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Des fuites révèlent qu’Abbas se serait opposé en privé au rapport sur les crimes de guerre d’Israël

Selon des documents du Mossad rendus publics, l’agence israélienne aurait tenté de faire pression sur le gouvernement sud-africain au sujet du rapport Goldstone sur les crimes de guerre
Le président palestinien Mahmoud Abbas lors d’une conférence de presse (AFP).
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Des documents des services secrets israéliens ayant fuité indiqueraient que le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, soutenait la suppression du rapport Goldstone sur les crimes de guerre israéliens, mais qu’il ne pouvait pas prendre une telle position « en public ».

Les documents obtenus par Al-Jazeera et The Guardian auprès des services de renseignement sud-africains, l’Agence de sécurité de l’Etat, semblent également montrer que le Mossad, l’agence des services secrets israéliens, a fait pression sur le gouvernement sud-africain afin qu’il s’oppose au rapport Goldstone présenté au Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

D’après le rapport produit par l’avocat sud-africain Richard Goldstone, Israël a été impliqué dans des crimes de guerre potentiels lors du bombardement de Gaza mené en 2009 au cours de l’opération « Plomb Durci ». Le rapport accuse Israël d’avoir ciblé des civils, fait usage de boucliers humains et détruit des infrastructures civiles.

Le rapport condamne également le Hamas ainsi que d’autres groupes armés palestiniens pour avoir ciblé délibérément des civils israéliens et lancé des attaques aveugles à la roquette.

D’après le document divulgué, Abbas « avait des réserves quant au succès dont le peuple palestinien aurait bénéficié en cas d’acceptation du rapport par la communauté internationale » et s’inquiétait du fait que celui-ci puisse « faire le jeu du Hamas et affaiblir sa position ».

Abbas ne pouvait pas « prendre cette position en public » et devait « exprimer en public son accord avec le rapport », selon le document.

Ces fuites soulèveront probablement davantage les soupçons parmi les Palestiniens quant à la sincérité de la tentative de Mahmoud Abbas de poursuivre Israël devant la Cour pénale internationale (CPI).

Si Abbas a signé le Statut de Rome en décembre, permettant ainsi à l’Autorité palestinienne de rejoindre la CPI, plusieurs rapports ont révélé qu’il avait compromis une telle démarche à plusieurs occasions par le passé.

Le Mossad a mis en garde les services de renseignement sud-africains contre le fait que soutenir le rapport Goldstone pourrait « donner l’impression à d’autres organisations terroristes qu’il serait possible de se servir de zones très peuplées comme de boucliers humains lors d’opérations terroristes ».

« Par ce biais, une nouvelle forme de terrorisme et de combat pourrait apparaître, et cela pourrait être considéré comme une victoire pour le terrorisme », peut-on lire dans le document.

Israël se montre depuis longtemps soupçonneux envers le Conseil des droits de l’homme et considère que cet organisme affiche un parti pris anti-israélien. Bien que Goldstone ait lui-même été accusé de partialité à l’encontre d’Israël par certains commentateurs, il a également déclaré que « la partialité [du Conseil des droits de l’homme] à l’encontre Israël dans le passé ne peut être mise en doute ».

En dépit des pressions manifestes, l’Afrique du Sud a soutenu le rapport au Conseil des droits de l’homme, tout comme vingt-quatre autres pays. Les Etats-Unis font partie des pays qui s’y sont opposés.

Plus de 1 400 Palestiniens ainsi que quatre Israéliens ont été tués au cours de la guerre de 2009.