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Des pays arabes militent pour le retour de la Syrie à la Ligue arabe

Les efforts d’Alger, Le Caire, Tunis et Bagdad pour réintégrer Damas dans la Ligue arabe sont confrontés à une opposition forte au sein de l’organisation
L'adhésion de la Syrie est provisoirement suspendue depuis novembre 2011 (AFP)
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« L’Irak, l’Égypte, l’Algérie et la Tunisie soutiennent avec énergie la réintégration de la Syrie à la Ligue arabe », a déclaré le député irakien Jassim Mohamed Jafar, réputé proche du Premier ministre Haïdar al-Abadi, au site d’information al-Maalomah. 

« L’Égypte est l’acteur le plus important, étant un puissant allié de la Russie et contrôlant administrativement la Ligue arabe, son soutien à ce dossier est très positif », a ajouté le parlementaire irakien qui confie que « pour les pays cités, le fait que Bachar al-Assad garde ou quitte le pouvoir n’est pas important, ce qui est important est de stabiliser la situation en Syrie, c’est cela le grand intérêt du Moyen-Orient et de la région arabe ». 

Le 7 mars, le ministre des Affaires étrangères irakien, Ibrahim al-Jaafari, a critiqué devant ses collègues lors d’une réunion ministérielle de la Ligue arabe au Caire, l’absence de la Syrie depuis 2011, et a appelé à « suspendre la participation des délégations syriennes [de l’opposition] aux réunions de la Ligue ». 

Le secrétaire général de la Ligue, l’Égyptien Ahmed Aboul Gheit (Reuters)

Le siège de la Syrie à la Ligue arabe est vide depuis la suspension provisoire de son adhésion à cette organisation régionale en novembre 2011, dix-huit pays sur les 22 que compte la Ligue ont voté pour cette exclusion. À l’époque, l'ambassadeur Youssef Ahmad, délégué permanent de la Syrie à la Ligue arabe, avait réagi en qualifiant cette décision d’« illégale et contraire à la charte et au statut de la Ligue ». 

En 2013, l’opposition syrienne a pu occuper le siège de la République arabe syrienne lors du sommet de la Ligue à Doha. Mais Alger et Bagdad ont alors fait pression en invoquant notamment des principes juridiques de l’organisation, ce qui a favorisé le report de l’attribution officielle du siège à l’opposition syrienne. Le chef de la délégation syrienne, Ahmed Jabra, avait prononcé un discours véhément à l’encontre des leaders arabes : « Laisser libre le siège de la Syrie envoie un message [à Assad] : Tuez, tuez, votre siège vous attend une fois la bataille terminée. »

De son côté, et à l’instar de la position irakienne, Alger n’a cessé de réitéré sa demande de réintégrer la Syrie : « La Syrie semble indispensable à la bonne marche de la Ligue arabe », a souligné le chef de la diplomatie algérienne, Abdelkader Messahel à Russia Today.   

À LIRE : L’opposition syrienne sollicite Alger pour une médiation avec Assad

Mais le prochain sommet de la Ligue arabe, reporté de fin mars au 15 avril, en Arabie saoudite, ne risque pas de voir la chaise vide de la République arabe syrienne réoccupée par Bachar al-Assad. 

En février dernier, Segueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russes, a soutenu que « La Ligue pourrait jouer un rôle plus important, plus efficace [pour solutionner la crise syrienne], si le gouvernement syrien faisait partie de l'organisation ». 

Ce n’est apparemment pas le point de vue du secrétaire général de la Ligue, l’Égyptien Ahmed Aboul Gheit, qui a répondu que cette question sera évoquée après un « règlement politique » de la crise, ajoutant que cela n'était « pas actuellement à l'ordre du jour ».