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Emmanuel Macron élu président avec 66,06 % des voix

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Emmanuel Macron élu président avec 66,06 % des voix
Avec 66,06 % des voix (estimations), Emmanuel Macron devient ce dimanche 7 mai le plus jeune président de la République française. Sa rivale Marine Le Pen obtient 33,94 % des suffrages

Live Updates

Politique internationale, Moyen-Orient, laïcité, réfugiés… le programme d’Emmanuel Macron
2 years ago

Emmanuel Macron, candidat du mouvement En Marche, lors de sa rencontre avec ses soutiens à Alger le lundi 13 février (AFP)

Avec 24 % des voix, Emmanuel Macron est arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle française. Éclairages sur son programme de politique étrangère mais aussi nationale. Entre équilibre et équilibrisme.

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Moyen-Orient, réfugiés, lutte contre le terrorisme ... : ce que proposent Emmanuel Macron et Marine Le Pen
2 years ago
Au pays du cèdre, les Franco-Libanais s’inquiètent des périls qui guettent la « mère patrie »
2 years ago

par Philippine de Clermont-Tonnerre à Beyrouth, Liban

Marine Le Pen rencontre le cardinal Bechara Boutros Rahi, le patriarche maronite d’Antioche et de tout l’Orient au siège du patriarcat maronite de Bkerké, au Liban, le 21 février 2017 (AFP)

Ils sont les deux seuls candidats à s’être rendus au Liban durant cette campagne. Les voilà, in fine, de retour dans les isoloirs.

Lors de son déplacement en janvier, Emmanuel Macron s’était contenté de prôner « une politique d’équilibre et d’indépendance […] dans la tradition gaullo-mitérrandienne », veillant à ne pas trébucher sur les dossiers glissants de cet « Orient compliqué », pour reprendre la formule du général De Gaulle.

Les Libanais gardent en revanche un souvenir moins poli de la venue de Marine Le Pen, un mois plus tard. Les discours favorables au président syrien Bachar al-Assad de la candidate frontiste, qui avait placé sa visite sous la bannière de la protection des chrétiens d’Orient, ont agacé plus d’un responsable politique, y compris parmi les dirigeants chrétiens, sans oublier le tollé provoqué par son refus de se plier au protocole du port du voile lors d’une rencontre officielle prévue avec le mufti de la République.

À LIRE : Les chrétiens d’Orient, objets de toutes les attentions des politiques français

Au premier tour de ce scrutin, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont respectivement récolté 16,02 et 12,29 % des voix parmi les 18 000 Français du Liban, des binationaux pour la plupart.

Jusqu’à présent, c’est surtout François Fillon, plébiscité à hauteur de 60,97 %, qui a convaincu dans cette circonscription historiquement ancrée à droite, où le général de Gaulle, qui séjourna pendant deux ans à Beyrouth (de 1929 à 1921), a laissé des traces presque indélébiles.

Quelques soient leurs sensibilités, les électeurs franco-libanais s’accordent au moins sur un point : la nécessité pour la France de retrouver son aura sur la scène étrangère et de conjurer les menaces de déstabilisation sur son propre sol.

Le futur président devra « restaurer la place de la France dans le monde et éviter la guerre civile »

« La France doit accroître sa légitimité dans les prises de décisions au Moyen-Orient et avoir une compréhension plus profonde des dossiers chauds », estime Farid Chehab, ancien banquier d’affaire reconverti en chef cuisinier. Il y a deux semaines, il votait Fillon. Ce dimanche, ce sera Macron, affirme le trentenaire : « Son programme est bien plus solide que celui de MLP – économiquement, socialement et à l'international ».

Après un bulletin Mélenchon au premier tour, Claude el Khal a prévu pour sa part de s’abstenir ou de voter blanc. « Je crois en la démocratie et je ne supporte pas qu'on me prive de ma liberté de choisir », justifie ce bloggeur auteur de My Beirut Chronicles.

En tant que Franco-Libanais, une question en particulier le préoccupe : « Le fait que le prochain gouvernement ne donne pas de chèque en blanc à Israël pour attaquer le Liban ». De manière générale, poursuit-il, le futur président devra « restaurer la place de la France dans le monde et éviter la guerre civile ».

« Les divisions françaises me rappellent nos échecs libanais »

Vu du Liban, l’autre défi majeur du prochain mandat sera de conserver la cohésion nationale et la stabilité sécuritaire de la France, deux registres que les Libanais ne connaissent que trop bien.

