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Un tribunal turc accuse Gülen d’avoir commandité le coup d’État et essayé de tuer Erdoğan

Un mandat d’arrêt en bonne et due forme accuse le prédicateur vivant aux États-Unis d’avoir orchestré le coup d’État et ordonné l’assassinat du président
Gülen nie être impliqué dans la conspiration (Reuters)

ISTANBUL, Turquie – Un tribunal turc a délivré un mandat d’arrêt à l’encontre de Fethullah Gülen, l’accusant d’avoir ordonné la tentative de coup d’État du 15 juillet et tenté d’assassiner le président.

Cette décision, rendue hier, est la première mesure officielle contre le prédicateur turc vivant aux États-Unis, l’impliquant sur le plan juridique en tant que participant présumé au coup d’État.

Gülen est accusé par les autorités turques d’avoir orchestré le coup d’État manqué et d’avoir cherché à renverser le système constitutionnel légitime de la Turquie, ce qu’il nie.

Durmuş Karaçalı, juge d’un tribunal stambouliote, a délivré le mandat d’arrêt contre Gülen, a rapporté le journal turc Hürriyet.

Can Tuncay, procureur au service de lutte contre le terrorisme et le crime organisé du bureau du procureur, a déposé la demande initiale de mandat.

Il stipule que Gülen est recherché pour de multiples motifs, allant de « tentative de renverser le gouvernement de la République de Turquie ou d’empêcher son fonctionnement » à « tentative d’assassinat contre le président » à « assassinat de fonctionnaires dans l’exercice de leurs fonctions ».

Le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, a été l’un des premiers à accuser Gülen et son mouvement de chercher à renverser son gouvernement et à tuer des haut-responsables, lui y compris.

S’exprimant depuis le palais présidentiel plus tôt jeudi, il a promis de couper les bénéfices des entités liées à Gülen, qualifiant ces écoles, entreprises et associations de « nids du terrorisme ».

La Turquie a également envoyé des délégations à la fois aux États-Unis et en Europe pour expliquer les dangers posés par le mouvement Gülen et fournir des renseignements sur la tentative de coup d’État du 15 juillet.

Prenant la parole lors d’un événement organisé à la direction des affaires religieuses mercredi, Erdoğan a tenu à souligner que le mouvement Gülen n’avait rien à voir avec l’islam et salissait la foi musulmane.

Toujours lors de cet événement, il a ajouté qu’il était impératif que le pays reste vigilant et pourchasse les disciples de Gülen.

« Toute personne qui continue à soutenir Gülen est désormais responsable de son propre sort », a-t-il déclaré.

« Comment sommes-nous censés croire ceux qui prétendent avoir été trompés et se repentent aujourd’hui de leur association ? C’est impossible. Ils affirment que nous devons les croire sur parole. Désolé, mais nous ne baisserons pas la garde. »

Certains observateurs ont fait remarquer que le mandat d’arrêt contre Gülen pourrait aussi être une démarche afin de veiller à ce que tous les aspects du traité d’extradition entre la Turquie et les États-Unis soient respectés.

La Turquie et les États-Unis sont liés par un traité d’extradition et les deux pays doivent satisfaire à une série de procédures juridiques et respecter des normes en matière de preuve avant de consentir à une quelconque demande officielle d’extradition.

Bien que ce soit la première action en justice contre Gülen en ce qui concerne la tentative de coup d’État, ce n’est pas le seul mandat existant à son encontre.

Le 22 août 2000, la Cour de sûreté de l’État d’Ankara (aujourd’hui disparue) a émis un mandat d’arrêt contre Gülen et un procès par contumace avait débuté. Gülen était accusé de « tentative de former une organisation illégale en vue de créer un État avec un système basé sur la loi religieuse qui remplacerait l’État laïc. »

Cette affaire et toutes les charges contre Gülen ont été abandonnées en mars 2007. En juin 2008, la cour d’appel a approuvé à l’unanimité la décision d’acquitter Gülen de toutes les charges.

Un autre mandat d’arrêt avait été émis contre Gülen le 20 octobre 2015 pour son rôle présumé dans l’enquête pour corruption du 25 décembre 2013. Gülen a été accusé de former un État parallèle.

Gülen et le parti de la Justice et du Développement dirigé par Erdoğan étaient de fidèles alliés jusqu’en 2013, moment où ils s’en sont pris les uns aux autres après que de présumés partisans de Gülen au sein du système judiciaire et de la police ont lancé une enquête pour corruption contre des proches d’Erdoğan.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.