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En Afrique du Nord et au Moyen-Orient, de jeunes activistes climatiques font bouger les choses

Un Tunisien qui combat la pollution plastique, un Turc opposé à l’exploitation minière, des Iraniens emprisonnés pour leur tentative de sauver des guépards… partout dans la région, des jeunes passionnés par l’avenir de leur planète prennent les choses en main
La Suédoise Greta Thunberg a inspiré de nombreux jeunes activistes pour le climat de par le monde (montage MEE)

Le mouvement de protestation de la jeune Suédoise Greta Thunberg a connu des débuts modestes.

En septembre 2018, dans l’espoir de pousser son gouvernement à prendre des mesures d’urgence contre les changements climatiques, l’adolescente alors âgée de 15 ans est restée assise devant le Parlement à Stockholm pendant trois semaines avec, à ses côtés, une pancarte indiquant : « Grève scolaire pour le climat ».

Depuis, elle poursuit son mouvement de protestation, qu’elle a appelé « FridaysForFuture », entraînant avec elle des centaines de milliers d’étudiants et d’autres à travers le monde. 

La semaine dernière, plus de 5 000 manifestations à travers le monde ont eu lieu en amont du Sommet Action Climat de l’ONU, qui a eu lieu ce lundi. À cette occasion, Middle East Eye dresse le profil de jeunes activistes et écologistes luttant contre le changement climatique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. 

Tunisie : le ramasseur de plastique

Mohamed Oussama Houij a eu l’idée de nettoyer la Tunisie un midi pendant une balade. « Je voulais marcher 10 km sur la plage et, pendant cette promenade, je me suis rendu compte qu’il y avait bien trop de plastique », se rappelle-t-il.

Alors, ce jeune homme de 28 ans, connu dans sa famille pour son côté quelque peu excentrique (« Ils ont l’habitude de mes idées bizarres », déclare-t-il en souriant), a commencé à ramasser les déchets.

La mission de Houij, consistant à nettoyer 300 km de côte, lui a pris 58 jours (Facebook)
La mission de Houij, consistant à nettoyer 300 km de côte, lui a pris 58 jours (Facebook)

Il s’est dit : « Si je peux le faire durant une journée, je peux le faire pendant tout l’été. »

Ce fut le début des 300 Kilomètres, le trek de 58 jours réalisé par Houij le long de la côte tunisienne l’été dernier. Pendant huit semaines environ, il a ramassé du plastique à travers le pays, soutenu par des éboueurs qui l’ont aidé dans sa tâche et de nombreux fans prêts à le laisser dormir chez eux plutôt que sur la plage.

Houij estime qu’il a ramassé plus d’une centaine de kilos chaque jour. « Certains jours, je me suis retrouvé avec plus de 40 gros sacs, tous remplis de plastique », se souvient-il.

Il y avait des bouteilles des années 1970, des pièces de moteurs Peugeot ou encore des papiers de bonbons d’Italie, de France et de Grèce. Il a cessé de s’inquiéter des ustensiles dont il aurait besoin pour manger parce qu’il savait qu’il pourrait les trouver sur la plage.

« Nous sommes une grande partie du problème. Nous l’avons créé, nous devrions nous en occuper »

- Mohamed Oussama Houij

La pollution plastique ne menace pas uniquement les océans du globe. Des experts rapportent que le plastique à usage unique, qui contribue aux émissions de gaz à effet de serre à toutes les étapes de son cycle de vie, accélère également le changement climatique. Houij affirme que son initiative a été un succès en raison de la quantité de plastique ramassé mais aussi en matière de sensibilisation.

Mais pour certains, sa campagne était excessive.

Houij raconte que pendant qu’il nettoyait la ville de Hamem Ghzez, il a filmé des employés municipaux déversant des ordures qu’ils avaient ramassées dans un lac asséché, d’où elles seraient emportées vers la mer pendant la saison des pluies. Les employés ont surpris Houij en train de filmer et ont brisé sa caméra. Le jeune homme a toutefois eu l’impression d’avoir gagné parce que les journalistes ont couvert ce dont il avait été témoin et le ministre de l’Environnement s’est également rendu sur place.

Un autre jour, il a été arrêté. On lui a demandé : « Qui êtes-vous ? Pourquoi faites-vous cela ? C’était complètement insensé », dit-il en riant.

Mohamed Oussama Houij reconnaît qu’il existe un fossé entre l’action individuelle et l’ampleur des changements climatiques.

« C’est une affaire urgente, surtout pour la Tunisie », déclare-t-il. « Nous sommes confrontés à la sécheresse. Nous sommes confrontés à l’épuisement des cultures et à l’extinction massive des plantes, et nous en sommes encore à nous dire : “Oui, bien sûr, n’utilisons pas de sacs en plastique.” »

L’utilisation de plastiques est un problème créé par les gens, affirme Houij, et il pourrait être réglé, acte individuel après acte individuel, si tout le monde s’y attelait.