Samedi, à la veille du scrutin, l’éditorialiste franco-libanais Issa Goraieb résumait l’enjeu du scrutin d’aujourd’hui dans les colonnes de L’Orient-Le Jour : « Pour concluant que soit le test, force est de constater l'énormité de la tâche de rassemblement qui attend le prochain quinquennat. Car ce sont deux idées certaines et contradictoires de la France, de son identité, de sa société et de sa place dans le monde qui divisent aujourd'hui le peuple de ce pays, de manière plus dramatique que ne l'a jamais fait la classique émulation entre gauche et droite ».

Président du Centre libanais des droits humains et membre du collectif « You Stink ! » (Vous puez), Wadih el Asmar ne cache pas non plus ses craintes face au programme de Marine Le Pen, qu’il juge « discriminatoire ». 

À LIRE : François Fillon, le candidat de la droite française qui fait frémir les musulmans

« Fracturer l’unité française comme elle le propose me rappelle trop nos échecs libanais dus à ces divisions », confie l’activiste à MEE.

Après avoir soutenu François Fillon fin avril, Nicolas Delage s’apprête à déposer un bulletin FN dans l’urne ce dimanche. « En France, la dégradation se situe surtout au niveau de la sécurité, c’est la question principale », assène-t-il.

Sa femme en revanche, dont il porte la procuration, ne votera pas Le Pen mais Macron. « Elle a changé d’avis » à cause de la proposition de la candidate d’abroger la double nationalité hors UE, précise-t-il.  

En France, la dégradation se situe surtout au niveau de la sécurité, c’est la question principale

Peu de Franco-Libanais sont favorables à cette mesure, y compris parmi les sympathisants FN.

Militante frontiste de longue date, Sophie Akl souhaiterait que les dossiers soient négociés au « cas par cas » et ce, « quelle que soit l’appartenance religieuse ». Toutefois, « cela ne m’empêchera pas de voter dimanche pour madame Le Pen », assure-t-elle.

« À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle […]. L’intérêt de la France prime sur les intérêts personnels […]. On ne saurait accepter des taux d’immigration étrangère qui mettent en péril l’équilibre démographique de la France, la communautarisation de la société qui en découle et les dérives de l’islam en France […] », justifie cette Française installée au Liban depuis plus de dix ans.

LIVE BLOG : La présidentielle française vue d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient - update 7th May 2017
2 years ago

Le monde selon Marine Le Pen : souveraineté et repli sur soi

Promotion de l’identité nationale, fermeture des frontières, lutte contre « l’islamisme »… le programme de politique étrangère de la candidate du Front national se fait le pendant du recroquevillement qu’elle promeut au niveau national

[...]

Dans la Syrie déchirée par la guerre, la candidate frontiste estime que le soutien aux « islamistes supposés modérés » a été, et demeure, une erreur. Pire, elle considère que la France a « bafoué l’embargo international en délivrant aux supposés “islamistes modérés syriens” des armes qui ont aussitôt grossi l’arsenal de Daech et qui, peut-être, ont tué des Français ».

Elle fustige également « la fermeture de l’ambassade de France » en Syrie. D’après elle, cette décision « dans un pays qui a longtemps conservé une élite francophone et protégé ses minorités chrétiennes a été plus qu’une faute. Combien d’attentats sur le sol français auraient été évités par des relations maintenues avec les services syriens ? Combien de Français ont-ils payé de leur vie l’aveuglement qui s’est emparé du Quai d’Orsay ? », demande-t-elle.

Un Syrien passe près de bâtiments endommagés dans la ville méridionale de Daraa en mars (AFP)

Marine Le Pen pense que « soit les ministres responsables, soit le chef d’État lui-même étaient mal informés […], soit nos dirigeants politiques ont mis la France au service d’autres intérêts. Ils ont servi des intérêts étrangers contre la sécurité de la France et la vie des Français ».

Si la diplomatie française a toujours fait du départ de Bachar al-Assad un impératif indépassable, en visite au Liban en février dernier, Marine Le Pen a pris une position opposée : « Dans le cadre de la politique du moindre mal, qui est une politique réaliste », le maintien à la tête du pays de Bachar al-Assad lui semble « une solution bien plus rassurante pour la France » que Daech, « si celui-ci venait à prendre la tête de la Syrie ».

