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Habib Essid, l'étrange retour en grâce

Après une relation conflictuelle avec le parti au pouvoir Nidaa Tounes, qui a conduit à son éviction, l’ancien chef du gouvernement tunisien Habib Essid revient au Palais en tant que ministre conseiller politique
L’ancien chef du gouvernement Habib Essid a été nommé lundi nommé ministre conseiller spécial auprès du président de la République, chargé des Affaires politiques (AFP)
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Lundi, la présidence de la République tunisienne a annoncé la nomination de l’ancien chef du gouvernement Habib Essid au poste de ministre conseiller politique du chef de l'État. Une nomination confirmée après plusieurs rumeurs suite à un entretien privé entre Youssef Chahed et Habib Essid.

En 2016, Habib Essid avait été forcé à quitter le gouvernement tunisien après avoir refusé de démissionner suite à la pression de président tunisien Béji Caïd Essebsi qui avait alors proposé de former un gouvernement d’union nationale, fragilisant ainsi la position de Habib Essid.

L’ex-chef du gouvernement tunisien avait alors joué sa dernière carte en sollicitant le vote de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) mais les députés avaient décidé de retirer la confiance à son gouvernement après dix-huit mois à la tête de l’exécutif.

Après deux ans, Habib Essid, technocrate âgé de 69 ans, revient en première ligne sur la scène politique tunisienne. Sa nomination a suscité des réactions mitigées sur les réseaux sociaux.

Certains estiment que malgré l’humiliation qu’a subie Habib Essid lors de son éviction, sa nouvelle nomination pourrait débloquer la situation.

D’autres sont moins optimistes et jugent cette nomination inefficace en raison du profil politique de Habib Essid.

Cette nomination semble aussi amuser certains internautes qui ont souligné son incohérence.

Enfin, cette décision intervient en pleine crise politique et économique qui perdure en Tunisie. Pour rappel, cet été une réunion sous haute tension s’est tenue au Palais présidentiel, à Carthage, pour décider de l'avenir du gouvernement.

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi avait alors incité le chef du gouvernement, Youssef Chahed à quitter ses fonctions, en arguant des difficultés économiques.