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La « jeune Ukrainienne qui affronte un soldat russe » est en réalité la Palestinienne Ahed Tamimi

De nombreux internautes ont dénoncé cette confusion, affirmant que l’élan de sympathie suscité par la vidéo et l’amalgame avec l’Ukraine étaient dus au fait que l’activiste palestinienne pouvait être considérée comme « blanche »
Ahed Tamimi fait face à un soldat israélien lors d’une manifestation contre la confiscation de terres palestiniennes par Israël dans le village de Nabi Saleh (Cisjordanie occupée), en 2012 (AFP)
Ahed Tamimi fait face à un soldat israélien lors d’une manifestation contre la confiscation de terres palestiniennes par Israël dans le village de Nabi Saleh (Cisjordanie occupée), en 2012 (AFP)

Une ancienne vidéo d’Ahed Tamimi, une activiste palestinienne arrêtée en 2017 par Israël, a été largement partagée en ligne et faussement présentée comme des images d’une jeune Ukrainienne tenant tête à un soldat russe.

Sur des images filmées en 2012, Ahed Tamimi, alors âgée de 11 ans, affronte un soldat israélien et semble vouloir lui donner des coups de poing.

Pourtant, de nombreux internautes ont partagé les images en affirmant faussement qu’elles venaient d’Ukraine. 

https://twitter.com/TheDailyNewsngr/status/1497901011675095046

Traduction : « Une courageuse fillette ukrainienne de 8 ans affronte un soldat russe et lui dit de retourner dans son pays. »

Sur TikTok, une vidéo de cette même confrontation entre Ahed Tamimi et le soldat invite les spectateurs à prier pour l’Ukraine. Jusqu’à présent, la vidéo a été visionnée plus de treize millions de fois et cumulé près de 900 000 mentions « J’aime ». 

Nous sommes tous Ahed Tamimi
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Ahed Tamimi est souvent décrite comme une icône de la résistance palestinienne. 

Elle a attiré l’attention des médias en 2017 lorsqu’elle a été arrêtée à la suite d’une altercation avec des soldats israéliens qui refusaient de partir de chez elle à Nabi Saleh, un village de Cisjordanie occupée

Âgée de 16 ans à l’époque, elle a été condamnée à huit mois de détention dans une prison israélienne alors qu’elle était mineure, ce qui a fait les gros titres partout dans le monde. 

Une couverture médiatique critiquée

Au moment de sa libération, Ahed Tamimi a rendu hommage aux femmes incarcérées dans les prisons israéliennes et affirmé qu’elle envisageait de devenir avocate pour faire avancer la cause palestinienne. 

Les fausses informations diffusées avec les images d’Ahed Tamimi ont suscité la colère de nombreux utilisateurs des réseaux sociaux, qui dénoncent une politique de deux poids deux mesures dans la manière dont les images ont été reçues.

« Je suppose que les enfants palestiniens ne sont héroïques que lorsqu’ils sont confondus avec des Européens ? », s’est interrogé un utilisateur de Twitter.

Traduction : « Ça, c’est Ahed Tamimi enfant qui fait face à des soldats israéliens avec son poing en Palestine occupée. Observez le changement de ton lorsqu’ils découvriront la vérité sur elle. Et soyez témoins de l’ironie de tout cela. »

Une autre utilisatrice de Twitter a appelé les internautes à arrêter « de prendre les Palestiniens pour des accessoires ».

La couverture médiatique occidentale de l’invasion russe a été critiquée par de nombreux internautes pour son recours à des tropes racistes, notamment à travers des expressions de tristesse pour des Européens « civilisés » et des comparaisons avec les réfugiés du Moyen-Orient.

De nombreux internautes soutiennent que la vidéo d’Ahed Tamimi a une nouvelle fois fait le tour des réseaux sociaux dans ce nouveau contexte – bien qu’il soit faux – parce qu’elle peut être considérée comme « blanche ».

Traduction : « C’est drôle de voir qu’elle n’est plus une terroriste quand les gens pensent qu’elle est blanche. »

Samedi, David Sakvarelidze, ancien procureur général adjoint ukrainien, a suscité l’indignation lorsqu’il s’est exprimé à la BBC au sujet de l’invasion russe : « C’est très émouvant pour moi parce que je vois des Européens aux yeux bleus et aux cheveux blonds se faire tuer », a-t-il affirmé.

Ce n’est pas la première fois que des images anciennes et sans rapport avec le conflit sont intégrées au contexte de l’invasion russe.

De nombreuses images trompeuses liées à la crise en Ukraine proviennent du Moyen-Orient. De multiples vidéos et images venant de Syrie, du Liban, de Libye et de Palestine ont été faussement liées à l’invasion russe.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.