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LIVE BLOG : La présidentielle française vue d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient - update 7th May 2017
2 years ago

Turquie : « Si Marine Le Pen était élue, cela susciterait une vraie inquiétude ici »

par Cerise Sudry-Le Dû à Istanbul, Turquie

« Les élections françaises ? Ah oui, vous devez choisir entre un homme et une femme, c’est bien ça ? ». L’incertitude de cet avocat des droits de l’homme résume à elle seule la méconnaissance des élections françaises en Turquie. Car c’est peu dire que dans ce pays déchiré et à l’agenda politique ultra-chargé, l’échéance électorale française a peu passionné.

Une semaine plus tôt, le 16 avril, le pays votait par référendum pour l’élargissement des pouvoirs du président Recep Tayyip Erdoğan. La campagne a entièrement absorbé la presse turque. « La couverture médiatique des élections françaises a été assez dérisoire, confirme Jean-François Pérouse, directeur de l’Institut français d’études anatoliennes (IEFA), basé à Istanbul. Et au lendemain du premier tour, il y a d’ailleurs eu très peu d’articles faisant référence aux résultats. »

De fait, le seul moment où les candidats français se sont créé une place de choix dans les médias turcs, c’était en mars, quand le ministre turc des Affaires étrangères a été interdit de meeting en Allemagne et aux Pays-Bas. Mais pas en France. Là, presque tous les candidats, d’Emmanuel Macron à Marine Le Pen, ont dénoncé l’attitude de la France.

Et alors qu’Erdoğan avait dénoncé le « nazisme et le fascisme » des Allemands ou des Néerlandais, il s'était en revanche félicité de l'attitude du gouvernement français. Sans toutefois faire référence aux élections prochaines. En réalité, durant toute la campagne française, il n'a jamais montré de préférence pour un candidat.

Des Turcs protestent devant le consulat des Pays-Bas en Turquie le 12 mars 2017 suite à l'expulsion de ministres turcs venus assister à un meeting sur le référendum constitutionnel turc (Reuters)

Pour les droits de l’homme, « aucun candidat ne fait une grande différence »

Si la Turquie s’est peu intéressée aux résultats, c’est aussi parce que l’actualité a été chargée, notamment pour les défenseurs des droits de l’homme. « Chaque jour, des journalistes, des universitaires ou des avocats sont arrêtés. En France, vous avez l’État de droit, la démocratie. Ici, la situation est terrible, nous n’avons plus rien de tout ça », souffle une journaliste du collectif Journos in Turkey, qui se bat pour la liberté de la presse.

De fait, avec 149 médias fermés depuis la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016 et plus d’une centaine de journalistes derrière les barreaux, la Turquie est passée au 155e rang du classement mondial de la liberté de la presse de Reporters Sans Frontières.

Si, en France, Marine Le Pen est souvent comparée à Erdoğan pour son autoritarisme, « elle n’est pas très appréciée en Turquie. Elle est notamment considérée comme islamophobe, explique à MEE Jean-François Pérouse. Si elle était élue, cela susciterait une vraie inquiétude ici ».

« On la considère comme une raciste ici. Et elle ne veut pas de la Turquie dans l’Union européenne »

Certains sont moins nuancés. « On la considère comme une raciste ici, indique la membre de Journos in Turkey. Et elle ne veut pas de la Turquie dans l’Union européenne ». Même si, nuance Jean-François Pérouse, « ses positions en faveur de la Russie peuvent rassurer ».

Pour autant, si Emmanuel Macron récolte les faveurs de nombreux défenseurs des droits de l’homme, peu espèrent un changement radical dans les relations France-Turquie. « Aucun des deux candidats ne ferait une grande différence pour nous », pointe Eren Keskin, vice-présidente de l’IHD (Turkish Human Rights Association). « Même si Emmanuel Macron sera, je pense, plus attentif aux droits de l’homme. »

La militante espère en tout cas qu’une fois élu, « le nouveau président puisse rappeler à la Turquie les obligations qu’elle a prises en signant des conventions internationales ou qu’il pousse pour rétablir la société démocratique ici ».

