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EXCLUSIF : Le message de l’Iran aux factions irakiennes : « Pas d’attaques contre des cibles américaines tant que Trump n’est pas parti »

Alors que plane la crainte d’une nouvelle guerre provoquée par Trump, Ismael Qaani, le chef de la force al-Qods, unité d’élite des Gardiens de la révolution, a été dépêché à Bagdad
Le commandant de la force du Quds Ismael Qaani, à gauche, aux côtés du commandant en chef du Corps des gardiens de la révolution islamique iranien, Hossein Salami (AFP)

Terrifié à l’idée que Donald Trump ne déclenche une nouvelle guerre au Moyen-Orient, l’Iran a envoyé la semaine dernière à Bagdad un de ses généraux les plus gradés pour ordonner aux factions irakiennes alliées de cesser toutes les attaques jusqu’à ce que Joe Biden s’installe à la Maison-Blanche, ont déclaré des commandants de groupes paramilitaires à Middle East Eye.

Arrivé 24 heures après une attaque de roquettes sur l’ambassade américaine dans la zone verte de Bagdad, le général de brigade Ismael Qaani, chef de la force al-Qods, unité d’élite des Gardiens de la révolution, s’est montré très clair, mercredi, dans les instructions données aux chefs de groupes paramilitaires.

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« Qaani a clairement indiqué que Trump voulait entraîner la région dans une guerre ouverte avant de partir, pour se venger de ses adversaires après sa défaite à l’élection présidentielle, et il n’est pas dans notre intérêt de lui donner une justification pour déclencher une telle guerre », a déclaré à MEE le commandant d’une faction armée chiite informé de ce qui a été dit lors de la réunion.

Depuis des mois, les milices soutenues par l’Iran en Irak font pleuvoir les roquettes sur des cibles américaines dans le pays. Bien que ces attaques ne soient pas particulièrement mortelles, elles ont été provocatrices et déstabilisantes.

Le guide suprême iranien Ali Khamenei avait lui-même ordonné aux factions soutenues par l’Iran en Irak d’appeler à un cessez-le-feu unilatéral, qu’elles ont ensuite annoncé le 11 octobre.

« Aucune faction n’a violé l’armistice. Nous avions prévenu que la trêve ne durerait que deux mois et le délai est expiré », a déclaré à MEE un éminent commandant de l’une des factions armées impliquées dans les attaques.

« Les dirigeants de certaines factions ont un point de vue particulier sur la manière de faire sortir les forces américaines d’Irak, mais ils ne s’écartent pas non plus du consensus décidé avec les autres et prennent en compte les intérêts supérieurs de l’Irak et de la région. »

Réunions de haut niveau

Ismael Qaani, qui est venu directement du Liban après avoir rencontré le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, a tenu plusieurs réunions au cours de sa visite de deux jours, dont la plus importante a eu lieu mercredi soir au domicile de Hadi al-Ameri, leader du bloc parlementaire du Fatah et commandant de l’Organisation Badr, la plus ancienne et la plus grande faction armée chiite.

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La réunion a réuni des représentants des principales factions armées chiites (dont Asaïb Ahl al-Haq, Kataeb Hezbollah et Harakat Hezbollah al-Nujaba), Abu Fadak al-Muhammadawi, chef d’état-major du groupe paramilitaire Hachd al-Chaabi, et plusieurs leaders des blocs parlementaires.

Ismail Qaani a averti qu’un conflit avec les forces américaines pourrait rapidement dépasser l’Irak.

« Si la guerre éclate entre l’Iran et l’Amérique, ses répercussions ne pourront être contenues, et l’Irak, la Syrie, le Liban, le Yémen, l’Arabie saoudite, le Koweït et l’Iran deviendront tous un champ de bataille pour les deux camps », a-t-il déclaré.

Une autre réunion s’est tenue avec le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi.

Téhéran espère qu’une présidence Biden inaugurera une nouvelle phase de dialogue avec Washington et un retour à l’accord sur le nucléaire de 2015.

Traduit partiellement de l’anglais (original).