (FIFT) de Zagora (Maroc) en 2015.