Aller au contenu principal

Algérie : la réouverture des frontières aériennes, nouveau sujet de plaisanteries sur les réseaux sociaux

Des destinations limitées, peu de vols, des contraintes sanitaires et financières… les conditions de reprise des échanges aériens de et vers l’Algérie suscitent déjà des critiques
Des passagers attendent un vol en provenance d’Algérie à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, à Paris (AFP/Kenzo Tribouillard)
Par

Les conditions de la réouverture des frontières aériennes algériennes annoncée dimanche 16 mai par le président de la République ont été rendues publiques lundi. 

Air Algérie va ainsi reprendre progressivement ses vols le 1er juin à destination de quatre pays après une suspension de plus de quinze mois en raison de la pandémie de COVID-19, a annoncé lundi un communiqué des services du Premier ministre diffusé par l’agence APS.

« Trois vols hebdomadaires de et vers la France seront assurés » à partir du 1er juin par la compagnie algérienne à raison de deux vols de/vers Paris et un vol de/vers Marseille, en plus d’un vol hebdomadaire qui sera assuré de et vers la Turquie [Istanbul], l’Espagne [Barcelone] et la Tunisie [Tunis] », selon le texte.

En Algérie, trois aéroports seront desservis : Alger, Oran et Constantine. 

Pour les vols vers l’Algérie, les passagers devront être détenteurs d’un résultat négatif au test PCR datant de moins de 36 heures avant le vol. 

Les frais de confinement et de dépistage à l’arrivée seront à la charge des passagers qui devront s’en acquitter avant l’embarquement. Un confinement de cinq jours sera obligatoire dans un des hôtels désignés par les autorités. 

En cas de test positif après ce confinement, le passager devra payer un second séjour de cinq jours à l’hôtel. Auparavant, les personnes rapatriées étaient entièrement prises en charge par l’État dans les hôtels.

Des mesures « adaptables en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique », ajoute le communiqué.

Les contraintes sanitaires et financières qui se dessinent pour les futurs voyageurs ont déjà suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. 

Même si les programmes de vol des compagnies ne sont pas encore connus, les tarifs pratiqués par Air Algérie font comme d’habitude l’objet de moqueries.

Amira Slim, députée sortante de l’émigration pour la zone Afrique du Nord et Moyen-Orient, qui aborde régulièrement le sujet de l’ouverture des frontières sur sa page Facebook, a appelé Air Algérie à fixer des prix adaptés au pouvoir d’achat des Algériens. 

Pour les voyageurs à destination de l’Union européenne (UE), le site Visa Algérie rappelle que l’UE dévoilera son classement des pays avant le 9 juin. « Le vaccin sera obligatoire quel que soit le classement des pays [vert, orange ou rouge]. Mais les vaccins chinois et russe, utilisés en Algérie, ne seront pas reconnus par l’Union européenne, ce qui complique davantage la situation pour les voyageurs algériens », relève le site. 

L’Algérie ne prévoit quant à elle aucun dispositif particulier pour les passagers vaccinés arrivant sur son territoire.

Plusieurs millions d’Algériens de l’étranger ont dû composer avec la fermeture des frontières et la suspension des vols commerciaux et des liaisons maritimes décidées le 17 mars 2020. 

Depuis, les autorités ont organisé des vols de rapatriement pour leurs ressortissants, sous conditions, mais ces derniers ont été suspendus le 1er mars en raison de l’apparition du variant anglais fin février en Algérie.