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États-Unis : Trump compte limiter les visas pour les citoyens du Moyen-Orient

Le président américain devrait signer des décrets pour interdire l’accueil des réfugiés de façon temporaire et suspendre les visas des citoyens syriens et de six autres pays
On s’attend à ce que Trump suspende les visas pour les citoyens de Syrie, d’Irak, de Libye, du Soudan et du Yémen (AFP)

Donald Trump devrait signer aujourd’hui des décrets incluant l’interdiction d’entrée aux réfugiés de façon temporaire et la suspension de visas pour les citoyens de Syrie et de six autres pays du Moyen-Orient et de l’Afrique, selon des assistants du Congrès et des experts de l’immigration informés sur la question.

On s’attend à ce que le président des États-Unis, qui a déclaré sur Twitter que mercredi serait « un grand jour » en matière de sécurité nationale, interdise pour quelques mois l’entrée de réfugiés aux États-Unis, à l’exception des minorités religieuses faisant face à des persécutions, jusqu’à ce qu’un système de contrôle plus agressif soit mis en place.

Un autre décret bloquera l’octroi de visas à toute personne venant de Syrie, d’Irak, de Libye, de Somalie, du Soudan et du Yémen, selon les assistants et les experts, qui ont demandé à ne pas être identifiés.

Dans son tweet posté mardi soir, Trump a déclaré : « Grand jour demain au sujet de la SÉCURITÉ NATIONALE. Entre autres, nous construirons le mur ! »

Les mesures de sécurité à la frontière incluent probablement la construction d’un mur à la frontière du Mexique et d’autres actions pour réduire le nombre de migrants clandestins qui vivent aux États-Unis.

Selon Stephen Legomsky, qui était chef du service de naturalisation et d’immigration aux États-Unis de l’administration Obama, le président avait le pouvoir nécessaire pour limiter l’accueil de réfugiés et l’octroi de visas à certains pays si l’administration évaluait que c’était dans l’intérêt du public.

« D’un point de vue légal, cela serait dans le cadre de ses droits », a déclaré Stephen Legomsky. « D’un point de vue politique, ce serait une terrible idée car il y a, à l’heure actuelle, un besoin urgent d’aide humanitaire pour les réfugiés. »

Contestations juridiques

Les détracteurs pourraient entamer des poursuites judiciaires si tous les pays sujets à l’interdiction sont des nations à majorité musulmane, a déclaré l’expert de l’immigration Hiroshi Motomura à la faculté de droit de UCLA.

Des arguments juridiques pourraient affirmer que le décret exercera des discriminations contre une religion en particulier, ce qui serait anticonstitutionnel, a-t-il déclaré.

« Ses commentaires lors de la campagne et un certain nombre de personnes dans son équipe se concentrent beaucoup sur la religion comme cible », a déclaré Hiroshi Motomura.

Pour interdire l’accès aux pays désignés, Trump va sans doute dire au Département d’État d’arrêter d’octroyer des visas aux personnes venant de ces pays, selon des sources familières avec le système de visas. Il pourrait également donner l’ordre au Bureau des douanes et de la protection des frontières des États-Unis d’empêcher tout détenteur de visa de ces pays d’entrer aux États-Unis.

Le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer a déclaré mardi que les départements d’État et de la Sécurité intérieure travailleraient au système de contrôle une fois que Rex Tillerson, choisi par Trump pour diriger le Département d’État, sera investi.

Traduit de l’anglais (original).