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Une journaliste de MEE blessée au visage par les forces de l’Autorité palestinienne

La journaliste primée Shatha Hammad a été blessée par une cartouche de gaz alors qu’elle couvrait les manifestations à Ramallah en réaction à la mort de Nizar Banat, un détracteur de l’Autorité palestinienne
La journaliste de MEE Shatha Hammad est soignée dans un hôpital de Ramallah, le 26 juin 2021 (Faten Elwan/capture d’écran)
La journaliste de MEE Shatha Hammad est soignée dans un hôpital de Ramallah, le 26 juin 2021 (Faten Elwan/capture d’écran)

Les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne (AP) ont blessé la journaliste de Middle East Eye Shatha Hammad au visage avec une cartouche de gaz alors qu’ils dispersaient violemment des manifestations à Ramallah samedi. La journaliste a été hospitalisée. 

Shatha Hammad couvrait une manifestation à Ramallah contre la mort du militant Nizar Banat, décédé jeudi après avoir été arrêté par l’Autorité palestinienne.

La violente opération de répression menée par les forces de sécurité de l’AP au cours de la manifestation de samedi a fait plusieurs blessés. 

Des Palestiniens manifestent contre la mort de Nizar Banat à Ramallah, le 27 juin 2021 (AFP/Abbas Momani)
Des Palestiniens manifestent contre la mort de Nizar Banat à Ramallah, le 27 juin 2021 (AFP/Abbas Momani)

Journaliste primée établie à Ramallah, Shatha Hammad a été touchée au visage par une cartouche de gaz. 

« C’était délibéré », soutient-elle. « Je me trouvais avec les journalistes dans la zone qui nous était affectée. Ils m’ont visée directement. Il était évident que nous étions tous des journalistes. » 

Traduction : « Les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne ont blessé la journaliste de Middle East Eye Shatha Hammad au visage avec une cartouche de gaz alors qu’ils dispersaient des manifestations à Ramallah samedi. Shatha Hammad couvrait une manifestation à Ramallah contre la mort de l’activiste Nizar Banat. »

Blessée au visage, Shatha Hammad a dû être soignée dans un hôpital voisin.

Avant d’être touchée par la cartouche de gaz, elle affirme que des membres des forces de sécurité lui ont jeté des pierres.

Trois autres journalistes ont été blessés au cours de l’opération de répression, dont Fayhaa Khanfar et Saja al-Elmi, agressées et frappées par les forces de sécurité. Leurs téléphones portables ont également été confisqués.  

«  Une nouvelle évolution grave »

Le Syndicat des journalistes palestiniens a condamné les attaques des forces de sécurité contre les journalistes qui couvraient la manifestation.

« Le fait que des journalistes soient pris pour cible par les forces de sécurité constitue une nouvelle évolution grave de l’offensive contre la liberté d’expression et les médias », a déclaré le syndicat dans un communiqué, selon Reuters.

Plusieurs milliers de Palestiniens se sont rassemblés samedi pour une deuxième journée de protestations afin de dénoncer la mort de Nizar Banat, un fervent détracteur de l’AP et du président Mahmoud Abbas.

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Brandissant des drapeaux palestiniens et des photos de l’activiste tué, les manifestants ont scandé des slogans contre la répression policière de l’AP et réclamé la démission de Mahmoud Abbas, tout en accusant l’AP d’avoir tué Nizar Banat. 

Des manifestations similaires ont eu lieu à Hébron et à al-Bireh.

À Ramallah, les manifestants ont marché en direction de la Mouqata’a, un complexe gardé qui abrite plusieurs bâtiments gouvernementaux, dont le bureau du président. La police avait bloqué le carrefour menant à la Mouqata’a et fait fermer les commerces du secteur. 

Des membres des forces de sécurité en civil se sont mêlés à la foule de manifestants alors qu’ils quittaient le centre de la ville. 

Lorsque les manifestants se sont approchés du carrefour, les forces de sécurité ont déployé un important barrage de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes contre la foule et ont attaqué les manifestants ainsi que plusieurs journalistes. 

Une vidéo de la manifestation montre des membres des forces de sécurité en civil qui traînent un manifestant sur la route et le frappent.

La mort de Nizar Banat a choqué et indigné les Palestiniens. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont ainsi défilé à l’occasion de ses funérailles vendredi. 

Dans des vidéos qu’il publiait sur les réseaux sociaux, l’activiste critiquait régulièrement la corruption au sein de l’AP ainsi que sa coordination en matière de sécurité avec l’armée israélienne en Cisjordanie occupée.

Des membres des forces de sécurité palestiniennes en civil arrêtent un homme au cours d’une manifestation à Ramallah, en Cisjordanie occupée, le 26 juin 2021 (AFP/Ahmad Gharabli)
Des membres des forces de sécurité palestiniennes en civil arrêtent un homme au cours d’une manifestation à Ramallah, en Cisjordanie occupée, le 26 juin 2021 (AFP/Ahmad Gharabli)

Au moins 25 officiers ont participé à l’arrestation de Nizar Banat à l’issue d’une descente effectuée à son domicile à Dura, dans le gouvernorat d’Hébron, jeudi vers 3 h 30 du matin. Son décès a été déclaré peu de temps après. 

La famille de Nizar Banat accuse les forces de sécurité de l’AP de l’avoir tué après l’avoir battu et emmené alors qu’il était à moitié conscient.

Jeudi, la Commission indépendante des droits de l’homme, établie à Ramallah, a révélé que les premiers résultats de l’autopsie montraient que l’activiste avait été violemment battu et présentait des ecchymoses et des fractures sur tout le corps. 

Selon Samir Abu Zarzour, le médecin qui a pratiqué l’autopsie, les blessures sur le corps de Nizar Banat indiquent qu’il a été frappé à la tête, à la poitrine, au cou, aux jambes et aux mains et que moins d’une heure s’est écoulée entre son arrestation et son décès.

Faten Elwan a contribué à ce reportage. 

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.