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La Turquie demande aux États-Unis d'extrader l'auteur présumé du coup d'État, comparé à Ben Laden

Ankara a prévenu que la non-extradition de Fethullah Gülen aurait un « impact négatif sur les relations entre la Turquie et les États-Unis »
Le ministre turc de la Justice Bekir Bozdag répondant à une question au parlement d'Ankara le 17 mai 2016 (AFP)

Le ministre turc de la Justice Bekir Bozdag a exhorté mardi les États-Unis à remettre à Ankara le prédicateur Fethullah Gülen, accusé d'avoir ourdi le putsch manqué en juillet, qu'il a comparé au chef d'al-Qaïda Oussama Ben Laden.

« La non-extradition de Gülen aurait un impact négatif sur les relations entre la Turquie et les États-Unis », a prévenu Bekir Bozdag mardi, peu avant de s'envoler pour les États-Unis, où il doit rencontrer son homologue Loretta Lynch, selon l'agence de presse progouvernementale turque Anadolu.

« Nous ne voulons pas que les relations entre la Turquie et les États-Unis soient affectées à cause d'un terroriste », a-t-il ajouté.

Les relations entre les États-Unis et la Turquie, deux piliers de l'OTAN, ont été éprouvées par le coup d'État manqué et les vains appels d'Ankara à une extradition de Gülen. Les autorités américaines soulignent que la décision appartient à la justice.

Hizmet, « une organisation terroriste »

Soulignant que 241 personnes avaient été tuées lors de la nuit du putsch manqué, le ministre turc a déclaré que « tout ce que Ben Laden représente pour les États-Unis, Fethullah Gülen le représente pour l'État turc ».

Gülen, qui nie toute implication dans le putsch manqué, est à la tête d'un mouvement Hizmet (« service » en turc), qui compte un réseau d'écoles, d'ONG et d'entreprises. Le gouvernement turc considère ce mouvement comme une « organisation terroriste ».

En juillet, le ministre des Affaires européennes Omer Celik avait estimé que « Fethullah Gülen est un individu encore plus dangereux qu'Oussama Ben Laden » et son organisation « encore plus dangereuse et sauvage que Daech [EI] ».

Début septembre, le président américain Barack Obama s’était engagé à traduire en justice les responsables du coup d’État manqué en Turquie.