« Nous sommes une grande partie du problème. Nous l’avons créé, nous devrions nous en occuper. »

Liban : la cheffe de la rébellion

« Je veux changer le Liban », déclare Joelle Zgheib, 17 ans. « Je sais que je ne n’y arriverai peut-être pas, mais je sais aussi que les jeunes sont très puissants, surtout quand ils ont suffisamment de colère en eux pour faire changer les choses. »

Zgheib est la fondatrice d’Extinction Rebellion Lebanon, la première filiale dans le monde arabophone du groupe de protection de l’environnement Extinction Rebellion, né au Royaume-Uni en 2018. 

Joelle Zgheib lors d’un nettoyage de plage qu’elle a récemment organisé (avec son aimable autorisation)
Joelle Zgheib lors d’un nettoyage de plage qu’elle a récemment organisé (avec son aimable autorisation)

Zgheib, lectrice assidue et fervente amatrice d’art, vit dans la ville côtière libanaise de Byblos. L’année prochaine, elle s’installera à Beyrouth pour étudier la littérature, après avoir refusé une place dans une université française afin de pouvoir poursuivre son activisme climatique au Liban.

Bien que la crise climatique soit un problème mondial, c’est précisément la situation au Liban qui l’a attirée vers le mouvement de protection de l’environnement.

« Au Liban en particulier, le changement climatique n’est même pas un sujet », déplore-t-elle. « Nous n’avons pas d’air pur, pas d’eau propre, nous manquons d’électricité, mais les gens se contentent de se plaindre au lieu d’agir. »  

« Mes amis se sont moqués de moi au début. Ils disaient que nous avions des problèmes plus graves au Liban, mais ils ont lentement commencé à me soutenir »

- Joelle Zgheib

Irritée par cette complaisance, Joelle Zgheib a commencé à lire autant qu’elle le pouvait sur l’impact des humains sur l’environnement. Puis elle a commencé les manifestations FridaysforFuture dans son école, inspirées par les actions de Greta Thunberg en Suède.

« Mes amis se sont moqués de moi au début », rapporte-t-elle. « Ils disaient que nous avions des problèmes plus graves au Liban, mais ils ont lentement commencé à me soutenir. »

À partir de là, Joelle Zgheib est tombée sur la page Instagram d’Extinction Rebellion et, réalisant qu’il n’y avait pas de filiale libanaise du groupe, a décidé d’en commencer une avec Rami, un autre jeune de 18 ans, qui a demandé à ne pas révéler son nom de famille. Ils planifient à présent leurs premières manifestations. 

Le groupe souscrit aux trois exigences mondiales d’Extinction Rebellion : que les gouvernements disent la vérité sur l’urgence écologique ; qu’ils agissent maintenant pour arrêter la perte de biodiversité et réduire à zéro les gaz à effet de serre d’ici 2025 ; créer des systèmes démocratiques et participatifs pour discuter de solutions.

Joelle Zgheib est consciente qu’il existe des combats spécifiques au Liban, y compris la nécessité de transports publics et d’un recyclage adéquat. Elle sait également que les tactiques utilisées par Extinction Rebellion au Royaume-Uni – comme manifester à moitié nu et organiser des barrages routiers – seraient beaucoup plus difficiles à appliquer au Liban.

Au lieu de bloquer les routes, le groupe prévoit de manifester le long des embouteillages à Beyrouth, en veillant à ne pas se mettre à dos l’opinion publique en contribuant au problème de congestion de la capitale.

« C’est un peu triste qu’il m’incombe à moi, une jeune de 17 ans, d’essayer de faire bouger les choses », estime Zgheib. « Je suis jeune, mais je ressens une véritable colère me poussant à faire changer les choses. Je peux le faire, et je pense que je vais le faire. » 

Iran : les martyrs de la faune

Ils essayaient de protéger le guépard asiatique, en voie d’extinction à cause du braconnage, du développement industriel et de la désertification.

Mais en janvier 2018, neuf écologistes iraniens – Taher Ghadirian, Niloufar Bayani, Amirhossein Khaleghi, Houman Jokar, Sam Rajabi, Sepideh Kashani, Kavous Seyed Emami, Morad Tahbaz et Abdolreza Kouhpayeh – ont été arrêtés par le Corps des gardiens de la révolution islamique. 

Ces scientifiques et chercheurs sont en prison depuis, sans jugement, accusés d’espionnage au moyen des caméras pour la faune utilisées dans leurs recherches.