« Mais s’ils avaient pu tirer un bénéfice de la Turquie avant l’élection, bien sûr qu’ils auraient utilisé ce levier, analyse de son côté la journaliste de Journos in Turkey. Après, je doute que notre pays soit dans la liste de leur priorité », observe la jeune femme, avant d’ajouter : « Mais de toute façon, la situation ne pourra pas être pire ici ».

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2 years ago

Israël : entre rejet de l’antisémitisme du FN et soutien à sa politique anti-migratoire

par Yuval Abraham à Haïfa, Israël

Le soldat franco-israélien Elor Azaria qui a été filmé tirant sur un Palestinien blessé (AFP)

Quelque 200 000 juifs franco-israéliens vivent en Israël, et beaucoup d’entre eux sont éligibles pour voter lors des élections présidentielles françaises.

Selon Yves Wahl, responsable du département d’Études françaises de l'Université de Tel Aviv, la grande majorité des Franco-Israéliens ne voteront pas pour Marine Le Pen.

« D'après les données que j’ai recueillies, seulement 3,8 % des Franco-Israéliens ont voté pour Le Pen au premier tour, et je ne m'attends pas à ce que ce chiffre augmente beaucoup lors du deuxième tour des élections », a-t-il déclaré à Middle East Eye.

« Seulement 3,8 % des Franco-Israéliens ont voté pour Le Pen au premier tour »

Outre « une opposition générale à l’extrême droite », le chercheur franco-israélien offre deux autres explications à cela : « Le Pen peut certes nier les accusations d'antisémitisme, mais il est clair qu'elle déteste tous ceux qui ne sont pas chrétiens.

« Par ailleurs, les gens estiment qu'ils ne peuvent pas compter sur l'extrême droite pour maintenir une bonne connexion avec Israël, ce qui est une considération importante pour les électeurs franco-israéliens », a-t-il ajouté.

« Le Pen est une fasciste qui n'aime pas les juifs »

Une juive française qui a quitté la France pour Israël il y a dix ans a partagé avec MEE ses réflexions sur les élections en tant que Franco-Israélienne. « Je vais voter pour Macron uniquement parce que je ne veux pas de Le Pen. Ce n'est pas comme si on avait vraiment le choix », a-t-elle déclaré sous le couvert de l’anonymat.

« En ce qui me concerne, le problème principal dans cette élection est la communauté juive restée en France, car Le Pen est une fasciste qui n'aime pas les juifs. Une candidate antisémite ne peut pas être bien pour les juifs ou pour Israël », a-t-elle poursuivi.

« Même si j'aime la culture française, le traitement xénophobe des juifs ne semble pas changer. C'est pourquoi je ne me sens plus connectée à la France. »

Toutefois, pour elle comme pour beaucoup d'autres Franco-Israéliens, l'opposition aux politiques de Le Pen ou à l'antisémitisme ne signifie pas nécessairement un vote à gauche.

« J'aurais aimé que Fillon gagne », a-t-elle confié. « Il est de droite mais pas extrême comme Le Pen. Il aurait fait davantage pour améliorer l'économie et repousser les terroristes. »

« Tous ces immigrés en France, c’est bien de les aider, mais je crois qu'ils ont ruiné le pays et nous avons besoin de quelqu'un pour y mettre fin. » Selon la recherche de Yve Wahl, une majorité de 65 % des Français-Israéliens ayant voté lors du premier tour des présidentielles ont choisi François Fillon.

À LIRE : Ces citoyens français complices de la politique israélienne en Palestine

Joseph Emmanuel, journaliste franco-israélien qui a immigré en Israël il y a six ans, a expliqué ce choix à MEE : « En tant que juifs français, nous sommes très connectés à Israël, et si vous êtes un candidat qui dit n’importe quoi sur Israël, et bien nous ne voterons pas pour vous. C’est pour cela que la plupart ont voté pour Fillon au premier tour, il représente la ‘’droite classique’ et il est le moins critique envers Israël. »

« Personnellement, j’ai décidé par principe de ne pas voter », poursuit-il. « Je veux reléguer la France derrière moi et m’assimiler à la société et à la culture israéliennes, tout comme mes parents l’ont fait en France après avoir quitté le Maroc. »

« Mais même si je votais, je mettrais dans l’urne un bulletin blanc – je n'aime aucun des deux candidats », a-t-il confié, expliquant : « En tant que juifs français, nous ne pouvons pas voter pour Le Pen. Nous ne pouvons pas oublier les choses que son père nous a faites, et le nom Le Pen porte ce poids. Cela dit, je ne pense pas qu'elle soit comme lui, et je ne suis pas certain qu'elle serait mauvaise pour la France. »

