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« On veut être libérés » : quand les soldats syriens demandent à quitter l’armée de Bachar al-Assad

Une campagne initiée par des soldats syriens pour quitter l’armée a suscité des réactions mitigées entre soutien et dénonciation de crimes 
Selon le dernier bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) en 2019, un groupe de veille basé au Royaume-Uni, au moins 370 000 personnes ont péri depuis le début des soulèvements en Syrie, en 2011 (AFP)
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« On veut être libérés » : tel est le hashtag lancé par des soldats syriens sur les réseaux sociaux pour demander à être démobilisés de l’armée de Bachar al-Assad. 

Cette campagne a été massivement partagée sur internet suite à la publication par des soldats syriens de photos et de vidéos sur Facebook. Ces publications ont appelé à la compassion et au soutien des soldats et de leurs familles. 

Sur une vidéo, on voit par exemple un enfant tenter d’empêcher son père de partir au service militaire. 

شباب الكم #تعليق# رفعو البوست

Posted by ‎بدنا نتسرح‎ on Saturday, July 6, 2019

D’autres photos de soldats tenant dans leurs bras leurs enfants ont été partagées pour sensibiliser l’opinion. 

لأجل مستقبل أطفالهم شارك الصورة لتصل #سيدي_الرئيس #انت املنا #ثقتنا بك كبيرا #اقدم_الدورات #بدنا_نتسرح

Posted by ‎بدنا نتسرح‎ on Saturday, July 6, 2019

Traduction : « Pour l’avenir de leurs enfants, partagez la photo » 

Avant le Printemps arabe et la révolte contre le régime de Bachar al-Assad en 2011, les hommes âgés de 18 ans et plus étaient tenus d’effectuer un service militaire obligatoire allant de dix-huit mois à deux ans. Mais depuis le début de la guerre, le service militaire dure plusieurs années. 

En janvier 2019, l’armée syrienne a annoncé la démobilisation d’officiers mobilisés en 2013, qui ont terminé leurs cinq ans de service obligatoire. La même décision a été prise en 2018. 

« Après avoir semé le chaos, ils souhaitent être libérés »

Malgré le soutien exprimé par certains internautes, d’autres ont critiqué cette campagne. « Vous méritez de rester dans l’armée » pour « goûter à la souffrance du peuple syrien », clament certains tweets.

Traduction : « Oh vous le méritez bien. Restez dans votre armée. Vous avez assassiné des enfants et des jeunes innocents. J’espère que vous goûtez à la souffrance que vous avez infligée à beaucoup de Syriens »

En août 2017,  Carla Del Ponte, ancienne procureure spécialiste des crimes de guerre, avait déclaré aux médias suisses Le Matin Dimanche et Sonntags Zeitung : « Les preuves sont suffisantes pour condamner le président syrien Bachar al-Assad de crimes de guerre, j’en suis convaincue ».

Traduction : « Après avoir assassiné des enfants innocents et leur peuple, ils demandent à être libérés. Récoltez ce que vous avez semé et on verra si Bachar vous sera utile » 

Des internautes se sont félicités de cette campagne qui montre « une défaite » de l’armée syrienne. 

Traduction : « Ils se présentent comme les soldats de Bachar. En effet, ils n’ont jamais été les soldats de cette patrie depuis qu’ils ont décidé de servir un dictateur et de protéger son pouvoir et sa famille. C’est une défaite de l’armée dont les soldats commencent à se désintéresser de Bachar al-Assad et de ses mensonges » 

Selon le dernier bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) en 2019, un groupe de veille basé au Royaume-Uni, au moins 370 000 personnes ont péri depuis le début des soulèvements en Syrie, en 2011. Parmi les victimes, au moins 112 623 étaient des civils, plus de 21 000 enfants et 13 000 femmes font également partie des victimes, estime l’ONG.