Le guépard asiatique (ou d’Iran) est menacé, selon des militants pour le climat (AFP)
Le guépard asiatique (ou d’Iran) est menacé, selon des militants pour le climat (AFP)

L’un d’eux, Kavous Seyed Emami, est mort en prison en février dernier. Les autorités pénitentiaires auraient dit à sa famille qu’il s’était suicidé, mais celle-ci a demandé une enquête indépendante.

Alors que ces écologistes avaient participé à différentes initiatives au cours de la dernière décennie, ils s’étaient réunis sur ce projet, organisé par la Persian Wildlife Heritage Foundation basée à Téhéran.

Depuis près de deux ans, des membres de leurs familles, des activistes, des artistes, des universitaires et des militants pour les droits de l’homme iraniens font pression pour que les

Dans une lettre ouverte adressée au président Hassan Rohani en juin dernier, la sœur de Sam Rajabi explique les pressions que le Corps des gardiens de la révolution islamique a exercées sur les membres de sa famille, notamment en menaçant d’exécuter les activistes si leurs proches continuaient leur mobilisation.

« Il est possible que les interrogateurs [des écologistes] n’aient pas d’enfants, mais ils ont sûrement des mères », écrit Rajabi. « Alors, comment se fait-il qu’ils brisent le cœur d’autres mères qui ont élevé des enfants qui aiment l’Iran ? » 

Les huit ont fait une grève de la faim et le ministère des Renseignements a rejeté les accusations d’espionnage, mais le groupe demeure en « détention provisoire ». 

Alors que s’estompe l’espoir de les voir libérés, la seule façon pour les membres de leurs familles d’exprimer leur douleur et leur indignation est à travers les réseaux sociaux.

Depuis avril, l’un des frères d’Amirhossein Khaleghi poste le même message sur Twitter tous les jours.

Il comprend le nom des écologistes détenus, la durée de leur emprisonnement et un hashtag en farsi qui dit : « Nous sommes condamnés à espérer ». 

Maroc : la réseauteuse

Hajar Khamlichi est constamment en déplacement. À peine atterrie à Rabat après une conférence à Beyrouth, elle était déjà dans un autre vol à destination de New York pour le Sommet Action Climat de l’ONU.

Son objectif ? S’assurer que les jeunes arabes sont entendus et participent au débat international autour de la crise climatique.

« C’est un vaste sujet et je ne savais pas par où commencer. Alors j’ai commencé à former un réseau », a déclaré Hajar Khamlichi (MEE/Hajar Khamlichi)
« C’est un vaste sujet et je ne savais pas par où commencer. Alors j’ai commencé à former un réseau », a déclaré Hajar Khamlichi (MEE/Hajar Khamlichi)

« Les jeunes du monde entier ont du mal à faire entendre leur voix », explique cette ingénieure et activiste pour le climat âgée de 35 ans. [« En ce moment], notre voix en tant que jeunes arabes n’a aucun impact. »

Khamlichi est présidente et co-fondatrice du Mediterranean Youth Climate Network, une organisation rassemblant des groupes pour le climat dirigée par des jeunes de tout le bassin méditerranéen, travaillant ensemble pour faire face aux conséquences à long terme du changement climatique. 

Elle vit à Tanger, où elle a travaillé pendant plus de dix ans comme gestionnaire des eaux usées industrielles et de l’environnement. En utilisant la plupart de ses vacances pour assister à des événements, elle s’est créé un réseau de personnes nourrissant les mêmes idéaux et les mêmes préoccupations concernant l’urgence à agir. Ses collègues se moquent régulièrement d’elle parce qu’elle ne prend presque jamais de congé.

« Ils me demandent si je ne veux pas aller sur une île, une plage ou une forêt, et me détendre », dit-elle en riant. « Je prends toujours le temps de faire une pause et je vais habituellement dans des endroits où je peux renouer avec la nature. »

Hajar Khamlichi dit s’être intéressée à la lutte pour l’environnement presque par accident.

« Quelque chose s’est éveillé en moi », confie-t-elle. « C’était un peu intimidant. C’est un vaste sujet et je ne savais pas par où commencer. Alors j’ai commencé à former un réseau. »

Le Maroc a pris des mesures significatives pour développer le secteur des énergies renouvelables : des centrales solaires et des parcs éoliens ont été construits, les sacs en plastique ont été interdits et des initiatives ont été prises pour aider les agriculteurs à s’adapter aux changements climatiques.

« Plus vous vous investissez, plus vous commencez à constater quelques progrès et c’est très gratifiant »

- Hajar Khamlichi

Pourtant, ce n’est pas suffisant. Comme le reste du monde, le Maroc subit l’impact du réchauffement climatique. Le pays souffre de pénuries d’eau en raison de la baisse des précipitations. Les températures moyennes devraient augmenter entre 2 °C et 5 °C d’ici la fin du siècle. Les précipitations devraient diminuer de 20 % à 30 %.