« Le Pen […], c'est une chose très étrange à dire, mais elle a des similitudes avec Israël »

« Le débat principal dans cette élection concerne l'UE et les frontières de la France », a rappelé le journaliste. « Macron est pro-UE et Le Pen ne l’est pas, elle veut fermer les portes de la France aux autres. Les points de vue de Macron sont similaires à ceux d’Angela Merkel et Le Pen ressemble plus... eh bien, c'est une chose très étrange à dire, mais elle a des similitudes avec Israël. »

« Elle veut un État fermé, ouvert culturellement et économiquement mais fermé aux immigrés. De même, en Israël, nous ne voulons pas ouvrir nos portes aux autres. Dix minutes plus tard, tout le pays serait rempli d'Arabes ‘’très gentils’’ avec des armes et toute cette pagaille », a affirmé Joseph Emmanuel.

Israël-Palestine : aucun changement à attendre

La société israélienne semble avoir des opinions contradictoires en ce qui concerne les prochaines élections. D’une part, il y a une large opposition à Marine Le Pen en raison de son association avec l'antisémitisme, mais de l'autre, ses positions sur l'immigration, l'islam et les frontières sont partagées par beaucoup, surtout auprès de la droite israélienne.

Cette contradiction se reflète au niveau des responsables politiques. Ainsi, Yaïr Lapid, chef du populaire parti centriste Yesh Atid, a publié lundi dernier un post sur Facebook accompagné d’une photo de lui-même et d’Emmanuel Macron avec la légende :

« Toute personne éligible en Israël ou en France doit soutenir au second tour Emmanuel Macron face à Marine Le Pen [...] c’est le moment de prendre position entre un véritable ami du peuple juif et celle qui a nié la responsabilité de la France durant la Shoah », était-il écrit en hébreu et en français. Le 9 avril dernier, Marine Le Pen avait choqué en déclarant que l’État français « n’était pas responsable » des rafles de citoyens juifs durant la Seconde Guerre mondiale.

Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle française, et Yaïr Lapid, chef du parti centriste Yesh Atid (page Facebook de Y. Lapid)

Bien qu’apprécié par certains, ce post largement partagé sur les réseaux sociaux a été critiqué par d'autres pour son soutien à Macron, un candidat, selon eux, qui a une approche trop indulgente à l'égard de l'immigration et de l'islam.

« Le Pen sera bien pour les juifs et pour Israël. J’ignore quand Yaïr Lapid s’est rendu en France pour la dernière fois, mais [le pays] s’est depuis transformé en ‘’bande de Gaza’’ ! L'ennemi de mon ennemi, dans ce cas-là, est mon ami », pouvait-on lire dans l'un des commentaires les plus populaires.

À LIRE : « Tous unis contre les musulmans : Israël flirte avec l’extrême droite européenne »

D'autres voix à gauche ne partagent pas cet avis. Mosi Raz, secrétaire général du parti de gauche Meretz, a déclaré à MEE que « le fait que Le Pen soit au deuxième tour n'est pas positif du tout ».

« Si elle gagne, les vents racistes en France deviendront plus forts. Je suppose qu'ils quitteront l'UE, peut-être qu’un plus grand nombre de juifs immigreront en Israël, et la France suivra une politique plus proche de celle du Likoud, le parti de Netanyahou. »

En revanche, a-t-il poursuivi, « si Macron gagne, je suppose que les choses resteront à peu près les mêmes ».

Cela s’applique notamment à la position de la France sur le conflit israélo-palestinien, selon lui : « Nous assistons déjà à un retrait de l’Initiative de paix française proposée en 2016 par François Hollande, donc je pense que tout résultat électoral, que ce soit Le Pen ou Macron, entraînera une altération définitive de l'initiative. »

À gauche, beaucoup sont sceptiques quant à l’intention de chacun des deux finalistes à la présidentielle française de maintenir cette initiative visant à mobiliser la communauté internationale pour revitaliser le processus de paix moribond.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou s’était montré très critique à son encontre. « Le chemin de la paix passe uniquement par des négociations directes entre les deux parties », avait-il déclaré, ajoutant que l’initiative de Paris « éloignait la paix et étendait les revendications palestiniennes ».