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Le FBI avait prévenu Amsterdam à propos des frères terroristes avant les attentats de Bruxelles

Les autorités néerlandaises ont affirmé avoir transmis le message du FBI à la police fédérale belge qui nie l’avoir reçu
Un soldat belge monte la garde devant la station de métro Maelbeek à Bruxelles la semaine dernière (AFP)

Le FBI avait fait part aux Pays-Bas de ses préoccupations au sujet des kamikazes Ibrahim el-Bakraoui et son frère Khalid six jours avant les attentats de Bruxelles, a révélé mardi le ministre de la Justice néerlandais.

Le lendemain, les responsables néerlandais ont transmis les informations du FBI – qui avait placé Ibrahim el-Bakraoui sur une liste de terroristes en septembre 2015 – à la Belgique.

Mardi, le ministre de la Justice Ard van der Steur a déclaré au Parlement néerlandais que la police avait reçu un rapport du FBI envoyé le 16 mars qui révélait les « antécédents criminels » d’Ibrahim el-Bakraoui et de son frère ainsi que les « les antécédents terroristes de Khalid ».

Le jour suivant « cette question a été soulevée lors d’un contact bilatéral entre les polices néerlandaise et belge », a déclaré van der Steur. « Les antécédents radicaux des deux frères ont été abordés. »

Il a également confirmé que les Américains avaient averti qu’Ibrahim était sur une liste de terroristes, indiquant qu’il avait été placé sur la liste de surveillance en septembre 2015.

Cependant, le service de police fédérale belge a affirmé ne pas avoir reçu d’information directe du FBI le 16 mars sur les frères Bakraoui.

Lors de la réunion entre les polices belge et néerlandaise le lendemain, la police fédérale a signalé qu’il n’y avait eu « aucune mention du message envoyé par le FBI à la police néerlandaise ».

Ibrahim el-Bakraoui était l’un des deux hommes qui s’est fait exploser à l’aéroport de Bruxelles, le 22 mars. Son frère, Khalid, s’est fait exploser à la station de métro Maelbeek.

Les révélations du ministre néerlandais surviennent alors que les autorités belges, critiquées, continuaient mardi à traquer un assaillant en fuite, une semaine après les attentats meurtriers dans la capitale belge qui ont tué 32 personnes.

La police fédérale belge a déclaré que, lors de la réunion avec les responsables néerlandais le 16 mars, ils ont discuté d’une descente de police à Bruxelles la veille au cours de laquelle un militant algérien ayant des liens avec le premier suspect des attentats de Paris, Salah Abdeslam, a été capturé. Khalid el-Bakraoui est soupçonné d’avoir loué l’appartement où le raid a eu lieu en utilisant un faux nom.

Sous pression tant sur le plan national qu’à l’étranger par rapport à une série manifeste d’indices manqués concernant les criminels liés à des réseaux militants, le gouvernement belge a admis que des erreurs avaient été commises.

L’exemple le plus flagrant étant que la Turquie a accusé la Belgique la semaine dernière d’avoir ignoré un danger évident et présent en révélant qu’elle avait expulsé Ibrahim el-Bakraoui l’an dernier car il était suspecté d’être un « terroriste », après son arrestation près de la frontière syrienne.

La semaine dernière, le ministre de la Justice néerlandais a confirmé que la Turquie avait renvoyé Bakraoui aux Pays-Bas en juillet, mais a souligné qu’il n’était pas connu des autorités néerlandaises ou inscrit sur des listes de surveillance.

On ne sait pas combien de temps Bakraoui est resté aux Pays-Bas avant de rentrer en Belgique, a déclaré van der Steur.

Traduction de l’anglais (original) par VECTranslation.