Ces dernières années, dans des endroits comme Zagora, dans le sud du Maroc, les habitants ont protesté contre les pénuries d’eau. Et la crise s’aggrave : la collecte de l’eau est un enjeu majeur dans ce pays à forte intensité agricole.

Même si l’avenir terrifie Hajar Khamlichi, elle reste optimiste quant au fait que l’action de tous ceux qui se sentent passionnément concernés par l’avenir de la planète puisse prévenir une catastrophe potentielle.

Elle est convaincue qu’elle peut faire des changements climatiques une priorité politique absolue.

« Plus vous vous investissez, plus vous commencez à constater quelques progrès et c’est très gratifiant », déclare-t-elle. « Ce sont de petits pas, mais je suis convaincue qu’ils feront une différence. Je le sais au fond de mon cœur. »

Turquie : l’organisateur

L’appel à une action urgente pour sauver l’environnement était déjà bien lancé dans la ville natale de Sercan Dede avant même sa naissance.

À Artvin, une ville de 25 000 habitants du nord-est de la Turquie surplombée par la colline de Cerattepe, les habitants protestent depuis les années 1970 contre la destruction de l’une des zones les plus idylliques du pays. 

La région possède l’une des plus grandes biodiversités de Turquie, abritant 26 espèces végétales distinctes ainsi que des chevreuils, des sangliers et des loups gris. Mais elle dispose également de gigantesques réserves de cuivre, d’or, d’argent et de mercure, qui attirent depuis longtemps les compagnies minières.

Sercan Dede s’exprime lors d’une manifestation (MEE/Sercan Dede)
Sercan Dede s’exprime lors d’une manifestation (MEE/Sercan Dede)

Il était naturel que Sercan Dede, aujourd’hui âgé de 27 ans, rejoigne sa famille, ses amis et le reste de sa communauté dans leur lutte de longue date contre l’empiètement des entreprises et de nombreuses administrations gouvernementales pro-mines.

« Quand j’étais enfant, je voyais des affiches et des autocollants à propos de Cerattepe dans les rues, partout », raconte-t-il.

Mais ce n’est que lorsque Sercan Dede a eu 18 ans et a rejoint l’association Green Artvin, qui réunit des habitants de toutes tendances politiques ainsi que les syndicats, que son activisme est devenu sérieux.

Au fil des ans, les actions de Dede ont consisté à se tenir côte à côte avec d’autres jeunes pour empêcher les sociétés minières d’accéder à la colline.

Entre 2015 et 2016, les manifestations se sont intensifiées après l’approbation des plans de forage d’une entreprise par le gouvernement. Pendant neuf mois, les habitants, y compris Dede, ont veillé jour et nuit. 

Puis un matin de février 2016, la lutte s’est enflammée. Des centaines de personnes de toute la Turquie sont venues manifester dans la région alors que les autorités tentaient de passer. 

« Nous avons dû lutter et nous avons dû nous battre avec les forces de police », se souvient le jeune homme.

« Les gens peuvent penser que nous avons perdu, mais ce n’est qu’un processus. Il a commencé il y a 30 ans, et il est toujours en cours »

- Sercan Dede

Bien que l’exploitation minière se poursuive dans certaines parties de Cerattepe, Sercan Dede estime que sans l’activisme de sa communauté depuis des années, il y aurait beaucoup plus d’exploitation minière en cours aujourd’hui. 

« Nous nous sommes réunis, nous avons fait entendre notre voix dans le monde entier et cela a été un grand succès pour moi », dit-il. « Nous avions le sentiment que nous n’étions pas seuls, ce qui m’a rendu vraiment très heureux. »

Il y a deux ans, Dede a ouvert le café Patika. Ce n’est pas une affaire qui rapporte gros, plutôt un endroit où il poursuit sa mission de rassembler les gens. Parmi les activités du café figurent la vente de livres, des ateliers, de petits concerts, des projections de films et des promenades organisées dans la nature.

Il est clair pour Dede que leurs efforts seront encore plus critiques à mesure que l’impact du changement climatique deviendra plus évident, année après année.

« Il neigeait quand nous étions enfants. La neige atteignait nos épaules. Mais de nos jours, il ne neige plus tant que ça », regrette-t-il. « Et des inondations se produisaient tous les 60 ou 70 ans. Aujourd’hui, nous sommes confrontés chaque année à des inondations entraînant des pertes de vies humaines. »

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Il s’est récemment impliqué dans l’administration locale et poursuit le travail d’éducation et d’organisation contre l’exploitation minière – des questions qu’il considère comme inextricablement liées.

« Les gens peuvent penser que nous avons perdu, mais ce n’est qu’un processus », souligne-il. « Il a commencé il y a 30 ans, et il est toujours en cours. »

Ces profils ont été rédigés par Aida AlamiFreya Pratty, un contributeur de MEE en Iran et Dania Akkad.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.