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L’Iran respecte l'accord nucléaire, estime l’AIEA

Le rapport de l'AIEA affirme que l'Iran s’en tient comme convenu à de faibles niveaux d'enrichissement d'uranium, mais Téhéran se plaint de la lenteur des investissements économiques
Les inspecteurs de l'AIEA ont été en mesure de vérifier que l'Iran se conforme à l'accord nucléaire (AFP)

L'Iran respecte l’accord nucléaire historique signé avec les grandes puissances en juillet dernier, indique un rapport de l'organe de surveillance atomique de l'ONU lu par l'AFP vendredi dernier.

Le rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), dans le cadre de la deuxième évaluation trimestrielle depuis l’entrée en vigueur de l’accord le 16 Janvier, a montré que l'Iran « n'a pas poursuivi la construction d’Arak, le réacteur à eau lourde existant à fins de recherches », et « n’a pas enrichi son uranium » au-dessus des niveaux convenus.

Le stock d'uranium faiblement enrichi détenu par l’Iran, qui est destiné à un usage pacifique mais pourrait techniquement être traité pour construire une arme nucléaire, n'a pas dépassé le niveau convenu de 300 kilogrammes.

Le niveau de ce qu'on appelle eau lourde n'a pas dépassé le niveau autorisé de 130 tonnes, contrairement à ce qui avait été brièvement constaté dans un rapport antérieur. La vérification effectuée par l'AIEA s’est déroulée comme convenu.

L'AIEA a ajouté que « toutes les centrifugeuses stockées et leurs infrastructures connexes sont restées stockées sous surveillance permanente de l'agence » et aucun uranium enrichi n’a été accumulé à l’occasion d’activités de recherche et de développement.

Les mesures prises par l'Iran aux termes du contrat de 2015 allongent d’au moins un an le temps dont Téhéran aurait besoin pour fabriquer la quantité de matières fissiles suffisante pour construire une bombe nucléaire.

Les mesures suivantes ont été prises : réduire le nombre de ses centrifugeuses d'uranium des deux tiers, réduire son stock d'uranium – plusieurs tonnes avant l’accord, assez pour plusieurs bombes – et retirer le noyau du réacteur d'Arak, qui aurait fourni à l'Iran un plutonium de qualité militaire.

Les centrifugeuses sont des machines qui « enrichissent » l'uranium en augmentant sa proportion d'isotope fissile, le rendant approprié à d'autres fins.

Pendant les 12 ans du bras de fer précédant l'accord, l'Iran a toujours nié avoir l’intention de construire des armes nucléaires ou de s’y préparer, affirmant que ses activités étaient exclusivement destinées à des fins pacifiques, dont la production d'électricité.

En échange d’une réduction de son programme nucléaire, les pénibles sanctions imposées par les Nations Unies et l’Occident à la république islamique ont été levées. Ces sanctions touchaient également sa principale ressource économique, ses exportations de pétrole.

Cependant, l'Iran se plaint de la lenteur des grandes puissances à respecter leur part du contrat, car les investissements étrangers, si attendus, prennent plus de temps que prévu pour arriver dans le pays.

Les États-Unis ont maintenu leurs sanctions visant à interdire à l’Iran de continuer son parrainage présumé de mouvements armés au Moyen-Orient et de poursuivre son programme de missiles balistiques.

Les banques européennes, qui ont souvent des filiales sur le sol américain, n’ont donc pas montré un grand empressement pour reprendre les affaires avec l'Iran, craignant d’éventuelles poursuites judiciaires aux États-Unis.

Au début du mois, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, en a appelé Washington pour que soient prises « des mesures plus sérieuses et concrètes » en vue de remédier à la situation.

Traduit de l’anglais (original) par Dominique Macabies.