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Cet été, le Moyen-Orient s’invite sur grand écran

De l’Afghanistan au Danemark, voici une sélection de long-métrages de cet été qui traitent de différentes thématiques touchant le Moyen-Orient
Scène du film Mon tissu préféré (capture d'écran)
Par MEE

Parvana 

De Nora Twomey

L'histoire. En Afghanistan, sous le régime taliban, Parvana, 11 ans, grandit à Kaboul ravagée par la guerre. Elle aime écouter les histoires que lui raconte son père, lecteur et écrivain public. Mais un jour, il est arrêté et la vie de Parvana bascule à jamais. Car sans être accompagnée d’un homme, on ne peut plus travailler, ramener de l'argent ni même acheter de la nourriture.

Parvana décide alors de se couper les cheveux et de se travestir en garçon afin de venir en aide à sa famille. Risquant à tout moment d'être démasquée, elle reste déterminée à trouver un moyen de sauver son père. Parvana est un conte merveilleux sur l'émancipation des femmes et l'imagination face à l'oppression.

Ce qu’en dit la critique. « Nora Twomey signe un plaidoyer pour la culture et pour la mémoire, sources de résistance à l’obscurantisme », relève Télérama« Et un éloge vibrant de l’imaginaire qui nous console de la réalité, tout en nous inspirant pour la rendre meilleure… »

Mon tissu préféré 

De Gaya Jiji

L'histoire. Damas, mars 2011. La révolution commence à gronder. Nahla est une jeune femme de 25 ans, tiraillée entre son désir de liberté et l’espoir de quitter le pays grâce au mariage arrangé avec Samir, un Syrien expatrié aux États-Unis. Mais Samir lui préfère sa jeune sœur Myriam, plus docile. Nahla se rapproche alors de sa nouvelle voisine, Madame Jiji, qui vient d’arriver dans l’immeuble pour ouvrir une maison close.

Ce qu’en dit la critique. « Mon tissu préféré confirme la naissance d'une actrice : la comédienne franco-libanaise Manal Issa. Déjà remarquée dans Peur de rien et Nocturama », écrit Paris Match, « sa présence magnétique, son regard las et sa mine boudeuse charment le spectateur comme le mari promis qu'elle repousse ». 

Foxtrot 

De Samuel Maoz

https://www.youtube.com/watch?v=dz_VWIXgNaE

L'histoire. Michael et Dafna, mariés depuis 30 ans, mènent une vie heureuse à Tel Aviv. Leur fils aîné Yonatan effectue son service militaire sur un poste-frontière, en plein désert. Un matin, des soldats sonnent à la porte du foyer familial. Le choc de l’annonce va réveiller chez Michael une blessure profonde, enfouie depuis toujours. Le couple est bouleversé. Les masques tombent.

Ce qu’en dit la critique. « Samuel Maoz tend un terrible miroir à son peuple. Ce qui est jeu n’est rien d’autre que le cœur de son identité. Selon le réalisateur, le traumatisme des survivants de la Shoah est utilisé, instrumentalisé, pour justifier une dérive nationaliste, mortifère et sécuritaire », souligne La Croix.

Depuis sa sortie, le film, qui a qui a obtenu en 2017 le Lion d'argent Grand Prix du Jury à la Mostra de Venise et le prix de l’Académie israélienne du film, et fut candidat aux Oscars dans la catégorie du meilleur film étranger, est suivi par des polémiques. En mars 2018, l'ambassadrice d'Israël en France avait refusé de participer à la soirée d'ouverture du festival du cinéma israélien à Paris parce que Foxtrot y était diffusé.

Selon la ministre israélienne de la Culture Miri Regev, membre du Likoud, le parti de droite au pouvoir en Israël, avait notamment reproché au film de présenter des soldats israéliens « de manière trompeuse comme des assassins » et « de porter atteinte à la renommée des Forces de défense israéliennes ».

« Foxtrot montre le traumatisme du soldat israélien qui a commis une erreur tragique, qu’il aurait préféré ne jamais commettre, tout en désignant le civil palestinien comme la véritable victime du drame qui se joue dans un check-point. Le film présente le prix élevé de l’occupation militaire israélienne payé de part et d’autre du conflit », expliquait Raya Morag, professeur d’études du cinéma à l’Université hébraïque de Jérusalem, dans un entretien au magazine Télérama, en décembre dernier.

Opération Beyrouth 

De Brad Anderson

https://www.youtube.com/watch?v=-JopDnMN-lU

L'histoire. Au début des années 1980, un diplomate américain qui a sombré dans l’alcool est rappelé à Beyrouth. Pour aider à la libération d’un ancien collègue, kidnappé, il replonge dans un jeu politique trouble, déjà à l’origine de la tragédie dont il ne s’est jamais remis. 

Ce qu’en dit la critique. « Thriller politique, le scénario d’Opération Beyrouth, aussi complexe qu’élaboré, est signé par Tony Gilroy, scénariste de la série des Jason Bourne. Pour autant, ni le casting très séduisant [Jon Hamm, héros de la série Mad Men et Rosamund Pike croisée dans Gone Girl, de David Fincher] ni le rythme enfiévré avec lequel s’enchaînent les rebondissements ne parviennent à faire oublier la platitude formelle qui font d’Opération Beyrouth une machine bien huilée mais sans aucune aspérité », regrette Le Monde.

The Charmer 

De Milad Alami

L'histoire. Esmail, jeune et charmant Iranien vit au Danemark où il travaille comme déménageur. Pourtant, le soir venu, il fréquente les lieux huppés de la ville pour séduire des femmes, espérant ainsi se marier et obtenir un permis de séjour. Lorsqu'il rencontre Sara, tout bascule. Sur le point d’arriver à ses fins, il est traqué par un homme mystérieux…

Ce qu’en dit la critique. « Tout le rapport malhonnête de la bonne conscience des Européens envers les immigrés se cristallise, hélas d’une façon peu virtuose, dans ce film », note Critique Film, « qui a au moins l’avantage d’apporter sa pierre à l’édifice de l’ignominie de notre temps. » 

Filles du feu

De Stéphane Breton

L'histoire. Elles ont à peine 20 ans et affrontent le groupe État islamique (EI) au Kurdistan syrien. Dans cette région du monde où l'homme marche devant et la femme derrière, le fait qu'elles aient pris les armes aux côtés de leurs frères revêt une signification extraordinaire. Leurs foulards de couleurs, leur calme et leur courage ont fait le tour du monde. À contrepied des flux cathodiques d'images de guerres, Stéphane Breton filme leur quotidien dans un monde en ruine, l'attente et les veillées d'armes autour du souvenir des disparus. Ce sont les combattantes kurdes, les filles du feu.

Ce qu’en dit la critique. « Pourquoi partir chez les filles du feu ? Pourquoi aller les voir ? Il se pourrait que nous en ayons besoin. Comment ça ? D’abord, il se pourrait que ce monde ait besoin d’elles, et jusqu’à preuve du contraire, nous en faisons partie », commente Libération.

Vierges 

De Keren Ben Rafael

L'histoire. À Kiryat Yam, petite station balnéaire au nord d’Israël, tout semble s’être arrêté. Lana, 16 ans, s’est jurée de lutter contre l’immobilisme et la résignation. Elle est loin d’imaginer que la rumeur d’une sirène va réveiller sa ville de sa torpeur et lui permettre enfin de vivre.

Ce qu’en dit la critique. « Un petit divertissement familial, sans grande ambition sinon celle de nous rappeler combien la croyance en des lendemains meilleurs est la force la plus fédératrice de l’Humanité. » 

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