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Olivia Munn critiquée pour un rôle de « journaliste de l’ONU » dans un film à venir sur les réfugiés syriens

Alep, un projet de film autour de l’histoire d’une « journaliste de l’ONU » en Syrie, plutôt que sur les Syriens eux-mêmes, a provoqué de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux
L’actrice américaine Olivia Munn a connu le succès grâce à son rôle de journaliste dans la série The Newsroom (AFP)
L’actrice américaine Olivia Munn a connu le succès grâce à son rôle de journaliste dans la série The Newsroom (AFP)

Après avoir annoncé son intention de jouer le rôle principal d’une « journaliste de l’ONU » dans Alep, un nouveau film sur les réfugiés syriens, l’actrice américaine et ancienne animatrice télé Olivia Munn a été très critiquée.

Alep, qui doit être réalisé par le cinéaste brésilien David Schurmann, raconte l’histoire d’un jeune garçon réfugié syrien et d’une journaliste de l’ONU, qui tentent de fuir la Syrie pour survivre.

En ligne, de nombreux internautes ont exprimé leurs inquiétudes au sujet de ce long métrage, notamment sur l’absence apparente d’acteurs syriens ou moyen-orientaux.

Traduction : « Oh, je suis impatient de voir ça. Ce ne sera pas orientaliste, ni facile, ni un film où un Occidental occupe le devant de la scène pendant que le personnage syrien joue un extra dans sa propre histoire. Vraiment, ce sera génial. »

Certains ont également critiqué le film parce que l’histoire tourne autour du rôle de la journaliste de l’ONU, faisant du garçon syrien un rôle secondaire.

« L’offensive sur Alep a été l’un des événements les plus traumatisants pour les Syriens en Syrie et pour la diaspora. Tordre cette tragédie pour la centrer sur une hypothétique journaliste afin d’y faire jouer une Occidentale est répugnant », a écrit un internaute sur les réseaux sociaux.

Traduction : « N’y a-t-il pas assez de Syriennes ou de femmes arabes capables de raconter leurs propres histoires ? Pouah. »

Olivia Munn, qui s’est illustrée dans les films X-Men et The Predator, a tweeté pour dire qu’elle était ravie de faire partie du film et que c’était l’un des « scripts les plus captivants et déchirants » qu’elle ait lus.

Un certain nombre de journalistes ont également critiqué l’actrice pour ce rôle de journaliste en expliquant que confondre le rôle des journalistes et des employés de l’ONU pouvait être dangereux.

Traduction :  « Un des scripts les plus captivants et déchirants que j’ai lus. Tellement enthousiaste de faire partie de ce film.  »

« Chère Olivia, vous êtes merveilleuse. Pouvez-vous leur faire changer le script ? Il n’existe pas de journaliste à l’ONU. Il y a des employés de l’ONU et il y a des journalistes. Il est dangereux de confondre les deux. Bien à vous, une journaliste. »

Un internaute a conseillé aux gens d’éviter de regarder ce film et a suggéré à la place d’en apprendre davantage sur la guerre en Syrie en regardant Pour Sama, de Waad al-Kateab.

Pour Sama raconte l’histoire de Waad al-Kateab, une cinéaste syrienne de 26 ans, alors qu’elle tombe amoureuse, puis donne naissance à sa fille, Sama, tout en documentant une révolution où la mort et la destruction ravagent sa ville natale d’Alep.

Waad al-Kateab a été nommée parmi les 100 personnes les plus influentes du magazine Time en 2020 après les récompenses remportées par son film (quatre British Independent Film Awards, le prix du meilleur documentaire au Festival de Cannes 2019), qui a également été nominé aux Oscars.

Traduction : « NE PAS regarder cela pour en savoir plus sur la révolution syrienne qui s’est transformée en génocide.

Regardez le doc The Cave qui présente le travail du Dr. @ AmaniBallour.

Regardez Pour Sama créé par @waadalkateab.

Regardez Les Derniers hommes d’Alep sur l’héroïsme de @SyriaCivilDef. »

Ils NE raconteront PAS notre histoire. »

De nombreux internautes ont réagi à la demande faite aux réalisateurs de tourner un film sur la Syrie mettant en scène des Syriens, avançant qu’il existe trop de films de « sauveurs blancs ».

Traduction : « Oui, écrivons un film pour satisfaire notre obsession complexe du sauveur blanc et faisons un casting d’acteurs blancs au lieu de centrer le récit et les acteurs autour de la Syrie et des Syriens. »

David Schurmann a défendu le concept du film dans un commentaire sur la publication de Munn sur Instagram, exhortant les gens à ne pas tirer de conclusions et à attendre que le film soit sorti pour juger de son contenu.

« Ce que la plupart des gens n’ont pas lu ou ont ignoré, c’est que l’histoire parle également d’un jeune garçon syrien et de son voyage. Je vous assure que cette histoire touchante n’est pas du whitewashing [fait de donner à des acteurs et actrices blancs des rôles de personnes qui ne sont pas blanches]. »

On ignore pour l’instant si le casting inclura des acteurs syriens.

Depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, de nombreux films et documentaires ont été réalisés. The Cave, qui a également été nominé pour le meilleur documentaire aux Oscars, raconte la vie dans un hôpital de la Ghouta orientale.

Au début de l’année, Feras Fayyad, le réalisateur du film, a déclaré à Middle East Eye qu’il avait le sentiment d’avoir « une obligation envers [ses] compatriotes » en décrivant ce qui s’est passé en Syrie.

« Je ne suis plus en mesure de transporter les blessés et d’enterrer les morts. Je ne suis plus en mesure de porter les armes et de défendre l’endroit où habite ma famille. La seule chose que je puisse faire à présent, c’est exposer la vérité, montrer ce qui se passe en Syrie au public le plus vaste possible. »

Traduit de l’anglais (original).