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Le nouveau gouvernement israélien « ne rejoindra pas » la Convention d’Istanbul contre les violences sexistes

Les factions d’extrême droite au sein de la coalition gouvernementale seraient préoccupées par les clauses accordant l’asile aux victimes de violences domestiques
Le député d’extrême droite israélien Bezalel Smotrich lors d’une session spéciale à la Knesset à Jérusalem le 13 juin 2021 (AFP)
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Le nouveau gouvernement de coalition d’Israël a averti que l’État s’abstiendrait de signer la Convention d’Istanbul, un traité international visant à lutter contre les violences à l’égard des femmes, selon un rapport publié dimanche par Walla News.

Les politiciens israéliens avaient précédemment fait campagne pour adhérer au traité de 2011, mais le nouveau gouvernement s’inquiète maintenant de la clause de l’accord qui offre l’asile politique aux victimes de violence domestique.

Bezalel Smotrich, chef du parti sioniste religieux d’extrême droite, a exigé du Likoud de rester en dehors de la convention, en raison de préoccupations concernant l’immigration.

La Convention d’Istanbul, signée par 45 pays et l’Union européenne, vise à protéger les femmes contre la violence en obligeant les gouvernements à adopter une législation qui poursuivrait les agresseurs et les auteurs de viols conjugaux et de mutilations génitales féminines.

La Turquie, premier pays à ratifier la convention, a également été le premier à s’en retirer l’été dernier, affirmant qu’elle avait été « détournée par un groupe de personnes tentant de normaliser l’homosexualité », ce que la présidence turque a qualifié d’« incompatible » avec les valeurs sociales et familiales du pays. 

Une série d’accords controversés

Cette décision est la dernière d’une série d’accords conclus par le nouveau gouvernement de coalition israélien ces dernières semaines. 

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D’autres incluent l’instauration de la peine de mort pour les « terroristes », l’annexion de la Cisjordanie occupée, la facilitation d’événements sexospécifiques, la discrimination des LGBT et les droits à l’immigration.

Le nouveau gouvernement veut également donner aux parlementaires le droit d’annuler les décisions de la Cour suprême, ainsi que d’introduire des réformes juridiques qui pourraient mettre fin au procès en cours du nouveau Premier ministre Benyamin Netanyahou pour corruption – ce qu’il nie.

Orit Strock, une députée du parti sioniste religieux, a également déclaré dimanche que les médecins ne devraient pas être tenus de traiter les patients lorsque cela contredisait leurs croyances religieuses, des propos que les membres du gouvernement sortant ont dénoncé.

Le Premier ministre sortant Yair Lapid a condamné son successeur, Netanyahou, pour « nous avoir conduits vers un pays sombre et “halakhique” [aux ordres de la loi religieuse] ».

Netanyahou a nié que le gouvernement de coalition pourrait introduire une telle loi. « Les paroles de la députée Orit Strock sont inacceptables pour moi et mes collègues du Likoud », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Netanyahou avait annoncé mercredi soir qu’il avait formé un nouveau gouvernement, quelques minutes avant l’heure limite fixée par le président Isaac Herzog. 

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Le Premier ministre israélien le plus ancien reviendra au pouvoir après que son parti Likoud, des factions sionistes religieuses d’extrême droite et des partis ultra-orthodoxes aient obtenu 64 des 120 sièges du Parlement dans ce qui sera l’administration la plus à droite dans l’histoire d’Israël.

Smotrich et Itamar Ben-Gvir, dirigeants de l’alliance politique du sionisme religieux, occuperont des postes de premier plan dans le nouveau gouvernement.

Smotrich, homophobe autoproclamé et activiste pro-colonisation, sera nommé ministre des Finances et intégrera également les rangs du ministère de la Défense d’Israël, avec notamment dans son rayon d’intervention la surveillance des colonies à l’intérieur de la Cisjordanie illégalement occupée.

Ben-Gvir, qui avait déjà été condamné en Israël pour incitation au racisme et soutien à une organisation terroriste, sera nommé ministre de la Sécurité nationale, en charge notamment de la supervision de la police et des forces qui contrôlent la sécurité à la mosquée al-Aqsa.

Traduit de l’anglais (original).

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