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VIDÉO : En Algérie, la présidentielle se veut une issue à la crise politique

À moins d’un mois de l’élection présidentielle, la situation politique en Algérie reste confuse
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Deux dynamiques contradictoires animent la scène algérienne : d’un côté, une campagne électorale menée laborieusement par cinq candidats ; de l’autre, la pression des manifestations bihebdomadaires (et parfois nocturnes) contre la tenue de ce scrutin.

Le pouvoir de fait incarné dans la personne du chef d’état-major de l’armée Ahmed Gaïd Salah, persiste dans la voie dite « constitutionnelle » après le report à deux reprises de la présidentielle, en avril, et en juillet dernier. Une vision défendue, bien naturellement, par les cinq candidats (deux ex-Premier ministres, deux anciens ministres et un ex-dirigeant des jeunesses FLN).

« L’Algérie est sans président depuis 2011, l’Algérie est sans tête, sans capitaine, ça donne un pays à la dérive, la présidentielle permet de responsabiliser quelqu’un », défend l’un des « favoris », Ali Benflis, ex-chef de gouvernement et opposant, faisant allusion à la maladie du président déchu Abdelaziz Bouteflika et à son incapacité de gouverner. 

Une « ruse » pour régénérer le système

En face, les manifestations du vendredi et du mardi à travers plusieurs villes du pays, et parfois même les jeudis en soirée, même si elles ne drainent pas les foules massives des mois de février et de mars, continuent de tenir une ligne « dégagiste », refusant une élection qui ne serait qu’une « ruse » pour régénérer le système. Plusieurs manifestants ayant perturbé les meetings de candidats ont été condamnés à de la prison ferme durant la première semaine de campagne électorale.

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Au milieu, stagne une opposition qui n’a pas réussi à cristalliser l’énergie du hirak civique, laissant le soin au système, par défaut, la primauté de l’initiative.

Une situation qui pousse certains opposants, comme Soufiane Djilali, président du parti Jil Jadid, à imaginer comment dépasser l’actuel blocage :  « À force de se donner des défis dans des limites temporelles étriquées, face à un pouvoir maître du pays, le mouvement risque de perdre à chaque tentative et, en bout de course, de se démotiver », prévient-il dans une tribune publiée dans la presse.

Il appelle à se concentrer sur l’après-présidentielle afin que les Algériens s’organisent mieux politiquement. Un nouveau défi pour l’Algérie de l’après-22 février.